mardi 8 novembre 2011

Le Déchronologue - Stéphane Beauverger




Titre : Le Déchronologue
Auteur : Stéphane Beauverger
Editeur : La Volte
Nombre de pages : 390 pages.

Quatrième de couverture :
Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Leur arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu’espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un gallion espagnol ? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l’impensable : un Léviathan de fer glissant dans l’orage, capable de cracher la foudre et d’abattre la mort !

Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d’aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l’Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait : qu’importe de vaincre ou de sombrer, puisque l’important est de se battre !


A lire absolument si on aime :
- Les voyages dans le temps et paradoxes temporels
- Les expérimentations littéraires
- Les histoires de pirates (mais on peut apprécier même on n'aime pas)
- L'aventure
- Les personnages sombres... voire une ambiance carrément glauque

A éviter si on cherche :
- Une narration linéaire et classique
- De l'humour (oui, parce que bon, il rigole pas trop, le Villon)



L'avis du critique :
Bizarrerie en vue, disais-je. Pourquoi bizarrerie ? D'abord parce que c'est l'effet que produisent les premières pages : "Ouh là, je vais pas tenir un chapitre, moi, avec ce style surchargé et alambiqué".
Total : après deux chapitres on se demande ce qu'on y trouvait d'étrange.

Bizarrerie aussi pour son histoire, assez originale.
Bizarrerie enfin et surtout, parce que... ce n'est pas raconté dans l'ordre. Les chapitres sont dans le parfait désordre chronologique. Et pourtant - c'est là qu'est le génie de l'auteur - on n'est jamais perdus, il n'y a jamais de redite et, cerise sur le gâteau, bien qu'en fin de compte on connaisse la fin dès le premier chapitre, on vogue de surprise en surprise, l'histoire prend des tours insoupçonnés, et chaque chapitre apporte quelque chose de nouveau. Je ne sais pas si ça a déjà été fait avant, mais j'étais assez épatée. L'histoire se construit non plus de façon linéaire comme dans un roman classique, mais se met en place comme un puzzle dans la tête du lecteur. Ce qui est franchement génial, en plus, c'est que cette forme colle parfaitement au fond, puisqu'il est question de dérèglements temporels et d'époques qui se mélangent...

En gros, j'ai trouvé le livre assez génial, au sens où tout du long je me disais : "wow, il est fort cet auteur !". L'histoire est très bien menée et originale.
Certes, par rapport à mes goûts personnels : c'est glauque. L'auteur n'a rien à envier à Robin Hobb pour ce qui est de faire souffrir son héros. Et si vous aimez les plaies purulentes et les cachots sordides, vous serez servis. (Personnellement, le premier chapitre sur Carthagène des Indes m'est resté un moment sur l'estomac. Ensuite, je suppose que j'étais devenue immunisée xD).

Par contre, sur la forme, je ne félicite vraiment pas les éditions La Volte. Le roman est truffé de fautes de frappe, d'orthographe, voire de mots qui visiblement n'ont rien à faire l'un à côté de l'autre parce qu'on a oublié d'en effacer un des deux (au moins ça permet de voir entre quels adjectifs a hésité l'auteur, certes xD)

Donc voilà : une perle rare super bien menée et originale, a fortiori si on aime ce qui est sombre, mais même sans ça on peut beaucoup apprécier (la preuve : j'ai aimé). Vraiment, je vous le conseille.


Pour conclure, parlons le Villon :
Mort de moi, lisez, mes gorets ! 


Merci à Milora pour sa fiche de lecture !
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