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jeudi 11 septembre 2014

Entretien croisé avec Cindy Van Wilder et Paola Grieco

Tintama(r)re poursuit les interviews croisées entre un éditeur/une éditrice et un·e "jeune" auteur·e, avec cette fois-ci la rencontre entre Cindy Van Wilder, auteure des Outrepasseurs, et Paola Grieco, éditrice aux éditions Gulf Stream.
Cette interview a été réalisée au mois de juin 2014.

Traductrice de profession, Cindy Van Wilder est née et vit en Belgique. Le premier tome de sa trilogie les Outrepasseurs est paru le 6 février dernier et a remporté le Prix Jeunesse de l'édition 2014 des Imaginales. Le deuxième tome est sorti le 4 septembre dernier.



Voici le résumé :
— Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
— Nous ?
— Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. (Il baissa le son de sa voix.) Nos adversaires ne s'arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux.
Peter, un adolescent sans histoires, échappe de justesse à un attentat et découvre que l'attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d'un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d'une société secrète, les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie...



Bonjour Cindy et merci d'avoir accepté de nous répondre. Tu as commencé ce roman lors du NaNoWriMo de 2008, quelle a été la première idée, la première inspiration qui t'a lancée dans cette aventure ?

Bonne question ! Les contes de fée ont bien sûr été une source dominante d'inspiration, même si je ne m'en suis pas rendue compte tout de suite. J'avais aussi envie de donner ma version des fées – ou comme je préfère les appeler, des fés ! – encore trop assimilées à de gentilles petites créatures. Plusieurs auteurs l'avaient déjà fait et j'avais aussi envie de leur rendre un hommage, en quelque sorte, de leur faire un clin d'œil via ce texte.


Il est fait plusieurs fois référence au Roman de Renart, est-ce une de tes sources d'inspiration ?

Bien entendu ! En fait, le Roman de Renart a été une de mes premières lectures, en tant qu'enfant, car je possédais un magnifique album illustré – malheureusement perdu depuis... – où les tours que jouait Renart aux pauvres Ysengrin, Noble et Chanteclerc, pour n'en citer que quelques-uns, bénéficiaient de magnifiques dessins. Renart est sans doute le premier anti-héros que j'ai croisé dans mes lectures et le personnage, aussi fascinant que repoussant, est demeuré vivant dans un coin de mon esprit. Quand j'ai cherché à élaborer les Outrepasseurs, Renart et sa suite sont naturellement revenus à la charge. Et je dois dire que je me suis bien amusée à leur faire vivre de nouvelles aventures dans un monde bien plus moderne que leurs univers originels.


Le héros, Peter, rêve de devenir une star du football, mais traqué par les ennemis des Outrepasseurs pourra-t-il encore poursuivre son rêve ?

Je pourrais vous le dire, mais je devrais vous tuer par la suite...
Ah, on me souffle que la réplique est déjà prise.
Plus sérieusement, il est évident que ce qui se passe dans ce premier tome va avoir un grand impact sur la vie de Peter en général, ce qui implique bien entendu ses rêves d'adolescent. Les conséquences vont surtout se faire sentir dans le tome 2... et là, je n'en dirai vraiment pas plus!


Comment s'est passée la soumission aux Éditions Gulf Stream ?

Un peu par hasard, en fait ! Je connaissais déjà les publications de Gulf Stream, grâce notamment à la collection "Courants noirs", qui publie des polars historiques, et j'appréciais beaucoup le travail autour de leurs ouvrages. Néanmoins, je ne pensais pas que les Outrepasseurs pouvaient les intéresser, vu d'une part le format – plus de 500 000 signes quand même – et le contenu de certaines scènes.
C'est grâce à la marraine bonne fée de cette saga, j'ai nommé ma chère Silène Edgar, que la rencontre s'est faite. À l'époque, elle concoctait le GGG [Grimoire Galactique des Grenouilles] et contactait les éditeurs pour recueillir leurs demandes quant aux manuscrits qu'ils recherchaient. De cette manière, elle a su que Gulf Stream recherchait des ouvrages pour des adolescents plus âgés et m'a conseillée d'envoyer le roman.
Ce que j'ai fait... et vous connaissez la suite ;)


Peux-tu nous parler de tes premiers salons ?

Absolument, puisque mon premier vient de s'achever il y a quelques semaines ! Il s'agit bien sûr des Imaginales, et il a été sur tous les plans exceptionnel. Non seulement parce qu'il s'agit d'un de mes festivals favoris, par son cadre, la convivialité qui y règne et que j'ai eu l'occasion de vivre de l'autre côté du miroir - ou plutôt de la table de dédicaces ! - mais qu'en plus, cerise non négligeable sur le gâteau, les Outrepasseurs y ont remporté leur premier prix !
Participer aux conférences, rencontrer les lecteurs qui ont été au rendez-vous, faire partie de ce festival... tout a été une expérience vraiment magique !
Par la suite et dès cet automne, vous pourrez me croiser à divers salons tels celui des Halliennales, en compagnie notamment de Lise Syven, au mois d'octobre.


Nous avons également interrogé Paola Grieco, l'éditrice des Outrepasseurs chez Gulf Stream Éditeur.


Publier une trilogie d'un·e jeune auteur·e peut représenter un risque éditorial. Qu'est-ce qui vous a attiré chez les Outrepasseurs ?

Gulf Stream Éditeur s'est positionné sur le créneau des littératures dites de l'imaginaire très récemment. Très peu lectrice de ce genre, à part quelques piliers des années 50-70, tels Barjavel, Orwell, Huxley, K. Dick, voire encore plus classiques (comme Cazotte, Hoffman, Balzac, Mérimée, Nerval, Maupassant, Barbey d'Aurevilly, Wilde, Stevenson, Poe, Wells), c'est donc avec une certaine fraîcheur et une véritable envie que j'ai commencé à m'intéresser de près à ce genre, tous lectorats confondus, en 2012. Et un heureux hasard a voulu que Cindy m'envoie son manuscrit au mois de mars de cette même année – soit dit en passant, il aura donc fallu deux ans entre la soumission de son projet et la publication.
D'emblée, j'ai été accrochée par le mystère qui planait autour de ce titre, Les Outrepasseurs, et par la présentation succincte mais alléchante de Cindy... mais je n'ai pu lui répondre de manière favorable qu'au mois d'octobre ! J'ai été particulièrement séduite par l'originalité de la construction de son texte, sa maîtrise de la langue, l'audace de certains passages (pour un lectorat ado/YA), la dimension psychanalytique de l'intrigue allant de pair avec les nombreuses références à un patrimoine littéraire et merveilleux. L'aspect historique m'a également conquise.
Il s'agissait en effet d'un double risque éditorial : explorer un domaine qui était encore inconnu au catalogue de GSE et publier une primo-romancière. Bien nous en a pris !


Comment s'est passée la première rencontre avec Cindy ?

Entre le moment où je lui ai proposé une publication pour 2014 et notre rencontre "en vrai", nous avons échangé par mail au sujet des critiques des membres de mon comité de lecture ado auxquels j'avais soumis ce premier tome. Ils étaient évidemment tous emballés par ce texte, d'aucuns affirmant qu'il s'agissait du meilleur roman publié chez GSE ! C'était très intéressant de récolter et de partager les avis pertinents de ces jeunes lecteurs. Et leurs retours m'ont confortée dans l'idée qu'il ne fallait rien édulcorer du texte de Cindy.
Enfin, nous nous sommes rencontrées en chair et en os aux Utopiales, à Nantes (où est installé GSE), cette même année.


Quels sont les moyens promotionnels mis en place lorsqu'on lance un·e jeune auteur·e francophone ? Le prix des Imaginales a-t-il une réelle incidence sur les ventes ?

Nous avons fait le pari d'un tirage initial plus important que ceux que nous faisions habituellement, c'est-à-dire 9000 exemplaires. Par ailleurs, j'ai fait en sorte de présenter le livre imprimé aux équipes commerciales de notre diffuseur (Volumen) 4 mois avant la sortie du livre, qui était prévue au mois de février 2014. Ainsi, les libraires ont pu faire leurs demandes de services de presse très en amont de la publication du tome 1, ce qui a permis aux Outrepasseurs de bénéficier d'une belle mise en place. À la mi-janvier 2012, nous avons souscrit à une campagne de pub web, notamment sur le site Actu SF. Et une semaine avant la sortie de l'ouvrage, nous avons organisé une soirée de lancement à Paris, avec un "happening" qui semble avoir plu !
Nous avons été très très heureux d'apprendre que Cindy avait obtenu le Prix Imaginales Jeunesse 2014. L'année précédente, Carole Trébor avait été lauréate du Prix Imaginales des Collégiens pour Nina Volkovitch. Le prix des Imaginales a eu un véritable impact sur la visibilité de GSE en matière de fictions de l'imaginaire (et aussi sur ma boîte mail en terme de réception de manuscrits, de plus en plus nombreux et intéressants...). Les ventes de cet ouvrage sont satisfaisantes, et la publication du tome 2 au mois de septembre 2014, La Reine des neiges, avec une nouvelle campagne publicitaire, va amplifier le phénomène, nous en sommes sûrs !


La couverture des Outrepasseurs attire vraiment le regard, pourriez-vous nous dire deux mots quant au choix de celle-ci ?

Nous avons souhaité appuyer le développement du créneau "littératures de l'imaginaire" avec un beau travail de conception visuelle et de fabrication. Pour Les Outrepasseurs, nous avons collaboré avec B.System, une agence de création graphique et éditoriale nantaise (avec laquelle GSE avait déjà travaillé en 2006). Nous avons exploré 3 pistes très, très différentes, avant de nous arrêter sur celle-ci, qui a remporté l'adhésion du plus grand nombre. L'élément fédérateur, outre les dorures, a été la découpe ovale faisant écho au titre mystérieux de la série, comme si le lecteur allait entrer dans un autre monde en regardant par le trou d'une serrure merveilleuse...


Merci beaucoup à Cindy Van Wilder et à Paola Grieco d'avoir accepté de répondre à nos questions !

jeudi 28 août 2014

Prix Gulli du roman 2014


À l'aube de la Première Guerre mondiale...
Adrien et Hadrien ont treize ans et habitent tous les deux en Picardie. Ils ont les mêmes préoccupations : l'école, la famille, les filles... Une seule chose les sépare : Adrien vit en 2014 et Hadrien en 1914. Grâce à une boîte aux lettres mystérieuse, les deux adolescents vont s'échanger du courrier et devenir amis.
Mais la Grande Guerre est sur le point d'éclater pour Hadrien, et leur correspondance pourrait bien s'interrompre de façon dramatique.

Voici la superbe histoire que vous racontent Silène Edgar et Paul Beorn dans leur roman 14-14, paru en avril dernier chez Castelmore. Cette histoire passionnante a plu aux membres du jury chargé de décerner le Prix Gulli. Car oui, depuis 2012, la célèbre chaîne jeunesse de la TNT a créé un prix littéraire, sans doute afin de donner le goût des bons livres à ses six millions de téléspectateurs quotidiens.
Silène Edgar et Paul Beorn sont membres de Cocyclics de longue date. C'est sur le forum qu'ils se sont connus, puis appréciés au point de vouloir écrire un roman ensemble. Aujourd'hui, nous vous proposons de partager leur joie au travers d'une interview entre les deux auteurs encore très émus et leur éditeur Castelmore en la personne de Barbara Bessat-Lelarge, qui nous ont fait le plaisir de répondre à nos questions.

* Merci à Francis Ash pour avoir réalisé cette double interview !



Interview de Barbara Bessat-Lelarge, directrice éditoriale de Castelmore.


Silène et Paul ont eu un temps assez court pour écrire 14-14, est-ce que cela a eu un impact sur le volume de travail éditorial ?

Silène et Paul travaillent merveilleusement ensemble. Quand ils m'ont envoyé les premiers chapitres, j'ai su que je n'aurais pas grand-chose à redire quant à leur écriture et au déroulement du récit: les bases étaient déjà très solides et l'histoire bien rythmée. Je leur ai demandé de prêter une attention particulières aux détails historiques pour faciliter le parallèle entre les deux époques, mais c'est tout ! Que ce soit pour la réécriture ou la correction, tout a pu se dérouler très vite car le texte était déjà très abouti quand ils me l'ont remis. Ils m'ont impressionnée par la qualité et l'efficacité de leur travail et de leur collaboration.


Comment avez-vous réagi quand vous avez su que 14-14 était nominé pour ce Prix qui ouvre en grand les portes du grand public ?

Quand Marie, l'attachée de presse de Castelmore, me l'a appris, je crois que nous nous sommes tapé dans les mains et nous avons fait de petits bonds sur place en riant tant nous étions heureuses pour Silène et Paul. Leur roman est excellent mais voir qu'il a aussi su séduire un jury est une merveilleuse surprise. L'offre éditoriale est pléthorique et obtenir ce genre d'attention de la part d'un média national est une grande joie: ce roman plaira à de nombreux lecteurs et nous sommes heureux que Gulli offre à Silène et Paul la possibilité d'en toucher un maximum.


Quel va et peut être l'impact de ce Prix sur la place de 14-14 dans votre catalogue (droits de traduction, diffusion internationale, augmentation des ventes...) ?

Yolande Rochat, la personne qui s'occupe des cessions de droits, propose tous les titres de nos auteurs français à l'étranger. C'est sûr que l'obtention de ce prix permettra certainement d'attirer plus l'attention sur 14-14, et ce serait une belle aventure de voir ce titre traduit dans d'autres pays. Pour le moment, le rayonnement en France est déjà très positif et chaque chose en son temps. La Foire internationale de Francfort a lieu en octobre, nous verrons alors certainement si 14-14 sortira de nos frontières.
Nous avons mis en place des bandeaux en librairie pour indiquer que 14-14 a obtenu le prix Gulli des lecteurs et les ventes sont très satisfaisantes. C'est difficile de se projeter et de savoir concrètement combien d'exemplaires seront vendus, mais je peux d'ores et déjà dire que nous sommes très contents des résultats.



Interview de Paul Beorn et de Silène Edgar, auteur·e·s du roman.


Paul a parlé du prix sur le fil promotionnel de 14-14 en rentrant des imaginales. Mais depuis combien de temps saviez-vous que vous étiez sur la short-list avec 14-14 ?

Paul : Marie, l'attachée de presse de Bragelonne, nous a avertis quelques jours avant. En revanche, impossible de tirer les vers du nez du jury : nous ne savions absolument pas quel serait le roman lauréat pari les 5 de la short-list.
Silène : 15 jours avant, je crois ? C'était en effet au moment des Imaginales puisque je me rappelle qu'à cette occasion Stéphane Marsan nous a dit de monter à Paris pour la remise du prix, au cas où...


Le matin d'un tel rendez-vous, comment se sent-on ?

Paul : Pour ma part, j'étais très détendu parce que j'étais convaincu qu'on n'aurait pas le prix. Du coup, j'ai pris la chose comme une journée de congé à Paris passée sous le soleil à voir des amis. Décrocher le prix, ça a été un moment absolument magique, comme un cadeau auquel on ne s'attend pas du tout.
Silène : Moi, j'étais morte de stress, parce que je pensais qu'on avait vraiment nos chances, mais surtout parce que je ne savais pas du tout comment ça allait se passer : je n'aime pas trop ne pas savoir où je vais... Heureusement, Paul me rassurait par téléphone et j'ai réussi à survivre.


En arrivant sur place, est-ce que vous pensiez avoir vos chances ?

Paul : Mes deux romans précédents avaient déjà été sélectionnés pour quatre prix et ils n'avaient jamais été lauréat. Donc non, je me disais qu'il devait avoir une malédiction à ce sujet.
Silène : Je voyais bien que les autres titres en lice étaient d'excellents ouvrages, dont je connais certains auteurs pour leur talent, mais notre roman avait déjà très bien démarré, tout le monde nous disait qu'il y avait une sorte de magie qui opérait et nous n'avions que des bons retours. C'était possible, oui, et terriblement angoissant, de fait !


Dès le lendemain, vous étiez dans de nombreux articles, y compris dans la presse nationale. Quel effet ça fait d'être propulsé au devant de la scène littéraire pour la jeunesse ?

Paul : C'est absolument incroyable de voir l'engouement médiatique au sujet de 14-14, on voit bien que ce roman plaît au public, aux médias, et que les ventes décollent. Je saute de joie à chaque nouvel article qui paraît dans les grands quotidiens. Je pense qu'à terme, cela changera pas mal de choses pour nous. Mais au fond, on reste des auteurs avant tout, et notre principal travail, ça reste d'écrire des romans et je pense qu'il ne faut surtout pas l'oublier.

Silène : À part la revue de presse incroyable que Marie nous envoie chaque semaine, ça ne semble pas changer tant que ça : depuis le Prix, je suis allée en dédicace dans le Morbihan, avec l'équipe du libraire Michel Renard, Au jardin des bulles, et les copains de dédicace (on est un noyau dur qui nous retrouvons depuis 3-4 ans) étaient contents, les lecteurs aussi, mais pas de façon différente des Imaginales où nous avions tout vendu sans le prix. Mais en fait, le changement se fait doucement. Parfois, il y a un truc dingue qui arrive, comme un grand gars qui arrive en disant : « Je le prends parce que tout le monde en parle. »
Une libraire en vacances qui passe devant la librairie de La Rochelle où l'on dédicace et s'écrie : « Ce sont les auteurs de 14-14, là !!! »
Un jeune lecteur qui me dit : « Je vous ai bien aimé à la télé !!! »
Surtout, ce succès me permet d'envisager l'avenir différemment : l'équipe de Bragelonne me fait confiance et j'ai plusieurs romans à leur écrire, ainsi que d'autres projets pour le Jasmin et Imaginémos, mes autres éditeurs. Et d'autres éditeurs m'ont dit être intéressés par ce que je pouvais écrire à l'avenir.


Silène, toi qui est professeure, comment réagissent tes élèves ? Y en a-t-il qui avaient lu 14-14 avant que vous receviez ce Prix ?

Silène : Je n'avais pas d'élèves cette année, parce que j'étais en congé de formation donc je ne sais pas ! Et à vrai dire, je préfère ne pas le savoir, ce serait tellement narcissique de parler de moi alors que je suis là pour leur apprendre le français et la littérature, non ? Jusqu'à présent, les élèves ont toujours été assez discrets pour ne pas m'embarrasser pendant les cours : si certains veulent en parler, je transforme ça en cours sur la création du livre. Mais une fois, un de mes élèves, Gaël, m'a fait très plaisir en m'envoyant une carte postale de Girolata, où se passe Moana. Il y était en vacances avec mon livre.


Vous allez presque être obligés de récidiver, non ?

Paul : On fera ce qu'on aura envie de faire, on ne se casse pas la tête avec cette question pour l'instant. :)
Silène : Idem ! ^^


Est-ce qu'individuellement, cela bouleverse vos projets d'écriture ?

Paul : À court terme, non. Nous avions déjà des projets en cours et nous les continuons chacun de notre côté. À plus long terme, peut-être qui sait ?
Silène : Je vais privilégier un peu la jeunesse avant de me lancer dans un grand roman pour adultes qui mûrit un peu dans ma tête. Et puis je vais surfer sur la vague et proposer aux éditeurs certains projets qui dormaient dans les tiroirs : l'occasion ne se représentera peut-être pas !


Et maintenant, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter d'encore mieux ?

Paul : Ah ! Je ne sais pas. Peut-être tout simplement que nos autres romans trouvent eux aussi un tel accueil public ?
Silène : Oui, j'aimerais juste que ça continue, que ça nous permette de faire entendre notre voix pour les prochains livres !
Et vous pouvez me souhaiter d'acheter un manoir sur l'île aux Moines avec la vente des droits à Hollywood, je vous inviterai !



Pour aller plus loin :

jeudi 27 février 2014

Rencontre avec Vanessa Terral et Cécile Guillot

Tintamar(r)e continue les interviews croisées entre un éditeur et un auteur, avec cette fois-ci une belle rencontre entre Vanessa Terral, auteure de "L'aube de la guerrière" et Cécile Guillot, éditrice aux éditions du chat noir.

Après avoir passé son enfance en Provence et vécu une dizaine d'années en région parisienne, Vanessa Terral réside actuellement à Toulouse. Elle a à son actif une cinquantaine de nouvelles publiées dans divers fanzines et anthologies. Son premier roman, "L'Aube de la Guerrière", a été publié en 2012 aux éditions du Chat Noir.


Bonjour Vanessa, merci d'avoir accepté de nous répondre.

Merci à toi et à CoCyclics de m'accueillir dans ce Tintamar(r)e !
Tu as écrit une cinquantaine de nouvelles avant "L'Aube de la Guerrière". L'envie d'écrire un roman était-elle présente depuis longtemps ?
Cette envie est venue au moment où elle le devait. Quand j'ai commencé, j'écrivais de tout petits textes, de l'ordre de quatre ou cinq pages. Puis mes nouvelles se sont mises à grandir. Lors d'un AT pour les éditions Argemmios, j'ai dépassé les 70 000 cec. Ça ne m'était jamais arrivé et le texte avait filé si facilement… Bien au-delà de la limite, à dire vrai. *rires* J'ai écrit encore un ou deux textes de cette longueur et voyant que j'étais à l'aise dans le déroulement et l'entrecroisement des intrigues, j'ai envisagé de passer au roman.

Pourquoi avoir voulu reprendre les codes de la bit-lit ?
En fait, j'appliquais déjà ces codes dans la plupart des récits que j'écrivais. Je n'ai eu qu'à rajouter la narration à la première personne, qui ne m'était pas venue à l'idée. Après quelques années de pratique, je dois dire que je prends plaisir à faire s'exprimer mes personnages en "je" – ce qui ne m'empêche pas de revenir à la narration à la troisième personne de temps en temps, de la même façon que je n'écris pas que de la bit-lit. D'ailleurs, en parlant de ça, je tiens à préciser que jusqu'à maintenant, mes codes sont ceux de la partie "urban fantasy" (ce que j'appelle "contemporain occulte") de la bit-lit. Je commence doucement à m'intéresser à la romance paranormale, mais elle restera minoritaire. J'écrivais déjà de l'urban fantasy à héroïne féminine avant que la bit-lit soit inventée en France et je continuerai un bon moment encore.

Toi qui étais si habituée aux nouvelles, comment s'est passé le processus d'écriture ? C'était looooooong! XD
J'ai dû apprendre à prendre des notes, à avoir un déroulé. Jusque-là, le scénario tenait dans ma tête, avec les légendes et les mythes de référence, les inspirations d'ambiance ou de personnages. Je me suis mise à écrire les détails que je ne voulais surtout pas oublier quelques lignes au-dessous du texte à proprement parler, pour les garder à l'esprit. Des choses du style: "Elle a perdu une de ses deux épées", ou "Elle porte tels vêtements", "Il a telle blessure". Il y a aussi eu les moments de découragement, ceux où je perdais le "feu sacré". J'ai dû mettre en place de nouvelles stratégies et découvrir ce qui nourrit ma création sur le long terme, et pas seulement le temps d'une flambée façon feu-follet. J'ai retrouvé ces difficultés sur "Cinq pas sous terre". J'ai l'impression que je mûris doucement dans ce domaine : l'écriture du roman sur lequel je bosse actuellement se fait de façon un peu plus détendue.
Pour celui-ci, je bénéficie de l'aide d'une amie qui m'encourage au jour le jour, et franchement, c'est très précieux. C'est un des points dont je ne soupçonnais pas l'importance – pour l'auteure que je suis, en tout cas: le moral. Avoir une personne qui est là pour motiver, qui s'intéresse, qui envoie un petit mot chaque jour ou presque, c'est inestimable. Du coup, j'en profite pour remercier et saluer Célia! ;-)
Déjà, pour "L'Aube de la Guerrière" et "Cinq pas sous terre", j'ai eu la chance d'être lue et corrigée à chaque chapitre par Jessica, une autre amie qui m'aide et me soutient depuis quelques années. Elle continue avec le projet actuel et j'éprouve beaucoup de gratitude pour sa présence constante. Même lorsqu'elle est occupée, elle trouve un moment pour me faire son retour. Finalement, quelque part, j'envisage le boulot d'auteur comme un travail d'équipe puisque leurs encouragements se retrouvent dans la qualité de l'œuvre finale et améliorent mon efficacité.

Connaissais-tu Cécile Guillot des éditions du Chat noir avant de lui envoyer ton manuscrit ? Peux-tu nous parler de votre première rencontre ?
Houlà, avec Cécile, c'est une longue histoire! Je pense que nous nous somme rencontrées grâce à son webzine "Le Royaume des fées". Je lui ai proposé un texte – la première aventure d'Hélianthe, inventée spécialement pour l'occasion – qu'elle a aimé et publié. Peu de temps après, elle a envoyé des illustrations pour les fanzines de Transition, notamment quelques images tellement réussies qu'elles ont fini en couvertures. Nous avons ainsi participé l'une et l'autre à nos créations respectives, comme "Les Soupirs de Ligeia", un fanzine qu'elle a créé avant de s'atteler aux éditions du Chat noir. Cécile a également lancé l'idée des Enfants de Walpurgis, un collectif d'auteurs francophones spécialisés dans l'Imaginaire. Nous étions neuf au départ et sommes encore huit au sommaire de "Saisons païennes", notre dernière anthologie. Elle a monté de bout en bout la première publication du collectif: "Sorcière et Sortilèges". Après s'être fait la main sur toutes ces publications, enfin, elle s'est lancée dans le Chat noir. La première anthologie publiée a été le fait des Enfants de Walpurgis et le reste a suivi tout seul!
Pour faire bref, nous nous sommes connues dans nos folles années et ne nous sommes plus quittées!

Quelles sont les principales différences entre publier des nouvelles et un roman ? As-tu noté un impact sur le public lors des salons ?
Déjà, on a son nom, et rien que son nom, sur la couverture! Au regard du grand public, on donne moins l'impression d'être noyé au milieu d'inconnus et de n'être, justement, "qu'un parmi d'autres" – donc pas celui sur lequel on va investir. Mais bon, je dis ça parce que mon premier roman est sorti avant mon recueil de nouvelles. L'effet 1 auteur = 1 livre est aussi valable dans ce cas. N'empêche, j'entends moins souvent la remarque comme quoi je ne suis pas un vrai auteur parce que je n'ai écrit que des nouvelles. Ça, j'en ai soupé et je dois reconnaître que c'est assez énervant. Le format de la nouvelle est sans doute aussi déprécié que le genre de l'Imaginaire en France. De quoi rêver, parfois, de publications anglo-saxonnes… Sans forcément aller jusque-là, je trouve dommage ce désintérêt, voire ce rejet, d'autant que les lecteurs qui s'en méfient n'y ont souvent jamais goûté.
Concernant les salons, on va tomber sur des considérations semblables. Même s'il n'y a pas eu une vague d'intérêt intense, d'autant que "L'Aube de la Guerrière" a été publié au début de l'aventure Chat noir, j'ai l'impression assez nette que les gens sont plus facilement intéressés par un roman que par une anthologie ou un recueil. Et puis, vis-à-vis des "instances", je parais peut-être plus légitime à présent? Il est plus facile d'inviter un auteur qui peut présenter au moins un livre avec "que son nom dessus" plutôt qu'une demi-douzaines d'anthologies, mais avec le nom perdu dans la liste des autres contributeurs. Encore une fois, le grand public n'est pas familiarisé avec ça et ne comprendrait pas forcément le principe.

En quoi consiste l'association Transition que tu as fondée ?

J'ai créé Transition après avoir clos le fanzine "Étreinte". On y trouvait des nouvelles illustrées inspirées du monde de "Vampire : le Requiem", un jeu de rôle de White Wolf. À l'époque, j'avais quitté l'association où je jouais et qui publiait le fanzine. Toutefois, je conservais l'envie de m'occuper d'une petite revue basée sur le même principe: au moins une illustration par nouvelle, le tout dans des univers d'urban fantasy. C'est ainsi qu'est né le concept de "Pénombres" – très inspiré du Monde des Ténèbres, comme vous le voyez, mais à la sauce française!
En parallèle, j'avais envie de mettre en avant une autre sensibilité, qu'on ne trouvait pas dans le paysage du fanzinat français de l'époque (et il me semble qu'aujourd'hui non plus). Il s'agit du courant "Éveil", basé sur un instant d'émerveillement, une sorte d'épiphanie. Les œuvres n'appartenaient pas forcément à la SFFF, même si, au final, nous recevions une majorité de textes correspondant au genre. Il m'a toujours été très difficile d'expliquer le fond du concept. L'idée était de mettre en mots ces moments suspendus et emplis d'une sorte de pleine conscience de l'existence qu'on trouve dans certains animes japonais, mais aussi des mangas ou des romans de là-bas. "Les Vagues de Clamatlice", un petit recueil paru en numérique aux éditions Voy'[el] (si si, dans la collection E-courts à 1€!), donne un bon aperçu de l'ambiance et de l'expression de ce courant.
J'ai beaucoup de respect et d'enthousiasme pour le travail des illustrateurs. Il s'agit de l'une de mes principales sources d'inspiration et je tenais à la mettre en avant au sein de Transition. J'ai également essayé de mettre en place un système inverse, où un illustrateur proposait une création à partir de laquelle un auteur écrivait, mais le principe n'a pas pris. Outre la possibilité d'illustrer des textes, nous leur ouvrions également un petit carnet à l'intérieur de chaque numéro, leur permettant de soumettre des illustrations couleur (mais pas trop, parce que ça a un coût). Le soin apporté à l'aspect graphique se voyait aussi grâce au travail de Yohan Vasse, maquettiste professionnel qui a été présent dès le début de l'aventure – en fait, depuis la période d' "Étreinte".
J'ai passé le flambeau courant 2013, après deux années d'inactivité. La nouvelle équipe peut compter sur Anne-So, illustratrice et graphiste qui avait déjà pas mal aidé avant que l'association ne connaisse une période de torpeur. Par elle, et par la volonté de Maëlle et de Céline, qui ont repris avec beaucoup d'énergie et de passion Transition et ses publications, je suis certaine qu'on trouvera de nouveau cette alliance entre créations picturale et textuelle.

Encore merci pour ces questions et de m'avoir permis de parler de Transition! Depuis que l'association s'est remise sur les rails, elle a lancé plusieurs appels à textes aux formats courts et très courts. Alors, les Grenouilles, passez y faire un tour de nénuphar! ;-) http://projet-transition.fr/

Vanessa a récemment publié un autre roman de bit-lit, aux éditions du Petit Caveau cette fois: "Cinq pas sous terre". Comme la ligne de l'éditeur l'indique, l'héroïne est une vampire… Mais l'auteure ne s'est pas privée de détourner certains codes!

Son site: http://vanessaterral.fr
C'est au tour de Cécile Guillot de répondre à nos questions :
Peux-tu nous parler du processus éditorial des éditions du Chat Noir ?
Normalement, nous étudions d'abord un extrait, accompagné d'un synopsis. Si le projet présenté par l'auteur nous intéresse, nous demandons le manuscrit complet qui passe alors entre les mains de plusieurs personnes : directeur de la collection visée et membres du comité de lecture.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans "L'Aube de la guerrière" ?

Pour ce roman, les choses se sont passées un peu différemment. La maison venait d’ouvrir, je connaissais bien Vanessa, je lui ai donc demandé si nous écrire un roman de bit-lit pourrait l'intéresser. Elle nous a présenté ce projet qui nous a toute suite conquis grâce à son humour, ses thèmes abordées (notamment la mythologie nordique) et sa volonté de ne pas tomber dans les clichés du genre, tout en respectant certains codes.

Est-ce que le fait d'être aussi publié impacte tes relations avec les auteurs ?

Je pense que mes demandes en terme de deadline, corrections etc. sont plus réalistes que si je n’avais pas moi-même une expérience en tant qu'auteur. Pour le reste, je ne saurais dire…

Te reconnais-tu dans l'univers que développe Vanessa ?

Oui, totalement ! Je m’intéresse beaucoup au paganisme et j’apprécie les petites références (parfois très subtiles) qu’elle distille dans ses écrits.
Merci Cécile ! On souhaite beaucoup de succès aux éditions du Chat noir !
Pour plus d'infos à propos des éditions du Chat Noir, c'est par ici : http://www.editionsduchatnoir.com/

mercredi 2 octobre 2013

Interview croisée avec Estelle Faye et Xavier Mauméjean

Dans l'idée de vous proposer des échanges autour de la publication d'un premier roman et de la relation entre un éditeur/une éditrice et un ou une "jeune" auteur-e, l'équipe tintamar(r)e a le grand plaisir de vous offrir aujourd'hui une interview croisée avec Estelle Faye et Xavier Mauméjean. 

On en profite pour féliciter Estelle pour le prix Elbakin qu'elle a reçu pour son roman "Porcelaine" ! 

Pour commencer cet entretien, pourriez-vous présenter en quelques mots vous et la collection que vous dirigez ?
 
Xavier Mauméjean : Pandore est une collection de fantasy à destination d’un lectorat Young Adult. Elle explore tous les types de fantasy, aussi bien les classiques comme la Sword Fantasy, que les tendances plus actuelles, telles la Steam Fantasy, l’Urban et la Science Fantasy. Enfin, élément primordial qui fait l’identité de la collection, elle n’accueille que des écrivains d’expression francophone. 

Estelle, quelques lignes pour vous présenter ? 

Estelle Faye : Je viens du théâtre, j'ai été comédienne, metteur en scène, j'ai dirigé ma propre troupe. En parallèle, j'ai poursuivi des études de lettres à la Sorbonne, j'ai fait une maîtrise et un DEA en rédigeant des mémoires sur la fantasy française. Puis je suis passée par une école de cinéma, et depuis j'essaye de faire mon trou comme scénariste et réalisatrice.
Mes deux premiers romans, "La Dernière Lame" et "Porcelaine" sont parus il y a quelques mois, le premier au Pré aux Clercs et le deuxième aux Moutons Electriques. Actuellement, je travaille sur les suivants.


Estelle vient de gagner le prix Elbakin pour son roman "Porcelaine", paru aux Moutons Electriques et Marie Pavlenko a reçu le prix Elbakin Jeunesse pour son roman "La fille Sortilège" qui est sorti dans votre collection. Une belle reconnaissance pour des auteurs que vous suivez de près. Quel est votre sentiment par rapport à ces prix ?

Xavier Mauméjean : C’est une question importante à laquelle je répondrais en deux points.
D’une part je suis ravi pour Marie et Estelle qui sont des auteurs que j’estime, des écrivains d’importance avec lesquelles j’ai l’honneur et la joie de travailler, à commencer d’ailleurs par les deux titres primés. J’étais déjà ravi qu’Hervé Jubert remporte le grand prix de l’Imaginaire avec « Magies secrètes », l’un des premiers titres de notre collection. 

D’autre part j’estime que les prix ont leur importance, notamment pour des auteurs commençants, ce qui est un peu le cas pour Marie, bien qu’elle ait très vite imposé sa plume, et assurément pour Estelle qui s’est elle-aussi fait remarquer d’entrée avec ses deux premiers romans, « Porcelaine » mais aussi « La dernière lame » dans la collection Pandore. 

Dans l’un et l’autre cas elles ont écrit des romans assurément personnels, sans concession d’aucune sorte, et le prix vient comme une reconnaissance. J’en profite pour saluer Elbakin, et auparavant le Grand Prix de l’Imaginaire, d’avoir mis à l’honneur une fantasy exigeante, qui plus est d’expression française ce qui est plus difficile à imposer en librairie que des titres anglo-saxons. Il fallait le dire, voilà qui est fait.
Estelle, est-ce que votre parcours dans le monde du théâtre, de la télévision et du cinéma a influencé votre façon d’écrire ? Si oui, de quelle manière ?

Estelle Faye : On me dit souvent que j'ai un style très visuel, ça vient sûrement de là.
Le théâtre m'a aussi appris l'importance des personnages dans une histoire.
Très souvent, je construis mes personnages comme si j'allais les jouer. J'essaye de ne pas avoir d'idées préconçues sur eux. Je me demande toujours comment, vu leur parcours, leur personnalité, ils vont réagir dans une situation donnée. Si cela me pousse à changer la suite de mon histoire, tant mieux.  

Xavier, connaissiez-vous Estelle avant de lire son manuscrit ? Par quel biais l’avez-vous découverte ? Connaissiez-vous son travail d’actrice ou de réalisatrice ?

Xavier Mauméjean : J’ai découvert Estelle Faye par son texte publié dans l’anthologie « Dragons » parue chez Calmann-Lévy il y a quelques années sous la direction de Sébastien Guillot. Sébastien m’avait fait part de son enthousiasme à l’égard d’Estelle, alors auteur débutant, enthousiasme partagé aussitôt. J’ai donc contacté Estelle afin de travailler ensemble. J’ai très vite ressenti de l’estime et de l’affection pour cette personne remarquable, et me suis donc en effet intéressé rapidement à ses autres talents. Une Diane qui compte bien des cordes à son arc…

Comment s’est passé le travail sur le texte avec Estelle Faye ? L’avez-vous abordé de la même façon qu’un de vos autres auteurs maison ?

Xavier Mauméjean : Estelle m’a proposé un synopsis et un essai d’écriture que j’ai validés, ce que je fais pour tous les auteurs qui souhaitent écrire pour Pandore. Puis elle a rédigé son roman sans que j’intervienne durant le processus d’écriture. Après quoi, j’ai proposé certaines corrections ou suggestions, en accompagnant le texte mais sans jamais rien imposer. Autrement dit, j’ai effectivement procédé comme avec les autres auteurs, ce qui est chose aisée dès lorsque l’on a affaire d’entrée à un authentique écrivain. Estelle Faye a le talent, condition fondamentale, peut-être lui ai-je indiqué des pratiques de métier. On ne cesse d’apprendre, et là je vous réponds en tant qu’écrivain.

 Estelle, comment vous est venue l’idée de créer un monde dans lequel les océans montent inexorablement ?


Estelle Faye : Je crois que j'étais en manque d'océans ! Quand j'ai imaginé le monde de "La Dernière Lame",  je n'avais quasiment pas quitté Paris depuis près d'un an. J'avais désespérément envie d'eau salée, de grand large, de vent chargé d'embruns... Même la vase du littoral me manquait. 

Est-ce que « La Dernière Lame » est le premier roman que vous avez écrit ?

Estelle faye : en fait, "La Dernière Lame " est le deuxième roman que j'ai écrit.
Le premier était "Porcelaine", les hasards de l'édition l'ont fait paraître deux mois après. 

Avez-vous fait appel à des amis, des proches, des bêta-lecteurs, avant l'envoi du manuscrit?

Estelle Faye : Je discute beaucoup avec mes bêta-lecteurs. Ils sont présents dès l'étape du synopsis. Ils m'aident à corriger mes textes et aussi à aller plus loin, à développer le vrai potentiel de mes histoires. Et ils me connaissent depuis assez longtemps, pour ne plus prendre de gants avec moi, c'est précieux !
 

Xavier, quelle stratégie marketing avez-vous mis en place pour faire connaître ce roman ? Est-ce la même pour tous vos auteurs ?

Xavier Mauméjean : Exactement la même que pour les autres auteurs, sachant de plus que l’équipe du Pré aux clercs, et je pense plus particulièrement aux éditrices Carola Strang et Isabelle Lerein, n’ont pas hésité à compter un écrivain débutant parmi les titres de lancement de la collection. Le service de presse, la couverture médiatique, aussi bien en presse traditionnelle que sur le Net (qui devient un partenaire absolument incontournable via notamment les blogs), ont été conduits de la même façon pour tous les auteurs de Pandore.

De quelle manière s’est déroulée votre rencontre avec l’auteur ?

Xavier Mauméjean : J’ai d’abord rencontré l’auteur via son texte, ce qui est le principal. Puis la personne, dans les deux cas un enchantement, assurément une rencontre qui marque une carrière de directeur de collection.

Estelle, de quelle manière s’est déroulée votre rencontre avec Xavier ?

Alors que je terminais mon école de cinéma, une amie m'a envoyé un lien vers un Appel à Textes, pour l'anthologie "Dragons" chez Calmann-Lévy. J'ai écrit une nouvelle juste avant la deadline, en écoutant en boucle le "Rocky Horror Picture Show"'. Et j'ai été retenue pour l'antho.

Quelques mois plus tard, au Festival des Imaginales, j'ai appris via un libraire sympathique que Xavier Mauméjean avait lu mon texte, qu'il l'avait apprécié. Sur le moment, je n'ai pas su où me mettre. Et puis j'ai rencontré Xavier, nous avons commencé à parler d'un roman, de ce qui allait devenir, plus tard, "Porcelaine".

Ensuite Xavier a créé la collection Pandore avec le Pré aux Clercs, et il a pensé à moi pour y participer. Nous avons discuté de fantasy, de voyages…
Je lui ai envoyé un premier synopsis de "La Dernière Lame".  A l'époque, c'était Joad, le médecin altruiste, qui se trouvait au centre de l'histoire. Xavier m'a suggéré de mettre plutôt au premier plan Marie, l'anti-héroïne, la guerrière fanatique qui veut détruire le monde. J'ai suivi son conseil, et tout est devenu plus clair, la structure du roman, ses lignes de forces, son identité même. 


Auriez-vous des suggestions, des conseils à donner aux auteurs qui désirent soumettre leurs textes ?

Estelle Faye : Lisez, lisez beaucoup, et notamment des auteurs français. Ça vous aidera à vous situer dans le paysage littéraire, à découvrir quel auteur vous voulez être, vers quels éditeurs vous voulez aller.
Allez en festival, en dédicace, en librairie, dès que vous le pouvez. Parlez à des libraires, des éditeurs, des auteurs, des lecteurs... Écrivez ce qui vous passionne, tentez les AT qui vous font envie.... On ne peut pas savoir à l'avance ce qui déclenchera une publication, quelle rencontre changera votre vie d'écrivain.


Xavier, auriez-vous, vous aussi, des conseils à donner aux auteurs qui désirent soumettre leurs textes ?

Xavier Mauméjean : Oui, des conseils très concrets et qui sont de bon sens. D’écrire que si c’est nécessaire, pas pour avoir son nom imprimé sur une couverture. D’écrire parce qu’on ne peut pas faire autrement. De se demander, avant d’envoyer le texte, si c’est ce que l’on pouvait faire de mieux à ce moment-là. D’estimer, donc, que c’est ce que l’on pouvait produire de plus abouti. De s’informer sur l’éditeur avant d’envoyer un texte qui n’entre pas dans ses lignes de publication. D'être patient et, en attendant les réponses, de se remettre à l’ouvrage pour écrire.

 Pour aller plus loin : 





Note : les photos ont été trouvées sur le net, si elles vous appartiennent, faites-nous signe, on vous créditera !

Merci à Mandragore pour les questions judicieuses !


vendredi 17 mai 2013

Interview croisée : de l'auteur à l'éditeur


 
 L'équipe de Tintamare, toujours ravie de pouvoir mettre en lumière les membres du forum (que leurs romans soient passés par le cycle de bêta-lecture ou non) a eu le plaisir de poser quelques questions à Marilou Aznar dont L'héritère, le second tome du cycle "Lune Mauve" vient de paraître aux éditions Casterman. Son éditrice, Brigitte Ventrillon, s'est également prêtée au jeu pour nous offrir une interview croisée dans les coulisses de cette parution.

Pour commencer cet entretien, pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Marilou Aznar : J’ai toujours aimé écrire, depuis l’enfance, mais ce projet de roman est assez récent. Après un passage dans l’industrie musicale, je me suis lancée dans l’adaptation de doublage en freelance, et le fait d’écrire les dialogues en VF pour des films et des séries m’a fait renouer avec l’écriture.
Lune Mauve est mon tout premier livre et j’ai beaucoup de chance que Casterman le publie !

Brigitte Ventrillon : Après des études de lettres et une dizaine d'années d'enseignement en pré-élémentaire, je suis passée chez différents éditeurs en tant que directrice de collection, éditrice ou directrice éditoriale avant d'arriver chez Casterman en 2000 pour m'occuper de la fiction (romans et albums).

Marilou, comment t’est venue l’idée de Lune Mauve ?

M.A : Au départ, je voulais écrire l’histoire d’une adolescente dont la mère a disparu. J’avais des musiques, des images des paysages, des lieux du roman dans la tête, et j’ai très vite commencé à écrire des ébauches de scènes. Le reste de l’intrigue de Lune Mauve m’est venue plus tard, au fil des pages. J’ai fait une pause pour peaufiner le scenario, car cela devenait difficile de travailler sans trame.
Je tenais absolument à ce que deux univers presque opposés s’entremêlent. Celui d’un lycée privé parisien très snob, avec des problématiques actuelles de hiérarchie sociale et de réseaux sociaux, et un univers teinté de fantastique, un monde parallèle où s’est développée une civilisation inspirée de la Mésopotamie ancienne.

Brigitte, comment vous est parvenu "Lune Mauve" ?

B.V : Il est arrivé sur notre site de réception des manuscrits (manuscritsjeunesse@casterman.com) où il a été vite repéré.

Dans "La Disparue", l'héroïne, Séléné, est confrontée à l’omniprésence des réseaux sociaux et aux dérives qu’ils peuvent engendrer. Marilou, c’est un phénomène qui t’interpelle en particulier ? Brigitte, d'un point de vue d'éditeur, c’est un phénomène qu'il vous semble important d'aborder dans un roman jeunesse ?

M.A : Je suis assez présente sur les réseaux sociaux. Cette manière de communiquer me fascine, et j’aurai adoré m’y plonger à l’adolescence. Mais l’éclatement de la sphère privée, la facilité de partage de photos, d'informations, etc. peuvent se révéler délicats à gérer (sentiment d’infériorité, repli narcissique, solitude…), et parfois même tragiques (harcèlement, suicide…).Certains s’y brûlent les ailes. Mais je n’avais pas pour objectif de dénoncer des dérives. Cela me semblait naturel d’intégrer cette réalité dans le roman, notamment pour servir l’intrigue. Les réseaux sociaux exacerbent les rapports de forces entre les personnages, à Darcourt notamment.

B.V : C'est un sujet intéressant que Marilou traite avec beaucoup de finesse. Cela m'intéresse donc mais si elle n'en avait parlé, je ne lui aurais pas demandé de le faire.

Marilou, as-tu fait appel à des amis, des proches, des bêta-lecteurs, avant l'envoi du manuscrit ?

M.A : J’ai fait relire mon manuscrit à deux personnages de mon entourage proche. Leur retour sans concession m’a été précieux pour corriger les fautes d’orthographe et épurer le style, mais aussi et surtout, pour repérer les incohérences, les passages inutiles, les dialogues ratés, etc. C’est un peu dur de voir son texte décortiqué, mais une fois le premier choc passé, on apprécie ce regard extérieur à sa juste valeur.
Une fois le manuscrit envoyé, j’ai posté quelques extraits sur Cocyclics, me maudissant intérieurement de ne pas avoir trouvé le forum plus tôt. Les remarques faites par les bêta-lecteurs m’ont toutefois été très utiles. Grâce à eux, j’ai épuré mon style et repéré mes tics d’écriture, et j’ai appris à doser la somme d’informations apportées aux lecteurs. Quand j’ai repris le texte pour effectuer des modifications suggérées par mon éditeur, j’en ai profité pour rendre meilleur.
Pour moi, il est essentiel de se faire relire. Et pour que l’exercice soit utile, il faut aborder le processus avec humilité, sang-froid et lucidité.

Brigitte, avez-vous beaucoup retravaillé le texte avec Marilou ?

B.V : Non, nous nous sommes rencontrés pour discuter de certains points, dont l'équilibre réalisme/fantastique ou de certains aspects de l'écriture mais tout cela en petites touches.

De quelle manière s'est déroulée la rencontre avec l'auteur ?

B.V : Je ne sais plus trop (il faudrait demander confirmation de ce que je dis à Marilou). Dans mon souvenir la personne qui a eu le premier regard sur les manuscrits lui a vite fait part de notre intérêt. Elle m'a passé le manuscrit qui est parti aussi chez d'autres lecteurs. Et nous avons assez rapidement rencontré Marilou.

Alors, Marilou, on veut tout savoir ! De quelle manière s’est déroulée la rencontre avec ton éditrice ?
M.A : J’ai envoyé le manuscrit de Lune Mauve par la Poste (ou par mail quand c’était possible) à une dizaine d’éditeurs jeunesse. J’ai reçu quelques lettres types de refus au début, assez décourageantes. Quelques lettres personnalisées d’éditeurs qui me proposaient des lignes directrices pour le reprendre m’ont redonné espoir. C’est alors que j’ai reçu un mail du comité de lecture de Casterman, me signalant que mon roman leur avait plu, un peu moins de trois mois après l’envoi du roman. Mon éditrice m’a contactée peu de temps après par téléphone pour me fixer un rendez-vous en présence de son équipe. Le courant est très bien passé et j’ai signé un contrat quelques semaines plus tard. Les corrections éditoriales se sont très bien passées également, car nous étions d’accord toutes les deux sur la direction finale à apporter au texte.

Enfin, auriez-vous des suggestions, des conseils, etc. à donner aux auteurs qui désirent soumettre leurs textes ?

M.A : C’est drôle ! J’ai justement écrit un article sur le sujet sur mon blog : 5 conseils avant d’envoyer son manuscrit à un éditeur.
Mais pour résumer : la clé, je crois, c’est d’envoyer le manuscrit le plus parfait possible à l’éditeur le plus susceptible de le défendre. Cela sous-entend que l’on est fier de son texte, persuadé d’avoir poussé l’histoire et les thèmes au maximum de leurs possibilités, que l’on s’est relu et l'on s'est fait relire, que l’on s’est mis dans la peau d’un lecteur pour évaluer le texte avec la plus grande objectivité possible et que l’on s’est renseigné sur les éditeurs et ce qu’ils publient.

B.V : De laisser reposer un peu leur manuscrit et de le relire avant de l'envoyer. D'essayer de lire un ou deux chapitres à voix haute. Un bon exercice aussi est de résumer le texte en une quinzaine de lignes puis en 2-3 et de voir si le résumé leur semble fidèle à ce qu'ils ont écrit et s'il "tient la route"'. Cela peut permettre de révéler des faiblesses ou un déséquilibre qu'il serait bon de revoir avant envoi.
De penser au lecteur : ce livre, je le destine à un lectorat de + 12. Le sujet et le style s'accorde-t-il à ces lecteurs ? Il ne s'agit pas de publier un livre de plus mais de se dire qu'il y aura des personnes qui doivent aller en librairie, choisir ce livre (sur sa couv. son titre mais aussi son sujet) et qu'elles mettront sur la caisse un billet de 20 euros pour le payer, celui-là et pas un autre. Il faut donc qu'il se démarque, par son style, par son univers ou plutôt par l'univers de son auteur.


Merci beaucoup à toutes les deux, et nous vous souhaitons le meilleur pour Lune Mauve !

Merci également à Silène, Cindy Van Wilder et Nadia Coste pour la réalisation de cet article.

Pour en savoir plus :

samedi 21 mai 2011

De l'idée à la couverture...

Vous voilà dans une librairie, cherchant votre futur coup de cœur – vous savez bien, ce livre qui vous fera passer une nuit blanche, accroché aux pages – quand, tout à coup, une illustration attire votre regard. Vous avez à peine le temps de la trouver magnifique que vous avez déjà attrapé le livre pour dévorer la quatrième de couverture.

Parfois la couverture nous séduit avant même l’histoire, elle en est à la fois la présentation et l’aboutissement ! Autant dire que son choix est crucial pour les auteurs (et leurs éditeurs).

Aujourd’hui l’équipe de Tintama(r)re se penche sur la symbiose nécessaire entre auteur, illustrateur et éditeur à travers plusieurs questions. Nous avons réussi (gloire au nénuphou) à convaincre un duo auteur et éditeur de dévoiler leurs secrets pour une couverture réussie, à savoir celle du premier roman d'Arnaud Duval, Les Pousse-Pierres ! Un simple coup d’œil permet de voir que cette image réunit les éléments propres à la science-fiction (par exemple, l’espace et un vaisseau spatial) tout en soulignant au premier plan l’importance des personnages.

Chaque éditeur travaille avec plusieurs illustrateurs, choisis généralement sur « book ». Ces derniers peuvent posséder un site (blog, site professionnel, compte Deviant Art) qui permet à l’éditeur d’apprécier leurs dernières œuvres lors de la recherche d’un illustrateur pour un roman.

Alexis, l’éditeur des Éditions du Riez, nous explique comment s’est effectué le choix de l'illustrateur :
Chabeuh nous avait contacté il y a quelques mois et nous n’avions à l'époque aucun projet pour lui. Nous avons regardé entre-temps ses travaux sur son site (couvertures de Bifrost...) et lorsqu’un projet de couverture pour un roman SF s’est présenté (Les Pousse-Pierres), nous l’avons contacté parce que son travail d’illustrateur nous intéressait.

Nos auteurs grenouilles non publiés sont souvent curieux : quelle part a l'auteur dans le choix d’un illustrateur ? Cela dépend-il de chaque auteur ?
Aux Éditions du Riez, rien ne se fait sans l’aval de l'auteur, nous demandons avec qui il souhaiterait travailler ou nous lui proposons un illustrateur. Ensuite, l’auteur propose ses souhaits à l'illustrateur. Une fois la couverture finalisée, nous donnons notre accord, définitif ou pas. Depuis le début de notre aventure, nous avons toujours été satisfaits.





Côté auteur, Arnaud Duval nous dévoile sa « vision » de l’illustration qu’il souhaitait alors.
Avais-tu une ambiance particulière en tête pour la couverture ? Souhaitais-tu mettre en avant un personnage ?
Ma première idée était la terre vue d’orbite, avec des éléments de l'histoire comme la station Eloane. J’avais également envisagé de montrer les deux personnages principaux ensemble, donc une scène dans la deuxième partie de l'histoire.

Comment s’est fait le travail entre toi et l'illustrateur ?
Chabeuh m’a contacté suite à une suggestion d'Alexis. Nous avons discuté. Je lui ai fait part des suggestions que j’avais déjà transmises à Alexis. Chabeuh m’a aussi demandé s’il pouvait jeter un œil au texte pour se faire une idée. C’est une démarche que je ne peux qu’approuver, très professionnelle. Je lui ai transmis une copie du manuscrit et il l’a lu en entier avant de me proposer trois scènes, et je lui ai donné mon choix très vite.

Pourquoi as-tu choisi cette esquisse plutôt que les deux autres ?
Choix immédiat. J’adore ce qu'a fait Chabeuh car je trouve qu'il a parfaitement saisi la dynamique de cette scène. J’ajoute que pour de la SF, qui est un genre très varié en fait, mais très mal appréhendé en France, je pense que la question de la couverture est vitale et particulièrement délicate (du style : un vaisseau dans l'espace en couverture et 99% des lecteurs partent à l'autre bout de la librairie tandis que les 1% d'autres s’attendent à avoir un space opera galactique ultra hard science et rejetteront tout le reste). Vous me dites : « Oui mais là justement, il y a un vaisseau spatial ». C’est vrai, mais on est sur Terre, on voit la Lune (et la station Eloane qui joue un rôle central dans le roman). De toute façon, c’est clair dans la présentation du livre et la quatrième de couverture que l’action se passe dans l'espace, mais on reste dans le futur proche, et les personnages sont aussi importants que l'intrigue. Bref, je trouve que cette image reflète bien l’esprit du livre, et donc qu’une personne attirée par l’une, appréciera l'autre – enfin, je l’espère.





Merci à Alexis et Arnaud de nous avoir révélé l’envers de la couverture grâce à cette interview !