mercredi 6 octobre 2010

Le chat coasse et la grenouille griffe

Un partenariat est toujours, aussi et en premier lieu, l’histoire d’une rencontre. Et aujourd’hui la communauté CoCyclics est heureuse de voir Griffe d’Encre rejoindre les rangs de ses partenaires (exclusivement sur le format novella). Menolly nous raconte cette fameuse rencontre :


Nous avons lancé Griffe d'Encre en 2006 avec comme but principal la publication de jeunes auteurs francophones. Quatre ans plus tard, notre catalogue témoigne de notre enthousiasme à accomplir cette tâche, mais la plupart de nos collections sont fermées pour cause de planning de parution déjà bien rempli et surtout de manque de temps pour recevoir, lire les manuscrits et répondre à leurs auteurs.
La collection Novella, en particulier, n'accepte plus de manuscrits depuis plus de 2 ans, et pourtant plus d'une dizaines de textes sont encore en attente de publication, tous, sans exception, provenant d'auteurs déjà publiés dans l'une ou l'autre collection griffée.

Je me trouvais depuis longtemps devant un dilemme : rouvrir la collection et crouler illico sous les manuscrits, ou la garder fermée et ne plus publier de nouveaux auteurs pour les 3 années à venir, voire plus. Aucune de ces solutions ne me convenait.

Un petit matin, Dieu m'est apparu, et il m'a donné la solution. Aussitôt vers CoCyclics j'ai couru, parler aux grenouilles sur ce ton : mes bien chères grenouilles...
Hum, je m'égare.

Mais ce n'est pas si loin de la vérité, en fait. CoCyclics est une initiative fantastique, unique à ma connaissance, et son sérieux, la qualité de son travail ne sont plus à prouver. Je me suis rendu compte que, dans chaque salon, je vantais ses mérites aux auteurs qui venaient sur notre stand 3-4 fois par jour en moyenne, et que j'étais parfaitement stupide de ne pas réaliser que si le collectif CoCyclics pouvait les aider eux, il pouvait également m'aider moi. Pour une fois, l'expression « s'écouter parler » prenait un sens positif.
J'ai donc appliqué à moi-même les excellents conseils que je délivrais sans parcimonie à tous ces jeunes auteurs et je suis allée voir CoCyclics avec cette proposition de partenariat, dans un premier temps exclusif.

Je rouvre la collection Novella, mais exclusivement pour les manuscrits estampillés CoCyclics.
Cela m'assure de recevoir des textes en petit nombre, de bonne qualité, et d'auteurs ayant prouvé leur capacité à retravailler leur texte.
L'idéal pour moi serait d'accueillir dans les novellas un nouvel auteur (c'est-à-dire peu ou pas connu mais surtout jamais publié par Griffe d'Encre) tous les ans ou tous les ans et demi. Les heureux élus (sisi, heureux, la preuve, « mes » auteurs reviennent presque tous, d'où le problème à l'origine de ce partenariat) seront donc peu nombreux, mais comme au Loto, 100% des gagnants auront tenté leur chance...
Alors lancez-vous, sautez dans la mare !

Petit rappel : les textes doivent être strictement compris entre 80 000 et 250 000 signes, et notre ligne éditoriale est l'imaginaire proche du réel.




Nous remercions les éditions Griffe d'Encre pour la confiance qu'ils accordent à la communauté CoCyclics !






lundi 4 octobre 2010

Ça fait quoi d'être "écrivain" ?

Bénédicte Taffin est une grenouille. Depuis deux ans elle participe activement au forum, plongeant dans les fils de discussions, aidant ses camarades ou se faisant aider sur les fils de bêta-lecture. Aujourd’hui, c’est avec la même gentillesse et la même disponibilité qu’elle nous livre son petit témoignage sur le « être écrivain » qui interroge nombre d’entre nous.


Être écrivain, j'en rêve depuis que je suis enfant. Les vicissitudes de la vie ont fait que je ne le suis devenue que récemment avec la sortie de mon premier roman "Les yeux d'Opale" chez Gallimard Jeunesse. Mais devient-on réellement écrivain ?

En fait non… On m'a plusieurs fois demandé pourquoi j'avais décidé de devenir écrivain et en fait, on ne le décide pas. On l'est ou on ne l'est pas. Il n'y a pas de choix possible.

Aujourd'hui, la différence c'est que les autres se rendent enfin compte que je suis un écrivain parce que je peux leur montrer mon roman, parce qu'une maison d'édition a aimé les mots que j'avais soigneusement couchés sur le papier, parce que l'histoire que j'ai racontée a touché ses décideurs et qu'ils avaient le pouvoir de le proposer à un nombre exorbitant de lecteurs. Mais moi, je n'ai absolument pas changé. Qu'est-ce que ça fait d'être enfin considéré comme un écrivain ?

On se sent enfin à sa place, reconnu pour ce qu'on est depuis toujours. On se sent empli d'une joie extraordinaire à savoir que d'autres partagent notre univers, vibrent pour les êtres qu'on a inventés, pleurent, rient, vivent une aventure par l'intermédiaire des phrases que l'on a soigneusement ciselées. On se sent fier de voir briller un peu plus le regard de l'un de nos lecteurs quand on évoque le roman et ses personnages. On se sent le roi du monde d'avoir, ne serait-ce qu'un instant, lui avoir fait oublier ses tracas quotidiens, de l'avoir pris par la main et emmené dans ce monde qui est le nôtre pour qu'il devienne le sien. C'est ça être un écrivain…

Pour tous ceux qui partagent mon rêve de voir révélé au grand jour ce qu'ils sont au plus profond de leur âme, je dirais qu'il ne faut jamais baisser les bras. Ecrivez ! Faites vous plaisir ! C'est ce plaisir que l'on partage avec les lecteurs. Et si vous n'y arrivez pas, tournez-vous vers vos amis, tournez-vous vers des structures comme Cocyclics. Vous y trouverez conseils, aides, soutien et surtout des gens qui n'épargnent pas leur temps et sauront bêta lire votre texte pour le rendre meilleur. Les yeux d'Opale n'est pas passé par un cycle Cocyclics, mais il aurait pu, et je sais que si je rencontre des difficultés, si je me perds dans les méandres de mes récits, je n'aurai qu'à me rendre sur la mare, le forum de Cocyclics, pour retrouver mon chemin, qu'on m'y aidera. Etre publié n'empêche nullement de rester des heures prostré devant une page vierge. C'est aussi ça, être un écrivain…

Bénédicte Taffin





Retrouvez les réactions des lecteurs de CoCyclics après lecture des Yeux d'Opales dans les Dissections Batraciennes du forum !

samedi 2 octobre 2010

Le lancement de la "Pucelle de Diable-Vert"


Le dernier article de Tintamare, "A l'assaut du Tea Corner !", faisait allusion à un certain Paul Beorn, grenouille de son état, et nouveau permanent du forum. Or il est bon de préciser que ce jeune auteur venait, la veille, de fêter la sortie de son premier roman, "La perle et l'enfant" (premier volume de "La Pucelle de Diable-Vert"), lors d'une soirée organisée par les éditions Mnémos. Notre micro de grenouille reporter, toujours en à l'affut, s'est donc empressé de recueillir son témoignage...


Bonjour ! Moi, c’est Beorn – Paul pour les intimes et pour les autres aussi. Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’un auteur de premier roman qui se rend au lancement de son bébé dans un bar du 5ème arrondissement. Rassurez-vous, c’est une histoire qui finit bien.

Elle commence bien aussi : dans les locaux de Mnémos avec Christine Cardot, une autre étoile naissante de la maison, Hélène Ramdani, ma maman d’adoption (et directrice d’ouvrage) et quelques autres personnes que, ce soir, j’aime de tout mon cœur. Il faut vous dire pour commencer que ce soir, j’aime tout le monde.

J’aime à tel point que j’en oublie le sac qui contient mon stylo de dédicace : je vais devoir en emprunter à mes fans en délire. Ah oui, nous en arrivons donc aux fans en délire ! Figurez-vous que ce bar, où l’on fêtait la sortie de trois auteurs (je vous ai parlé de la deuxième, le troisième étant Sam Nell), était saturé de « coah coah » du plancher au plafond. Des petites bêtes bondissantes, joyeuses et bavardes qui me sautaient dessus avec des bouquins entre les mains. Il y avait aussi quelques amis de Paris, ma sœur, une cousine adorable… J’ai même rencontré, -tenez-vous bien- une vraie lectrice INCONNUE ! Qui avait acheté le roman à la Fnac ! Oui, oui, mesdames et messieurs, les lecteurs ne sont pas une espèce disparue, on en trouve encore quelques spécimens.

Dans ce petit bar, la salle est très chaude et tellement bondée que tout ce monde déborde sur la rue, je me tiens debout pendant plus d’une heure à dédicacer livre sur livre, j’aurais presque pu me prendre pour une vraie star pendant un instant. Mais c’était tout à fait autre chose qu’un rendez-vous de stars, en fait. C’était le rendez-vous qu’on attend toute sa vie d’auteur non publié : LE moment où vos amis, votre famille, vos compagnons d’écriture vous montrent qu’ils vous aiment, qu’ils sont prêts à braver le métro, la pluie et les plans de Paris pour vous demander quelques mots de connivence afin de garder un souvenir de ce bon moment passé ensemble.Le bonheur existe, mes amis ! Je l’ai trouvé ce soir-là, je m’en souviens et je garde ce petit morceau bien au chaud dans ma mémoire pour les heures difficiles à venir. A toutes les guignes qui ne manqueront pas de survenir par la suite, je pourrais toujours rétorquer :« m’en fiche, sales bêtes ! A la soirée de lancement de La Pucelle, vous n’étiez pas invitées, seuls mes amis ont pu entrer ! »