Affichage des articles dont le libellé est Estampilles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Estampilles. Afficher tous les articles

lundi 28 décembre 2015

Les Baleines célestes d'Elodie Serrano

Après la fin de son cycle et avoir obtenu l'estampille CoCyclics, Élodie Serrano a accepté de répondre aux questions concoctées par illiane pour Tintama(r)re.
[Pour un petit rappel du fonctionnement des cycles, c'est par ici !]

Logo de l'estampille CoCyclics

Bonjour Élodie : félicitations pour ta fin de cycle !
Merci, il était temps que je termine.

Tout d'abord, est-ce que tu peux nous pitcher un peu ton roman, les Baleines célestes ?
Oui, bien sûr :
À trop vouloir bien faire, on commet des bévues, par exemple laisser filer une baleine céleste, créature destructrice s'il en est. Alexandra Levisky et son équipage se jettent dans le sillage de la fuyarde. Pour l'empêcher d'atteindre le cœur historique de la galaxie, une seule solution : titiller sa corde sensible.

Quelles ont été tes inspirations sur ce projet, autant littéraires que visuelles ?
Hum, la réponse risque d'être décevante.
Je n'ai pas vraiment eu d'inspiration directe. Les deux points de départ ont été l'envie de parler d'un groupe de personnages un peu boulets, un équipage maladroit qui voguerait de bêtise en bêtise. Puis le titre m'a sauté dessus, les Baleines célestes. Je trouvais cette idée d'une créature si massive qui volerait dans l'espace fascinante et merveilleuse. Ensuite, j'ai travaillé à réunir les deux idées qui ne semblaient pas forcément aller en ensemble en premier lieu.
Ce n'est qu'après avoir écrit mon roman que je n'ai découvert que les baleines de l'espace, c'est assez populaire comme idée en fait. Comme par exemple dans un épisode de Docteur Who, ou pas mal d'illustrations (l'une de mes alpha-lectrice ne manque jamais de me les faire découvrir quand elle en trouve une).

Ton roman a obtenu l'estampille CoCyclics en octobre dernier. Comment s'est déroulé ton cycle ? Y a-t-il une phase que tu as préférée ? Quelle a été ta méthode de travail au cours de ton cycle ?
Ce fut long (deux ans, soit deux fois plus long que ce que j'anticipais en termes de durée) et difficile.
Quand j'écris un texte, je suis assez fière du résultat, toujours. Puis quand on me dit ce qu'il ne va pas, je tombe dans l'excès inverse, soit de penser que c'est vraiment nul. Du coup, mon cycle a consisté à osciller entre fierté du travail accompli quand j'ai soumis et terminé les P2 et P4, et déprime intense face aux retours de P1 et P3, où je considérait au final que c'était vraiment bon à jeter. Je suis assez extrême dans l'émotion je pense.
Ma phase préférée a été la P2. J'ai pas mal refondu le texte, supprimé des scènes, ajouté de nouvelles. Un travail de gros œuvre qui a su laisser libre cours à ma créativité pour trouver des solutions aux problèmes soulevés. Cet aspect était moins présent en P4, où j'ai du travailler plus dans le détail, un travail d'orfèvre qui n'est pas vraiment ma tasse de thé, même s'il faut bien en passer par là.
Pour la méthode de travail, j'ai commencé par relire mon roman en début de P2, pour me construire un scène-à-scène sous Excel. Ainsi, en P2 comme en P4, j'ai pu créer une nouvelle fiche et noter sur chaque scène le sort qui lui serait réservé en fonction des remarques de mes bêtas/alphas. Une fois établi mon plan d'attaque, je n'avais plus qu'à m'y atteler, scène à scène. Je pense que cette méthode est plutôt efficace pour moi et je la conserverais pour mes prochains romans.

Dans ton roman, Nathan est un naturaliste passionné par les baleines célestes. Est-ce que ce personnage t'as été inspiré par ta propre passion des animaux ?
Pas le moins du monde.
Nathan est arrivé dans l'histoire comme personnage outil. Un spécialiste de l'espèce qui ne devait, au début, que servir à apporter quelques informations sur les baleines, histoire de ne pas lancer l'équipage trop à l'aveugle dans leur course-poursuite de la créature.
Puis il a pris de l'ampleur bien malgré moi, et gagné son propre point de vue en phase de P2. Pour tout dire, il a fini par surpasser dans mon cœur un autre des personnages du trio principal, Conrad.
Par contre, il est clair que je me suis projeté dans le personnage, pour le côté curieux, scientifique passionné par le vivant, parfois un peu en décalage. Mais pas plus que je n'ai donné à Alexandra certains de mes traits. Même Conrad a bien du prendre de moi, quelque part. J'imagine.

Ton roman appartient à un style un peu inhabituel vu qu'il s'agit d'un space-opera humoristique. N'a-t-il pas été trop difficile de mêler les deux genres ?
Ce n'est pas tant l'aspect space-opera que l'action qui pose souci.
L'introduction d'humour reste délicat, car si l'on veut faire rire, on ne peut pas faire rire n'importe quand. Une blague mal placée, et toute la tension de l'action tombe à plat. C'est ce mariage-là qui a été délicat à manier. En résulte un roman au ton léger, mais on est loin de l'action endiablée aux blagues alignées comme si la vie de l'auteur en dépendait que l'on peut retrouver chez Pratchett.
Sur cet équilibre, l'aide des bêtas a été précieuse. Elles m'ont vraiment permis de cerner les moments où l'humour allait à l'encontre de la progression de l'histoire, afin de mélanger au mieux les deux sans que l'un vole la vedette à l'autre.

Maintenant que tu as terminé ton cycle, tu t'es engagée sur le chemin de l'édition. Comment as-tu ciblé les maisons d'éditions auxquelles tu as envoyé ton roman ?
La question piège. J'avoue être un peu en difficulté sur ce point.
D'une part, parce que la SF n'est pas forcément autant demandée que la fantasy par les maisons. D'autre part parce que j'y ajoute un ton léger qui n'est pas forcément la tasse de thé de tous les éditeurs. En gros, je pars avec un énorme handicap.
Du coup, j'ai pris le Grimoire Galactique des Grenouilles, j'ai coché toutes les maisons qui font de la SF, puis j'ai trié pour voir ceux qu'un peu d'humour pourrait intéresser. Ça ne me fait pas une liste monstrueuse d'envois, mais la légende raconte qu'il suffit d'un seul "oui".

Une dernière petite question pour la route ! En parallèle de tes envois, quels sont tes autres projets en cours ?
Je continue à écrire des nouvelles, inlassablement. J'ai déjà 5 textes à paraître en 2016, ce qui commence à faire une jolie présence dans le monde de la nouvelles je trouve.
Sinon, j'ai participé au NaNoWriMo en Novembre dernier et je devrais bientôt m'atteler aux corrections. Il s'agit d'un pulp, un space-opera, encore un, avec des dinosaures qui parlent et se rebellent contre leurs créateurs. Le personnage principal, jeune femme qui ne faisait que passer par là, se retrouve propulsée au milieu de tout ce bazar et se retrouve porte parole officiel de la cause, rien que ça. Je me suis bien amusée avec, même si j'ai pas mal de gros œuvre qui m'attend pour le faire maigrir dans un format novella plus dynamique.

Merci encore Élodie pour tes réponses et bon courage pour la suite !

Liens

lundi 23 mars 2015

Les Pirates de l'Escroc-Griffe à l'abordage des librairies !

Le Capitaine des Pirates de l'Escroc-Griffe, Jean-Sébastien Guillermou, a accepté de rencontrer l'équipe Tintama(r)re et de lui parler de la publication de son roman.
Merci à Ermina d'avoir réalisé cette interview !

Guillermou, Les pirates de l'Escroc-Griffe, tome 1

Bonjour Sycophante. Félicitations pour cette publication ! Pour commencer, pourrais-tu nous présenter ton roman ?
Bonjour Ermina, merci ! Mon roman est le tome 1 d'une trilogie fantasy. Caboche, un orphelin à la recherche de son père, rencontre le capitaine Bretelle, un pirate désabusé qui n'a jamais réussi un abordage. Ensemble, ils partent à la recherche d'un trésor légendaire sur les Mers Turquoises, à la surface du Monde-Fleur, un univers végétal. Mes héros naviguent sur L'Escroc-Griffe, un navire un peu… spécial, sans parler du fait que certains membres d'équipage se sont échappés d'un cirque.


Ton univers est très original. D'où t'est venu cette idée ?
J'aime l'heroïc fantasy, elle me passionne depuis ma plus tendre enfance, mais j'avais envie d'inventer un univers sans elfes, nains et hobbits, décalé. Et puis j'adore la mer, elle est pour moi une immense source d'inspiration. Au XIXe siècle, bien avant la Guerre des Étoiles et le space opera, les histoires de pirates faisaient rêver les lecteurs en mal d'aventures. L'océan, c'est pour moi un univers aussi riche que l'espace, un monde plein de vie et de dangers...


As-tu un personnage préféré ?
Question difficile ! J'ai une tendresse particulière pour l'archéologue Van Stoorwan, qui s'écoute parler, tellement imbu de lui-même qu'il irrite l'équipage. Je ne devrais pas le dire, mais il a été en partie inspiré par un professeur dont j'ai suivi les cours… soporifiques à l'Université. En dehors de Van Stoorwan, je pense qu'à la lecture du roman on sent mon affection pour Goowan. C'est un Kazarsse, un homme-iguane qui a été libéré de l'esclavage par le capitaine Bretelle. Depuis ce jour, Goowan a une dette envers Bretelle. Cet homme-iguane a une philosophie fataliste et une psychologie complexe, il m'a parfois surpris !

Goowan, l'homme-iguane
Goowan, l'homme-iguane (©Céline Lacomblez)

Ton roman est passé en cycle. Qu'est-ce que cette expérience t'a apporté ?
Oh, tellement de choses ! Le personnage de l'orphelin, Caboche, a pris beaucoup d'envergure. Son histoire s'est considérablement étoffée au fil des corrections. J'ai travaillé les rapports entre les personnages, leurs motivations ainsi que l'émotion. L'intrigue a gagné en « liant », j'ai essayé de la recentrer sur l'essentiel. Le cycle m'a aussi également donné plus de confiance : j'ai énormément appris sur mon écriture et mes premiers jets sont désormais meilleurs… même si les corrections demeurent indispensables.


Après l'estampille, tu as soumis ton texte aux éditeurs. Comment cela s'est-il passé ?
J'ai eu beaucoup de chance. En fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'après une estampille, le collectif envoie aux maisons d'édition partenaires une newsletter signalant « l'heureux événement » avec le quatrième de couverture du roman et les coordonnées de l'auteur. Très rapidement, j'ai reçu des mails d'éditeurs enthousiastes qui ont demandé à lire le manuscrit. Anecdote amusante, à cette époque l'éditeur de mes rêves, Bragelonne, n'avait pas réclamé le texte ! Une grenouille* que je ne remercierai jamais assez, Pandora, m'a poussé à aller aux Imaginales d'Épinal afin de participer au « speed dating littéraire ». Chaque année, les auteurs disposent de deux minutes pour présenter leurs projets aux éditeurs. Je me suis retrouvé devant Stéphane Marsan, qui a été séduit par le pitch. Un instant émouvant...


Une fois le roman accepté par ton éditeur, as-tu eu des corrections éditoriales ? Comment s'est passé « l'après-"oui" » ?
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'entre le jour où Stéphane Marsan s'est montré intéressé par le pitch, et la signature du contrat, il s'est écoulé presque un an. Du coup, au moment de commencer les corrections, le manuscrit avait déjà évolué car en attendant des nouvelles de Bragelonne, j'avais pris soin de recouper les remarques récurrentes formulées par les éditeurs qui avaient envoyé des lettres de refus argumentées, souvent pertinentes. Ma correctrice, Marie, a d'ailleurs été agréablement surprise quand je lui ai montré cette nouvelle version. Ensuite, nous avons travaillé à la fois sur la forme et le fond, histoire que le lecteur découvre la meilleure version possible.


Ton roman est publié en format papier et numérique ? Qu'a apporté le numérique à ton texte ?
Oui, le livre est disponible dans les deux formats, j'en suis heureux car pour moi ils sont complémentaires. Même si le numérique ne remplacera jamais le papier, il donne la possibilité à mon texte de connaître une longévité appréciable. Nous évoluons dans une civilisation de l'immédiat : quand un roman est publié, on en parle un peu dans les médias durant quelques semaines, mais très vite une actualité en chasse une autre… Le numérique permet à un livre de vivre des années après sa sortie, puisqu'il n'est jamais en rupture de stock. Et puis, il y a l'aspect pratique propre à ce support : emporter une centaine de bouquins dans sa poche à l'autre bout du monde, lire la nuit sur un clavier rétro-éclairé sans déranger sa moitié, acheter un grand format 5 €, télécharger un e-book immédiatement via la 3G de la liseuse, consulter le dictionnaire intégré dans le texte...
Le numérique, c'est vraiment génial !


Tu tiens un blog. Quel rôle joue-t-il pour toi ?
En 2010, http://www.escroc-griffe.com/ était la simple vitrine de ce qui n'était encore qu'un projet. Ce site m'a permis de présenter l'équipage de l'Escroc-Griffe, grâce aux belles illustrations de Céline Lacomblez. En 2013, j'ai réalisé que la blogosphère de l'imaginaire était absolument passionnante : j'adorais lire des critiques et, à mon tour, je me suis mis à chroniquer tout ce qui touche à la Fantasy, au Fantastique et à la Science-Fiction, la « SFFF ». De temps en temps, je parle de ma propre actualité, et parfois de mon rapport à l'écriture via des anecdotes ou des souvenirs de mes voyages au Japon et en Jordanie. Enfin, le blog me sert également à échanger avec mes lecteurs, notamment autour de la bande-originale de la trilogie, composée par Petiguyot et disponible sur le blog. Comme dans mes romans, l'homme-iguane joue de l'hydrodéon, un instrument imaginaire, Petiguyot est en train de reconstituer le son ! Au fil des mois, la bande-originale sera complétée. C'est une B.O. atmosphérique qui s'inspire de la trilogie, mais aussi de certains événements pas nécessairement mentionnés dans les livres… Grâce à leurs contributions respectives, Petiguyot et Céline Lacomblez ont fini par avoir une certaine influence sur le design de mon univers.


Peux-tu nous donner un avant-goût des tomes suivants ?
Le tome 2 sera épique, le tome 3… mystique ! L'histoire est dense, j'ai donc été contraint de la découper sur trois tomes, ce ne seront pas des suites « commerciales ». Il y a une vraie unité, notamment au niveau de certains détails, je n'en dis pas plus…


Merci d'avoir répondu à nos questions. Nous souhaitons le mieux aux Pirates de l'Escroc-Griffe !
Merci ! C'est toujours un plaisir de venir ici, longue vie à Tintama(r)re !


* Surnom donné aux personnes inscrites sur le forum CoCyclics.

Liens :


lundi 2 février 2015

Creep Show de Célia Deiana

Après la fin de son cycle et avoir obtenu l'estampille CoCyclics, Célia Deiana a accepté de répondre aux questions concoctées par Booz pour Tintama(r)re.



Bonjour Célia et merci d'avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.
Tout d'abord, peux-tu nous présenter ta novella Creep Show en quelques phrases ?

Bonjour !
Creep Show est parti d'un exercice de style. C'est un peu comme si je m'étais levée un matin en me disant : « Tiens, je vais écrire un film d'horreur ». Je garde le mot « film » parce que c'est vraiment une source première d'inspiration ; je suis fan des maisons à recoins et un peu bizarres. Alors j'ai pris un panel d'étudiants, accompagnés de trois enseignants ; je leur ai offert un week-end de détente organisé par leur club de cinéma ; et j'ai attendu que la maison les détruise peu à peu. Sous l'influence de la maison et de son propriétaire, chacun voit ses névroses se démultiplier. Des angoisses, des peurs et des remords ressurgissent. Un de mes personnages par exemple est une ancienne dépressive qui a déjà fait des tentatives de suicide aux médicaments, et elle va passer ces deux jours à goinfrer ses camarades de calmants et de somnifères ! Mais mon héros, David, est différent : il est condamné par le Sida et il n'a rien à perdre. Sa tête est déjà un cimetière donc la maison a moins d'emprise sur lui.



Je me souviens effectivement de David qui m'a toujours paru touchant. Le lien entre la maison et lui semble particulier, peux-tu nous en dire plus sur lui et les raisons de sa présence ?

David était « le » point casse-gueule du récit. On dit toujours qu'il ne faut pas trop dramatiser la situation des héros, mais lui n'est vraiment pas gâté. Il s'est fait virer de chez lui après son coming-out, est monté sur Paris, a été infecté par le virus du sida, a fini dans un centre d'accueil... Une amie l'a sauvé, fait remonter la pente, il a pu reprendre ses études. Au début de Creep Show, il vient de larguer son copain du moment et apprend que le virus est passé en phase active. David s'est construit sur les reproches, les non-dits et les prévisions dramatiques que son père lui a envoyées à la figure quand il est parti. C'est un garçon qui pense à la mort constamment, qui cherche l'affection partout où il peut, qui paraît faible mais qui tire de sa détresse (et de son entêtement violent) une très grande force.


Effectivement, tu n'y es pas allée de main morte sur l'aspect dramatique de ton héros. Maintenant, tournons-nous vers le début de la rédaction : une maison hantée, une atmosphère oppressante, des personnages aux multiples secrets, comment s'est passée la phase d'écriture et pourquoi avoir choisi de faire passer le roman par le cycle ?

La phase d'écriture a été très rapide. Au départ, Creep Show était une novella d'une quarantaine de pages, avec une tension et une action très concentrées. C'était un peu le défi de rester sur un seul lieu, un seul personnage et un temps limité, mais en deux semaines l'histoire était bouclée. J'aurai ensuite pu demander une correction à une de mes lectrices habituelles. Cependant, j'avais non seulement envie de proposer mon texte à des yeux neufs, mais aussi de bénéficier d'un cadre solide pour mes corrections. J'ai horreur de reprendre un texte et avec le système du cycle, j'ai bien été obligée d'y passer ! Ça a été une bonne expérience pour moi et une chance pour le texte.
À la fin, la novella s'est étoffée, j'ai privilégié un point de vue multiple, histoire de préserver un peu le cœur des lecteurs. Visiblement, la tension resserrée l'était vraiment et il y avait trop peu de respirations dans la première version. Il y en a davantage maintenant, mais je crois que la maison a gardé toute sa bizarrerie et que les futurs lecteurs en auront encore pour leurs... battements de cœur.


Tu as donc dû faire un grand nombre de remaniements. Qu'est-ce qui a été le plus difficile à modifier ?

J'ai rajouté deux points de vue à mon récit : celui de l'amie de David et celui d'un des enseignants. Et autant j'ai l'habitude des personnages tels que David ou Virginie, autant celui de l'adulte plus âgé et mûr a été beaucoup plus compliqué. Et puis il a fallu récrire certaines scènes selon un point de vue différent, dans un récit où les névroses personnelles de chacun prennent souvent le pas sur la réalité. Ce n'était pas facile mais avec un bon tableau Excel dans lequel j'ai pu diviser toutes mes scènes et mes points de vue, j'y suis arrivée.


Tu dis avoir voulu écrire un « film d'horreur ». J'imagine que tu t'es inspirée de certains d’entre eux pour imaginer ce récit. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ces sources d'inspiration ?

C'est bizarre parce que les deux films auxquels je pense tout de suite ne sont pas des films d'horreur. L'un, pour l'ambiance, est Ceux qui m'aiment prendront le train, du grand Patrice Chéreau. À l'occasion d'un enterrement, tout un groupe de personnes se retrouve dans une vieille et grande maison familiale. Personne ne dort vraiment et on passe d'une pièce à l'autre, d'une discussion à l'autre, avec des tensions, des moments de calme... Un autre film est 13 Tzameti, un film tourné en noir et blanc où un jeune travailleur migrant se retrouve dans une maison au fin fond de tout, où des gens parient... sur des jeux de roulette russe. Chaque parieur choisit un joueur et le jeune homme se retrouve avec un canon de revolver sur la tempe, alors que lui-même tend un pistolet sur le crâne d'un autre joueur. Il y a une ambiance très spéciale dans ce film plein de tension, que je ne saurai que conseiller à tout le monde. Sinon d'autres films plus classiques m'ont permis de modeler Creep Show, mais moins peut-être. Je reste une fan de films de genre, même si j'en regarde moins aujourd'hui, comme Hostel II, The Grudge, Poltergeist ou Saw (les deux premiers, j'ai trouvé le troisième répétitif et je n'ai pas vu les autres). Mais la plupart des films de maison hantée jouent plus sur la souffrance physique. Ce sont souvent des films de fantômes ou alors des films où le mal est orchestré par un grand manipulateur. Je pense que Creep Show est plus viscéral que ça, peut-être à la manière de Shining (mais sans le talent du King ou de Kubrick, puisque j'aime les deux versions). Bon après, les amateurs verront dans deux éléments « enfantins » de Creep Show une allusion tout à fait assumée à la cinématographie japonaise, notamment Black Water.


Et maintenant que Creep Show vole à la recherche d'éditeurs, sur quels autres projets travailles-tu ?

Alors en ce qui concerne les projets, survivre à un hiver particulièrement froid serait déjà bien ! En plus de l'écriture je suis membre active d'Amnesty International et cela me prend beaucoup de temps. Mais pour rester dans le domaine de la fiction j'ai quatre petits projets en cours, notamment une trilogie de fantasy urbaine très éloignée des romances paranormales qui sont devenues presque synonymes du genre. Ça parle de filiation, de meutes et d'extrême droite... Tout un programme ! J'aimerais aussi tenter quelques textes en jeunesse et YA (Young Adult). J'ai un manuscrit en cours de soumission avec un héros transgenre qui bute du dragon mais je pense le reprendre entièrement après quelques retours d'éditeurs. Et puis je pense aussi m'intéresser aux Amazones. Je crois que j'ai un gros faible pour les héros "de genre" pour reprendre ce mot si incompris et si brocardé par quelques extrémistes de mauvais augure (oups, je ne lâche pas mes motivations politiques aussi facilement).


Liens :

lundi 5 mai 2014

Or et Nuit, de Mathieu Rivero

Son cycle tout juste terminé, Mathieu Rivero a accepté de répondre aux questions de l'équipe de Tintamar(r)e.

Bonjour Mathieu,

Tout d'abord, peux-tu nous présenter ton roman, Or et Nuit en quelques mots ?

Hello ! Il s'agit d'un roman de fantasy pour adultes. Il se déroule dans un Orient fictif où un jeune sultan à la dynastie maudite lutte pour conserver un héritage ancestral : son sang. Dans son corps coule une magie qui attise la convoitise des djinns autant que celle des hommes. Pris entre complots et guerres, le sultan rencontre la reine Shéhérazade, qui l'accompagne dans son épopée tragique et narre l'histoire.

Tu as donc décidé de nous plonger dans un univers oriental, pourquoi un tel choix pour cette histoire ?

J'aime beaucoup les chevaliers, les extraterrestres et les vampires, mais certains font ça beaucoup mieux que moi ! Pour expliquer ce choix, il faut sans doute que j'explique la genèse du projet : au départ, ce qui m'intéressait, c'était la position centrale du sultan. Pour tout le monde, l'herbe est plus verte chez lui.

Et puis inventer un monde de toutes pièces ne m'intéressait pas tant que ça, j'ai préféré réutiliser un folklore existant. De fil en aiguille, je suis arrivé à l'Orient avec Azi Dahaka alias Zahhak, alias le sultan-dragon (merci wikipédia !). Donc, en premier, c'est ce folklore perse. Le reste a suivi : on a pas mal de références à l'Inde et même au Népal avec les rakshasas (des esprits malveillants qui perturbent la méditation des moines et que l'on repousse avec de l'encens !). Je pense que l'agglomération des mythes signifie quelque chose. S'ils traversent les âges et se communiquent si bien, c'est que l'on y retrouve quelque chose d'universel.

Avec Shéhérazade en conteuse, pas trop peur d'une confusion du public avec une réécriture des Mille et une Nuits ?

Ah, cette bonne vieille Shéhérazade, elle n'aura pas fini de faire couler l'encre ! Rajouter Shéhérazade a été un choix de réécriture. Elle s'est imposée, une après-midi terne, alors que j'étais sur un des escalators infinis de Châtelet (oui, le métro parisien a su éveiller ma créativité). La révélation a été immédiatement adoptée : c'était si stupide de ne pas y avoir pensé avant, alors que c'était si logique ! Shéhérazade n'a pas arrêté de prendre de l'importance, pour, au final, atteindre un statut de protagoniste, au même titre que le sultan ! En tout cas, non, pas de crainte de ce côté. Le lecteur connaît en général l'histoire cadre des Mille et une Nuits, et le roman se charge de lui rappeler que ce pan d'histoire est déjà passé.

Tu avais travaillé ce roman dans le cadre d'une Tétard avant le cycle, ce qui en cumulé donne une longue période de travail pour cette histoire, quel effet cela fait-il d'avoir terminé ?

Or et Nuit m'a habité – voire hanté – pendant trois ans et demi. Mais en fait, cela fait longtemps que je pense à autre chose, donc, une fois l'euphorie et la sensation de vide passées, tout est revenu à la normale : mes blagues débiles, ma philosophie du fromage et mes histoires farfelues sont revenues !

Toi qui as tout testé, quelle a été la phase la plus dure en terme de retravail ?

Il n'y a pas d'autre endroit où je peux le dire : mes relecteurs, je vous adore !
Indéniablement la phase IV. La têtard est une route longue, un peu solitaire, mais c'est comme un deuxième jet, on crée, on élabore. Pareil pour la phase II. Après la têtard, je m'étais juré de ne pas trop réécrire... et c'est plus d'un tiers du roman qui a été remanié de fond en comble, fin incluse !

La phase IV est un retravail minutieux sur chaque recoin de phrase ou obscurité du décor. Et sur un manuscrit revu plusieurs fois, ce n'était pas facile ! Dur de se confronter aux vieux défauts que l'on croyait éradiqués, dur de se souvenir pourquoi on a eu telle idée ou si tel point est cohérent. Et puis on relit le travail fini, et on se dit qu'on a fait de sacrés progrès.

Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? D'autres projets sous le coude ?

D'abord, j'envoie mon manuscrit dans une e-bouteille pour que plein d'éditeurs le lisent.

J'ai quelques corrections à faire pour un roman de cyberpunk à paraître chez un éditeur numérique puis en papier chez un autre, dans le courant de l'automne. Il parlera de prothèses, d'Internet illimité dans votre cerveau et de pop-stars cyborgs...
N'oublions pas les nouvelles ! En écrire quelques-unes, en corriger aussi.

Et puis bientôt, j'entamerai une nouvelle aventure en terre hostile, un nouveau roman. Sûrement un truc onirique un peu fou, avec des étudiants fauchés qui se téléportent dans les Bermudes pour empêcher des vilaines fées de manger les paquebots. Ça devrait envoyer du lourd. !

Merci beaucoup pour tes réponses.
Merci pour les questions !

lundi 14 avril 2014

Les dividendes de l'Apocalypse, de Stéphane Desienne

Dans le cadre de la fin de son cycle, Stéphane Desienne a accepté de répondre à quelques questions de l’équipe, questions créées grâce au soutien des alphas et bêtas de ce cycle.

Bonjour Desienne,
Merci d’accepter de répondre à nos questions.
Pour commencer, pourrais-tu te présenter et nous parler de ta série Toxic ?

Je suis auteur de SF, établi sur les bords de la Loire, papa de 2 loulous et aussi des aliens et zombies de Toxic. La série est publiée par Walrus Books et nous venons juste de boucler la saison 1 qui comporte 6 épisodes. Dans la saison 2, de nouvelles épreuves attendent les héros humains. Il y aura toujours autant de zombies pour pimenter les situations, un élargissement du focus sur les aliens et le nébuleux collectif commercial.

Toxic a incubé sur CoCyclics, lors de mon challenge 2012, avant de contaminer les tablettes, les liseuses des lecteurs et lectrices. On doit être vers les 6 000 téléchargements à l'heure actuelle, ce qui est un sympathique succès vu le thème (il faut aimer les zombies, le pulp, les aliens, la SF...) et que je suis un auteur inconnu.
J'en profite d'ailleurs pour remercier ceux et celles qui m'encouragent sur les réseaux sociaux, sur la mare. J'apprécie ce contact direct avec les lecteurs et lectrices.

Pourrais-tu nous présenter ton nouveau roman Les Dividendes de l’Apocalypse en quelques mots ?

Les Dividendes de l'Apocalypse, c'est un coup d'État fomenté pour redonner à l'Église sa place dans l'Histoire. L'ambitieux chef de l'Inquisition décide de faire table rase du passé, et table rase n'est pas qu'une métaphore.

Pour contrer le plan du Grand Inquisiteur, le Secrétaire d'État de la Curie, Joseph Joachim Janssen, n'hésite pas à jeter son ami d'enfance dans la mêlée. Durant vingt-quatre heures, Giuseppe, qui se méfie de celui qu'il appelle J-3, devra sauver le Pape, affronter l'Apocalypse, les Gardes Suisses lancés à ses trousses... et faire équipe avec une mercenaire venue d'un monde extérieur, une infidèle nommée Eryn.

L'action demeure au cœur de l'histoire et alterne entre le point de vue J3 dans les hautes sphères du pouvoir et celui de Giuseppe en fuite avec le Pape.
J'avais imaginé ce récit pour un appel à texte sur l'apocalypse. J'ai rapidement débordé en terme de volume pour me retrouver avec une novella puis, après le cycle, avec un roman.

Ce n'est pas le premier texte où tu abordes des idées de religion en SF. Est-ce un sujet important pour toi ? Pourquoi ?

Ce troisième texte constitue une nouvelle incursion sur ce terrain. J'ai déjà abordé la religion dans Hérésie Minérale, dans la twitter fiction 3000 pieds également.
Le "fait religieux", la croyance, les rites, l'existence d'un ou des dieux et ses volets métaphysiques, philosophiques abondent en Science-Fiction. Curieusement, la religion au sens applicatif (comme peuvent l'être le catholicisme, l'islam, la religion juive, etc.) reste un peu à l'écart. Le futur de l'Église catholique a été relativement peu traité (à part dans Hyperion et Endymion où Dan Simmons transforme l'Église en régime totalitaire et militariste). Je pense que c'est un thème original avec du potentiel narratif.

L'église est une institution qui évolue depuis sa fondation. Elle subit les effets du modernisme, de la mondialisation, de l'évolution des mœurs, de l'exercice du droit, l'érosion de la Foi, etc. Comme toute institution, elle continuera à évoluer en même temps que la société, elle traversera d'autres crises.
La projection de l'Église dans le futur recèle, à mon avis, pas mal d'histoires intéressantes.

J'ai d'ailleurs posé les éléments principaux d'un projet SF qui lui sera entièrement consacrée. Je ne révèle rien du synopsis pour le moment, je peux juste vous dire que l'on va beaucoup s'amuser (et réfléchir un peu aussi).

Pour imaginer le Nouveau Vatican du futur, as-tu écrit une chronologie des événements entre 2014 et le temps du récit ? Si oui, avec quelle précision ?


Le temps du récit se situant à plusieurs siècles de 2014, je n'ai pas défini de chronologie particulière. À la base, je souhaitais réduire le background de manière a laisser la pleine place à l'action. J'ai posé quelques évènements comme l'atomisation de l'ancien Vatican, l'exil sur une planète à l'écart du mercantilisme spatial qui caractérise l'Espace Humain. Je n'avais pas besoin de plus de matériaux pour lancer la course poursuite.

Lors de la phase 1, tes alphas t'ont proposé des bêtas de certains passages ciblés. Est-ce que ça t'a permis de clarifier certaines remarques difficiles à comprendre ? Est-ce que tu le recommanderais pour les futurs cycles ?
Ça m'a beaucoup aidé à mettre le doigt sur des soucis comme le problème des orateurs en train de parler, la surutilisation de "il", la construction de phrases très répétitives, la gestion des informations, le souci de l'empathie pour les personnages...
J'ai demandé à mes alphas s'ils pouvaient m'indiquer les passages incriminés où la concentration de défauts était flagrante. C'est à partir de là que l'idée d'une bêta-lecture d'un passage ou deux s'est imposée. L'idée c'est de sélectionner un ou deux extraits représentatifs, et guidé par les alphas, de définir les problèmes récurrents, ceux qu'on retrouve ailleurs.

L'avantage, c'est de déceler ses défauts plus rapidement et de s'appuyer sur les exemples représentatifs de ses propres "bêtises".
L'inconvénient c'est qu'on aborde déjà un travail de phase 3 et que les détails peuvent détourner l'attention des soucis de fond sur l'articulation de l'histoire.

Au départ de ta bêta-lecture, tu étais très réticent à modifier la taille de ta novella pour la transformer en roman. Regrettes-tu d’avoir fait ce changement de format ? Comment cela s’est-il passé pour toi ?

J'ai mis du temps à réaliser que c'était nécessaire.
J'avais une obsession : l'unité de temps et de lieu. Pour moi, l'histoire se déroulait sur 24 heures, sur Nouveau-Vatican, comme dans la fameuse série 24 ou Jack Bauer avait 24 h pour sauver le président. Ici, Giuseppe a 24 h pour sauver le Pape, le jour de l'Apocalypse (pour faire court). Le parti pris justifiait une mise à l'eau rapide du lecteur, tout de suite trempé dans une action rapide où les évènements et les courses poursuites s'enchainent.

Les bêtas m'ont fait remarquer que la complexité du background (l'Église installée sur un autre monde, le fonctionnement de la théocratie locale, la position acquise par l'Inquisition, le rôle du Pape) conduisait immanquablement à une inflation de la taille du récit afin de rendre l'ensemble plus solide et cohérent.
Ils ont également soulevé la frustration — entre autres — engendrée par la bataille spatiale impliquant l'escadre "Papale" : "trop brève !"

Au départ, j'ai opposé un non catégorique. Les bêtas ont insisté, avec diplomatie, en indiquant des pistes où creuser, en montrant comment le développement de tel aspect amènerait plus de compréhension et d'intérêt. Ils ont fait preuve d'une exceptionnelle patience, le temps que j'absorbe tout cela.

J'ai grincé des dents au départ, parce que je m'imaginais qu'il fallait tout refaire. S’ils insistaient, c'est qu'ils voyaient des choses que je ne voyais pas. Alors, j'ai mis le texte de côté pendant un moment. Avant de revenir dessus, à froid. Et de comprendre ce qu'ils voulaient me dire.

Je ne regrette pas le changement de format, et je pense que le récit a acquis davantage de profondeur ainsi, même si j'ai dû dire au revoir à mes idées fixes.

Tu as laissé passer un long moment entre les retours de tes bêtas-lecteurs et le début de tes corrections, par contre, une fois lancé, tu as terminé très vite. Est-ce une méthode de travail habituel pour toi ?


Ça a déjà été le cas lors de mon premier cycle.
J'imagine qu'il me faut du temps pour absorber l'ensemble des informations apportées par les alphas et bêtas. Le temps d'attente est un moment où je rumine beaucoup. Il faut comprendre les remarques, les digérer, les intégrer sachant qu'elles impliquent le style, l'histoire, les personnages, le background, de nombreux détails... et que le tout se mélange dans ma tête. Cela me demande du temps quand il y a des points de blocage et des doutes.

Tout cela tourne dans mon esprit jusqu'au moment où les pièces s'alignent et qu'un cheminement apparaît : c'est à cet instant que je déroule la correction, très vite d'ailleurs parce que la clarté que je ressens à cet instant ne dure qu'un temps. Ça ressemble à une fenêtre de tir, tout m'apparaît clair comme de l'eau de roche, alors je fonce.

Merci pour ces réponses et longue vie pour « Les Dividendes de l’Apocalypse ». Et encore merci à Lieko, Scipion et Cendrefeu pour leurs suggestions de questions.

Merci également à Mandragore pour la gestion de cet article ! 

Pour plus d'infos :  

Retrouvez l'auteur sur son site : http://www.stephane-desienne.com/
Vous voulez découvrir Toxic ? Voici le lien vers les éditions Walrus : http://www.walrus-books.com/catalogue/toxic/


mercredi 16 octobre 2013

Le roi des fauves, d'Aurélie Wellenstein

Aujourd'hui, c'est avec plaisir que nous accueillons sur le blog Aurélie Wellenstein (Arya) dont le roman "Le roi des fauves" est sorti de cycle récemment !

Bonjour Arya, bravo pour la fin de ton cycle et merci d’accepter de répondre à nos questions. Pourrais-tu nous parler un peu de ton roman « le roi des fauves » ?

Arya : C’est un roman de dark-fantasy, relevé d’un soupçon de mythologie nordique. Accusés de meurtre, les trois héros du récit sont condamnés à ingurgiter un ver qui va les transformer en bêtes sauvages, les « berserkirs ». La métamorphose est lente et douloureuse. Pire encore, les parasités voient leur humanité s’engloutir dans une rage perpétuelle, une soif de sang inextinguible. Le roman raconte les sept derniers jours des trois héros et leur lutte acharnée pour trouver un remède à leur mal.

Est-ce ton premier cycle ? Pourquoi avoir soumis ce roman ?

A : Oui, il s’agit de mon premier cycle. J’avais déjà accompagné deux auteurs en cycle (trois à ce jour). J’avais envie de passer de « l’autre côté ». Je l’envisageais avant tout comme une aventure humaine, et je n’ai pas été déçue. Déjà, c’est très excitant de travailler main dans la main avec 5 autres personnes qui décortiquent votre roman. Ensuite, les éléments qui vont remonter peuvent vous être utiles, non seulement pour le présent texte, mais aussi pour ceux qui suivront. Vous prenez conscience de vos tics d’auteur, de vos « darlings ». La bêta-lecture permet de progresser plus vite que si on était tout seul, le nez dans le guidon. Parfois, ça fait mal, mais quel plaisir de mesurer le chemin parcouru entre la première et la dernière version du texte !

Tous tes romans parlent de l'interaction entre animal et humain ou, comme c'est le cas ici, de la transformation d'humain en animal, en quoi ce sujet est-il important pour toi ?

A : Je ne peux pas me passer des animaux, et comme je vis en ville, je peuple mon imaginaire de toute sorte de créatures. Il y a toujours au moins une bête dans mes récits, et effectivement, elle est souvent en étroite relation avec les hommes. Dans Le cheval et l’ombre, les animaux étaient lumineux : les habitants purs et forts d’un paradis menacé par l’homme. Dans Le roi des fauves par contre, ils jaillissent des ténèbres. L’animal incarne la sauvagerie et la bestialité ; c’est la puissance primitive qui souffle l’humain. Du moins, en surface… puisque le roman démontre finalement autre chose !

As-tu eu beaucoup de travail à effectuer sur l’histoire lors de ce cycle ? Quels points en particulier as-tu dû retravailler ?

A : Le cycle se décompose en deux phases, la phase 1 qui cible le fond et la phase 3 qui se concentre sur la forme. Dans mon cas, le « saut » le plus important s’est effectué en Phase 1. C’est là où j’ai le plus repris le texte. J’ai tendance à être trop sèche en émotions et à systématiquement privilégier l’action. Avec l’aide de mes Alphas-lectrices, j’ai donc pris le temps de poser les sentiments de mon héros, d’essayer de retranscrire ce qu’il ressentait. En phase 3, mes décisions ont été plus rapides, les corrections visant essentiellement la forme.

Lors de ta phase 2, tu as fait un plan de correction très structuré et complet, est-ce grâce à la qualité du retour de tes alphas-lecteurs ou as-tu l’habitude de travailler comme cela ? En quoi cela t’a-t-il aidé pour les corrections ?

A : Non, je n’ai pas du tout l’habitude de travailler comme ça. Au contraire, j’ai tendance à naviguer à vue (et à me perdre… !) Mes Alphas-lectrices m’avaient préparé un tableau détaillé listant tous les problèmes de fond du récit, ce qui m’a permis de structurer mes corrections (et de gagner en vitesse !) C’était magique !


Dans ton roman, un parasite transforme les humains en animaux. Si on te l'inoculait, en quelle sorte de Berserkir te transformerais-tu ?

A : Diantre ! Va savoir ! Les personnages sont d’ailleurs souvent surpris par ce qui émerge d’eux. La plupart des berserkirs sont de type primitif (auroch, tigre à dent de sabre, mégacéros (c’est un cerf géant),…) ou plus classiquement, de la forêt ou du Grand Nord (loup, ours, élan, phoque…) Comme j’aime les cornes et les sabots, je me verrais bien en bouc, tiens. Et puis, il y a un petit côté sulfureux que j’aime bien ! Mais si ça se trouve, je serais un crabe ou un faisan… !!


As-tu déjà quelque chose de prévu pour la suite maintenant que tu as fini ce cycle ?

A : J’ai pas mal de projets sur le feu. Le plus immédiat, c’est un recueil de nouvelles qui devrait sortir en 2014. Côté roman, je prévois d’écrire un récit de steampunk où je reprendrais l’idée du délitement psychologique d’un personnage épris de vengeance, qui se prend à trop écouter ce que lui susurre un démon-corbeau. Sinon, je suis sur les ultimes corrections d’un roman jeunesse (avec des chevaux !)
Merci pour ces questions ! J'en profite pour remercier ma Team de bêta-lecteurs et tous ceux qui m'ont suivie pendant mes 4 Phases !

Encore merci d’avoir répondu à nos questions !

Mandragore pour l'équipe de Tintamar(r)e

lundi 17 juin 2013

La nuit des coeurs froids

Esther Brassac, alias Elfine noire, a complété en janvier 2013 un cycle démarré en décembre 2012, pour son roman "La nuit des cœurs froids", une histoire qu'elle a commencé à écrire en octobre 2009.
Mandragore a eu le plaisir de l’interviewer :

Pour commencer, pourrais-tu nous présenter en quelques lignes ton roman, la Nuit des Cœurs Froids ?

Il s’agit d’un roman steampunk dont l’action se déroule en Terre écossaise, à Glasgow plus précisément. Là vivent en harmonie humains, elfes, loups-garous... Quant aux vampires buveurs de sang, ils demeurent cachés et sont considérés comme un mythe par les autres peuples.
Le roman débute avec une sombre histoire de suicides en série dont les victimes sont toutes parfaitement heureuses. Cela cause bien des tracas à l’inspecteur Pétrovitch chargé de l’affaire avec son fidèle adjoint, le loup-garou Rastaclous. Dans le même temps, on fait connaissance avec Harald, un vampire psychique. À partir de là, nombre d’aventures attendent nos héros. Ils vont rencontrer des personnalités atypiques tels une goule journaliste au langage décalé, ou encore Nicolas Flamel qui enquête de son côté pour mettre un terme aux agissements d’une étrange confrérie.

Les descriptions visuelles et l’ambiance sont particulièrement bien rendus, t’es-tu inspirée d’éléments réels ou as-tu tout fait naître de ton imagination ?

Merci ! Tout est né de mon imaginaire. Créer une Glasgow dont les édifices sont intimement mêlés à une forêt exubérante me plaisait beaucoup. J’avais envie que ce soit les immeubles qui s’adaptent à la végétation et non le contraire, d’où leurs conformations tarabiscotées. De même, j’ai inventé un certain nombre de machines et d’appareils qui rappellent notre monde. Je pense par exemple aux taxiflores en forme de théière avec leurs plantes photovoltaïques.

Si tu nous parlais d’Harald, un de tes personnages principaux ? Un vampire plutôt hors norme. Comment t’est venue cette idée ?

Le vampire est tellement populaire depuis quelques années qu’il en devient presque « banal ». Nous avons le beau ténébreux et le super méchant. Je désirais autre chose. Je pars du principe qu’aucune espèce n’est fondamentalement bonne ou mauvaise. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour les vampires ? C’est pourquoi j’ai inventé un vampire psychique, certes sans état d’âme, mais passablement fou puisqu’il s’adresse aux objets de son environnement. De plus, il vit avec un petit métamorphe télépathe, Mouscarpion, pour mieux supporter la solitude et leur relation est très présente dans le roman.

Pourquoi avoir soumis ce roman en cycle ?

C’est le troisième que j’écris et je n’ai personne dans mon entourage pour m’aider à peaufiner mes textes. J’avais retravaillé durant de longs mois les précédents, mais je sentais bien qu’il y avait des défauts, malgré mes éternelles remises en question, mon désir de corriger encore et encore. Il me fallait des regards extérieurs, impitoyables, quoiqu’amicaux. C’est exactement ce que j’ai trouvé auprès de mes alphas et bêtas lecteurs qui ont été formidables !

Sur quels aspects particuliers de ton roman ont porté les remarques des alphas- et bêtas-lecteurs ?

La densification des personnages et leurs émotions qui n’étaient pas suffisamment décrites. J’ai dû complètement modifier la fin en ajoutant des explications plus claires. L’enquête de l’inspecteur Pétrovitch a aussi été retravaillée. En fait, le fond, la forme, tout y est passé ! Leurs remarques m’ont permis de voir le texte, ses articulations, ses différentes parties d’un œil neuf. Du coup, j’en suis venue à ajouter quelques corrections de moi-même.

Et a-t-il été facile de suivre leurs recommandations ?

Pas toujours, mais j’ai pris le temps d’examiner chacune pour les mettre en œuvre de la meilleure façon possible. C’est un exercice difficile quoique passionnant qui m’a beaucoup appris et me servira pour l’écriture de mes prochains romans.

Et maintenant que tu as achevé ton cycle, que comptes-tu faire ?

J’ai la grande chance d’avoir signé un contrat avec les Éditions du Chat noir et je viens d'achever la préparation d’un nouveau roman steampunk. En tout cas, je prévois de rester dans les univers fantastiques steampunk avec une petite touche de fantasy.

Encore merci et nous te souhaitons le meilleur pour ton roman.

C’est très gentil, merci beaucoup !
Si ce roman est parvenu jusqu’ici, c’est bien grâce à CoCyclics et au travail attentionné de mes alphas (Patastec et L’homme au chapeau) et de mes bêtas (Gerryoff, GabrielleTrompeLaMort et Scipion). Sans eux, mon rêve ne serait jamais devenu réalité.



mercredi 6 février 2013

Un nouveau bilan

Le début d’année est l’époque des bilans et des souhaits : profitons-en pour nous intéresser aux cycles de notre mare !

Vous en connaissez le principe : une grenouille soumet son manuscrit, et s’il est accepté, elle en travaillera le fond et la forme en quatre phases, alternant travail et remarques avec des bêta-lecteurs en phases 1 et 3, avec des corrections et modifications en autonome lors des phases 2 et 4.

Voici maintenant six ans qu’une estampille récompense ceux et celles qui terminent leur dernière phase de cycle. Que ce soit pour l'ancienne version du cycle, en deux phases, ou pour la nouvelle version, en quatre phases, ces cycles représentent beaucoup, beaucoup de travail ! Les efforts de l'auteur, bien sûr, mais également l'attention, les lectures, les remarques, le soutien d'au moins deux bêtas-lecteurs pendant chaque phases I et III.

Voyez plutôt les lignes de nages qui sillonnent la mare depuis 2007 : pas moins de 25 estampilles, et 7 cycles en cours de travail à fin 2012 !



Un chiffre remarquable pour l'année écoulée ? 2012 a été la plus riche en estampilles, mais elle était aussi la plus riche en efforts : jusqu’à 17 cycles en travail pendant ces douze derniers mois !

La longueur des cycles semble se régulariser : si certains cycles se sont étendus sur plusieurs années, si d’autres n’ont duré que quelques mois, les cycles les plus récents s'écoulent en moyenne sur 12 mois.

Une fois l'estampille obtenue, la recherche - ou non - d'éditeur est entre les mains de chaque auteur, selon ses critères, et à son propre rythme. D'après l'expérience des grenouilles publiées, une recherche active peut aboutir en quelques mois, mais elle s'étend souvent sur plusieurs années. Toutefois le ratio estampillés/publiés est très encourageant : sur les 16 cycles estampillés fin 2011, 9 étaient publiés fin 2012. Soit plus d’un sur deux !


Les nouveautés du dernier trimestre 2012 :


Bravo à Sycophante, en phase IV avec "Les Pirates de l'Escroc-Griffe". Et saluons également Elfine noire, qui le rejoint en ce début d'année avec "La nuit des Coeurs froids".

Nos Encouragements pour Ermina, en phase III avec "Timraza";

Compliments pour le trio qui, à quelques jours d'intervalle les uns des autres, a rejoint en phase II Isa S et "Thirion et le lait de dragon" : Pandora, avec "Ticket gagnant"; Isaiah, avec "Or et Nuit"; et Desienne, avec "Les Dividendes de l'Apocalypse".

N'oublions pas d'accueillir dignement les premières entrées en cycle 2013 : la bienvenue à Fred, avec "Cratère" et à Celia, avec "Creep Show".

A eux tous, et à toutes les grenouilles, souhaitons le plaisir d’écrire !


Conteuse et l'équipe Tintamar(r)e

mardi 30 octobre 2012

Rencontre avec Maëlig Duval


Maëlig Duval, l’auteur de L’Après-dieux, a accepté de rencontrer l’équipe Tintamar(r)e pour parler du processus de publication de son roman.

Q – Bonjour et félicitations pour cette publication !
R – Bonjour et merci à vous !

Q – D’où t’est venue l’idée de L’Après-dieux ?
R – L’Après-dieux s’est tissé avec plusieurs idées. Chacune est venue à un instant particulier, pour des raisons particulières. Certaines ont quitté les pages en cours de rédaction ; d’autres se sont imposées.
L’écriture de cette histoire a débuté en 2009 (ou en 2006 ? je n’ai pas une grande mémoire pour les dates, à moins que je confonde le dessus et le dessous). À l’époque, je vivais à Barcelone (oui, vous pouvez faire le lien guerre civile Espagnole – guerre civile de L’Après-dieux, mais pas bien longtemps car il y a peu de points communs, finalement, à part l’appellation). La première version de cette histoire – qui n’était alors pas tout à fait la même histoire – exploitait peu les personnages secondaires, dont l’importance m’est apparue plus tard. J’ignore pourquoi, à cette époque, j’étais visiblement très préoccupée par les plumes : on les retrouve dans ma toute première publication (Lésions, dans L de CDS éditions), dont la première version a été écrite à la même période. Le texte de L’après-dieux a "dormi" ensuite quelques mois avant que je le remanie et modifie, parfois profondément, puis que je le soumette pour un cycle Cocyclics.

Q – En 2010, tu as obtenu l'estampille et tu as soumis aux éditeurs jusqu'à obtenir un oui de Griffe d'encre. Alors, il y a eu les corrections éditoriales. Qu’est-ce qui les distingue d’un cycle ?
R – Tout, mis à part qu’on travaille sur le texte. La façon de procéder, les objectifs sont différents.
En cycle, étant donné que celui-ci relève d’un système, les choses sont relativement "carrées" : d’abord l’auteur reçoit un document qui commente son histoire (scénario, personnages, narration, découpage…). Il le lit, en tire des conclusions et modifie son texte en fonction de ces conclusions. Puis la nouvelle version du texte, lue par de nouveaux lecteurs, est annotée sur des questions de forme (style, grammaire…) ; l’auteur reçoit ces commentaires, qu’il lit et digère avant d’agir en fonction. Une fois que le texte révisé plaît à l’auteur et qu’il estime avoir fait tout ce qu’il pouvait pour que son histoire ressemble à ce qu’il voulait faire, le cycle est terminé. Tout ce temps, le seul étalon est l’auteur, ses choix et ses envies. C’est également lui qui dispose du planning : il peut prendre tout le temps qu’il veut. Le but est que l’auteur murisse en tant qu’auteur et finalise un objet qui lui plaise.
En corrections éditoriales, l’auteur ne dispose pas du planning. Il a un interlocuteur privilégié (son éditeur), et non plus des duos de lecteurs successifs. Il ne s’agit pas non plus d’un système : la façon de procéder change selon les éditeurs. L’auteur n’est plus l’étalon de toute chose : il doit composer avec la ligne éditoriale de la collection, mais aussi parfois se plier à des impératifs éditoriaux (tomaison, nombre de pages, charte ortho-typo de la maison d’édition).
Pour L’Après-dieux, par exemple, certains passages ont dû être réécrits en fonction de la charte typographique de la maison.
Le but, enfin, outre de rendre le texte et l’histoire toujours meilleurs (mais meilleurs en quoi et pour qui, voilà des différences, encore), est de finaliser un produit à vendre. C’est à la fois plus et moins stressant qu’un cycle. En effet, il y a déjà l’éditeur qui croit dans ce projet, et pour qui ce projet constitue un enjeu réel, avec des sous à perdre et à gagner, une réputation à jouer, etc. Donc, à mon sens, se reposer sur l’éditeur lors de certaines corrections me semble plus simple que de se reposer sur un bêta-lecteur (pour qui il n’y a pas d’enjeu commercial derrière, et donc, d’une certaine façon, moins de pression). Mais il y a également plus de pression de ce point de vue qu’on attend de l’auteur qu’il fasse son job (un cycle, ça s’abandonne sans difficulté matérielle ; briser un contrat c’est autre chose).
Je dirai pour conclure que j’ai abordé et effectué les corrections de L’Après-dieux animée par un sentiment différent en cycle et en corrections éditoriales.
Reste que le cycle et les bêta-lectures en général apprennent à savoir entendre, décortiquer et exploiter au mieux les critiques, notamment celles faites par un éditeur lors de corrections éditoriales.

Q – Comment s'est déroulée la collaboration avec ton éditeur ?
R – Par mail et fort bien. Sans doute habituée à composer avec les jeunes auteurs, Menolly a tout de suite su me mettre à l’aise et en confiance. De mon côté, habituée à fréquenter un forum (dont je tairai le nom), je suis consciente des limites mais aussi des possibilités de la communication écrite ; c'est peut-être aussi une raison, s'il faut en chercher une, au fait que les quelques mois de corrections éditoriales se sont déroulés sans heurts (mais non sans travail !).

Q – Et comment s’est passée l’élaboration de la couverture ? As-tu eu ton mot à dire ?
R – Menolly m’a proposé plusieurs noms d’illustrateurs. J’ai choisi Alexandre Dainche, qui a accepté. Ensuite, selon les conseils de Menolly, j’ai élaboré une petite liste de ce que, à mon avis, ce serait chouette de voir sur la couverture. Liste transmise à Alexandre Dainche. Quelque temps plus tard, une première version de l’illustration arrive dans ma boîte mail ; à part un très léger détail qui d’ailleurs a pu être modifié sans souci, c’est celle que l’on peut voir sur le livre édité.
Quant à la couleur bleue et à la maquette de la couverture, elles sont inhérentes à la maison et à la collection ; je savais dès l’acceptation de mon manuscrit que ces éléments constitueraient une part de la personnalité matérielle de L’après-dieux.

Q – Merci d’avoir répondu à nos questions et à bientôt.
R – Merci à vous.

lundi 22 octobre 2012

Le travail d’une œuvre


Amis de CoCyclics, Membres de la Mare ; mes salutations. Aujourd’hui, nous fêtons et nous encourageons ceux d’entre nous qui se sont engagés dans l'évolution d’une œuvre.

Mais tout d’abord : bravo à ceux qui ont toujours voulu tisser leurs rêves ; nos compliments à ceux qui s’en emparent pour confectionner de longs écheveaux, soyeux ou plus rêches par nature ; nos respects à ceux qui vont jusqu’à construire, fil à fil, la trame d’un ouvrage. Puissent-ils aller jusqu’au bout de leurs souhaits !

Hélas : sans expérience, sans conseil, beaucoup s’interrompent très tôt, faute de comprendre, de savoir comment aller plus loin. Face à une toile inachevée, incapable de dévoiler aux autres toute sa beauté, toutes ses saveurs, il n’est pas facile d’avancer seul.
Heureusement, il existe des lieux d’entraide, et parfois de véritables guildes, comme la nôtre.

Oh, le chemin n’est pas simple, et rien n’est acquis sans travail. Comme dans toutes les guildes, les arrivants commencent comme apprentis. Il leur faut s’exercer à déceler les erreurs de tissage, les manques d’harmonie dans les ouvrages des autres débutants. Ils doivent apprendre à recevoir des remarques, pour corriger leur propre travail. Personne ne dira que c’est simple, ou facile. Il est nécessaire de dépasser ses premiers mouvements de rejet, de colère parfois, pour comprendre. Etudier. Travailler. Et avancer.

Lorsque ceux qui ont assimilé l’ambiance et les pratiques se présentent pour devenir compagnons, nous les accueillons avec joie :
Bienvenue à Kärn, Amonis, Bergamote, Nankin et Takisys qui, ce dernier trimestre, ont accroché le vert foncé à leur épaule !

Pour certains compagnons, ce statut n’est qu’une étape. Le plus dur reste à faire.
Régulièrement, après mûre réflexion, un de ceux qui veulent aller plus loin se lance dans le travail d’une composition. Seul, il a trouvé la matière dont il a construit sa trame. Seul, il a fait jouer sa navette sur les fils tendus, jusqu’à obtenir un dessin et des couleurs soignées. Cependant, il devine qu'il pourrait aller plus loin, s'il comprenait comment faire encore mieux. Il propose alors son oeuvre à ses pairs.
S'ils l'estiment suffisante et améliorable, c’est un cycle de quatre phases qui commence, porteur d’espoir et de labeur.

En tout premier lieu, deux compagnons vont se pencher sur la composition, pour en déceler la moindre fragilité, la plus petite faiblesse de structure ou de coloris.
Bravo à Pandora, avec Ticket gagnant et à Isaiah, avec Or et Nuit, qui ont rejoint Desienne, avec Les Dividendes de l'Apocalypse dans la première phase de ce défi. Que tous trois puisent dans les retours de leurs accompagnants de quoi franchir cette étape avec brio !

Car, munis de ces remarques et de ces conseils, nos trois créateurs devront de nouveau travailler seuls, pour reprendre, raffiner leur ouvrage, jusqu’à satisfaction.
Tous nos encouragements à Ermina, avec Timraza qui a récemment rejoint Isa S, avec Thirion et le lait de dragon, dans cette deuxième phase.

Quand elles jugeront avoir terminé, elles présenteront la composition corrigée pour une revue de détail. Les ouvrages seront scrutés avec soin, afin que soit signalé tout défaut résiduel sur la matière, les formes ou les couleurs. C'est la troisième phase du cycle.
Applaudissez Macalys, avec Mary's Blues et Sycophante, avec Les Pirates de l'Escroc-Griffe qui ont rejoint Elfine noire, avec La nuit des Coeurs froids dans ce long travail.

Ensuite ? Ensuite, ils devront faire appel à toute leur habileté, toute leur concentration, pour reprendre les détails ainsi mis en lumière, afin de parfaire un ouvrage digne d’affronter tous les regards.
Tout notre soutien à Ayaquina, avec Les gens de l'eau, dans cette quatrième et dernière étape. Puisse-t-elle bientôt obtenir l’Estampille qui marque la fin de ce cycle !

Et justement, acclamons les estampillés de ce trimestre : Chapardeuse, avec Kisasi, Khellendros, avec Les Reflets d'Earanë, GabrielleTrompeLaMort, avec L'étrange cas du docteur Ravna et de Monsieur Gray, et Patastec, avec La brume des ténèbres !
Ils sont parvenus, à force d’efforts et de volonté, à obtenir une œuvre qu’ils seront fiers de présenter et sauront soutenir. Nous leur souhaitons toute la chance possible dans leurs futurs travaux et démarches !

Longue vie à eux ! Longue vie à notre Guilde ! Longue vie à tous les tisseurs de rêves !


Conteuse et l'équipe Tintamar(r)e

mardi 10 juillet 2012

Inspection trimestrielle

Oh ? Bonjour. C’est déjà le jour de l’inspection trimestrielle ? Bonté divine ! Le printemps est passé à toute vitesse : je ne vous attendais pas.
Non, non, ne vous inquiétez pas. Ce sera un peu improvisé, mais vous aurez l’occasion de voir nos auteurs en plein effort. Voulez-vous que nous commencions tout de suite ? Oui ? Suivez-moi !

Vous vous souvenez, bien sûr, du principe des travaux réalisés dans nos locaux ? C’est ici que les manuscrits retenus par la mare affrontent les quatre phases du cycle CoCyclics. Nous traversons d’ailleurs en ce moment la salle des Estampilles. Vous pouvez y admirer en bonne place ceux qui sont parvenus au terme du cycle : pas moins de dix-neuf manuscrits jusqu’à présent. Laissez-moi vous présenter notre dernière fierté, toute récente : La Vieille Paire de lunettes de Scipion a reçu son estampille début juin.
Nous arrivons à la première salle, celle où nous accueillons les cycles à leur début : c’est la phase I, celle où les bêta-lecteurs analysent les manuscrits en profondeur. Vous y reconnaissez Ermina et ses deux bêta-lectrices Any et Aethra ? Vous les avez croisées fin mars, alors qu’elles venaient de commencer le travail sur Timraza. Ce trimestre-ci, permettez-moi de vous présenter Desienne et ses bêtas Cendrefeu et Celia, qui s’engagent depuis à peine quelques jours sur Les Dividendes de l'Apocalypse. Non, ne vous dérangez pas, nous ne faisons que passer ! Travaillez-bien !

Maintenant, penchez-vous vers moi, car il nous faut parler à voix basse. Voyez, j’ouvre la porte de la deuxième salle, mais nous resterons sur le palier. Ici réfléchissent les auteurs engagés en phase II. Corrections, reprises, et parfois même réécritures ponctuelles nécessitent une intense concentration qu’il serait dommage de perturber. Près de la bibliothèque, vous connaissez déjà Sycophante, avec Les Pirates de l'Escroc-Griffe ; à côté de l’estrade, c’est Macalys, sur Mary's Blues et dans l’angle, Le pavé, qui analyse Les Enfants de la citadelle. Isa S les a rejoints mi-juin. Elle est au bureau devant la fenêtre, penchée sur Thirion et le Lait de dragon. Vous avez vu, je referme ?

Pardon ? Oh, nous pouvons de nouveau parler normalement : nous nous dirigeons vers la salle consacrée à la phase III. C’est une salle plutôt bruyante en ce moment, avec trois auteurs et neufs bêtas, en pleine discussion sur des derniers points de fond et surtout de forme. Vous avez déjà aperçu ces manuscrits lors de votre dernier passage : La Nuit des Cœurs froids d’Elfine Noire, La Brume des ténèbres de Patastec, et L’Étrange Cas du docteur Ravna et Monsieur Gray de GabrielleTrompeLaMort, sont en pleine étude !

Et voici la dernière salle, où il nous faut de nouveau être discrets : en phase IV, les auteurs n’apprécient guère qu’on dérange leurs derniers efforts. Les trois que nous voyons là sont à un cheveu de l’estampille tant espérée. Qui ? Laissez-moi fermer doucement la porte avant de vous répondre. Oui, bravo, vous avez bien reconnu Kellendros, avec Les Reflets d'Earanë et Ayaquina, sur Les Gens de l’eau. Et Chapardeuse, qui scrute Kisasi comme si elle voulait en extraire jusqu’à la dernière coquille. Vous l’aviez vu en phase II lors de votre dernier passage, mais elle a passé sa phase III en un éclair ce dernier mois !

Nous avons tout vu, je crois. Je vous raccompagne. Oh, un instant s’il vous plait, j’aperçois un nouveau bêta-lecteur et je voudrais vous le présenter. Voici Koïnsky, qui a rejoint le cœur de la mare au mois de mai. Nous sommes toujours heureux d’accueillir du sang neuf pour les bêtas.

Satisfait de votre visite ? Mais c’est un plaisir. Faites bien savoir à tous avec quel sérieux nous travaillons. À bientôt !

Conteuse et l'équipe Tintamar(r)e

mercredi 25 avril 2012

La jeune fille, les cadavres et les vampires...

Nous avons profité de la sortie du Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue pour nous entretenir avec Cécile Duquenne et un invité surprise ! Au menu : écriture, humour et dents longues.


Q – Bonjour Cécile ! Alors, prête pour la sortie de ta novella ?

R – Absolument ! On m'a même offert un super stylo à dédicaces, je suis parée.

Q – La question que l’équipe souhaiterait te poser est la suivante : pourquoi les vampires ? C’est un sujet très à la mode en ce moment ; qu’est-ce qui t’a poussée à t’y intéresser ?

R – À cause de Buffy contre les vampires... sans blague, en plus ! J'ai découvert cette série sur le tard, il y a trois ans à peine. J'ai dévoré l'intégralité en deux mois, alors que j'avais beaucoup d'examens à la fac.
Sinon, mis à part ce "coup de cœur" qui m'a donné envie de plonger le nez dans ces types univers, je sais que l'effet de mode a eu son rôle : il y a aussi eu l'envie de donner ma propre version du vampirisme. De tous les vampirismes, en fait. C'est d'ailleurs pour cela que, à un moment, j'envisageais d'appeler la série Du vampirisme, et non les Nécrophiles Anonymes.

Q – Le ton que tu emploies est volontiers léger, voire parodique. Est-ce que l’équilibre à maintenir entre l’histoire sérieuse et la comédie t’a paru difficile à obtenir ?

R – L'auto-dérision est un mode de vie personnel. Me mettre dans la peau d'un personnage narrateur qui relativiserait tout par l'humour, même le pire (surtout le pire), n'a donc pas été un choix conscient. D'ailleurs, quand on m'a annoncé que mon histoire était drôle, j'ai d'abord récusé car pour moi l'humour y tenait une place minime, pour ne pas dire anecdotique. Puis j'ai reconsidéré ma novella. Et là, effectivement, le côté drôle m'est apparu. Pour autant, j'y raconte des choses très graves, et le personnage narrateur traverse une crise identitaire qui le remet complètement en question.
En fait, l'humour est transcrit par certains personnages volontiers caricaturaux, certaines répliques qui émaillent le texte, et les situations complètement absurdes qui surgissent de temps à autre.
Sincèrement, je n'y ai pas réfléchi en écrivant le texte. C'est au début des corrections que je me suis intéressée à cet équilibre entre humour et sérieux. Le plus difficile, ça a été d'arrondir les angles de certaines scènes pour que l'absurde paraisse réel...

Q – Nous arrivons à la question habituelle pour les auteurs estampillés par CoCyclics : que t’a apporté le cycle sur cette novella ? Et est-ce que ce travail s’est également ressenti sur la suite de la série ?

R – Le cycle m'a apporté de l'aide en ce qui concerne le format, ainsi que le sujet. Je n'avais jamais écrit de novella, ni de texte à la première personne du singulier. Le cycle a été un moyen d'apprendre à maîtriser le format, le sujet, le style choisi : ce que je n'aurais pas réussi toute seule.
Sincèrement, ça a été un soulagement quand j'ai appris que la novella était acceptée par CoCyclics.

Q – Comment se sont passées les corrections éditoriales avec Voy'[el] ?

R – Mon éditrice m'a dit qu'il y aurait peu de corrections à faire, ce qui m'a surprise au premier abord, car j'étais habituée à des corrections éditoriales conséquentes. Nous sommes tombées d'accord sur le fait que le cycle CoCyclics y était pour beaucoup : après être passé par le tamis de 6 bêta-lecteurs, il ne restait que du détail à rectifier.
Ceci complète ma réponse à la question précédente : le cycle permet de se sentir plus confiant lors des corrections éditoriales voire, comme ça a été le cas ici, de les réduire.
Bien sûr, je ne m'attends pas à ce que ce soit comme ça pour tous mes romans... ce serait trop facile, sinon. ;p

Q – Et aujourd’hui, que pense Népomucène de tout ceci ? A-t-il un droit de regard sur ce que tu exposes de sa vie ?

R – Ah, je lui laisse la parole, sinon il va dire qu'en plus d'écrire en son nom, je lui vole la vedette... ^^

Népomucène – Je suis ravi, bien entendu, de voir que notre série a trouvé preneur ! Nous sommes nombreux dans le monde de la nuit (humains, vampires, loups-garous et autres créatures à dents plus ou moins longues) à souhaiter vivre pacifiquement parmi vous. Cette série est un bon moyen de désamorcer le conflit social qui a éclaté entre les mondes diurnes et nocturnes. Ainsi, en lisant, ce sera comme si vous aviez vécu vous-même ce qui est arrivé.
Pour ce premier tome, vous serez dans ma peau d'humain, ce qui vous permettra de découvrir le monde de la nuit de mes yeux de profane.
Pour le deuxième, mon ami Bob, un vampire, vous accueillera parmi ses pensées.
Pour le troisième tome, un autre genre de créature de la nuit sera votre guide, mais je n'en dis pas plus pour l'instant.
J'espère que vous trouverez, dans ces récits tirés de faits réels (bien entendu !), les réponses que vous cherchez sur nous tous, les morts et leurs amis. J'espère par ailleurs que vous aurez à cœur de devenir, également, un Nécrophile Anonyme !

Merci Cécile pour tes réponses, et nous donnons rendez-vous aux lecteurs très bientôt, chez Voy'[el] !

jeudi 19 avril 2012

Quadruple Assassinat dans la rue de la morgue - Cécile Duquenne






Pour le moins qu'on puisse dire, 2012 est une année qui commence très bien pour Cécile Duquenne. En effet, paraît ce mois-ci aux éditions Voy'[el] le premier tome des Nécrophiles Anonymes : Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue. Mais voici plutôt un résumé :


Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire millésime 1840. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.
Népomucène reste à ses côtés, inquiet de la tournure des événements. Pour lui, le vampire va au devant du danger ; quel genre d’ami serait-il s’il ne surveillait pas au moins ses arrières ? Au fil des découvertes, sur la nature de l’assassin mais aussi celle de Bob, Népomucène sent que leur relation change…

Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue est un joyeux mélange d’influences vampiriques et de littérature du XIXe. Au rythme de l’enquête, les clichés sont retournés comme des gants. Car, ainsi que le dirait Bob : « Les humains en savent autant à propos des vampires qu’un organisme unicellulaire sur la mécanique quantique ».


Ce matin-là, alors que la mare s'éveille doucement, trois grenouilles, Célia, Swald et Tsumire, se sont données rendez-vous sur le nénuphar Tintamare, situé dans une zone reculée de la mare, près des bureaux des modérateurs. Autour de verres de nénuphou et de mouches grillées, elles confient aux journalistes du blog leurs impressions sur Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue.
Célia, l'une des alpha-lectrices de la phase I, prend la parole en premier :
« Quadruple Assassinat a été ma première expérience d'alpha. Le thème m'avait accrochée ; je suis une grande fan de vampires mais plutôt du côté gore et sérieux ! Du coup l'aspect léger et pince sans rire de la novella de Cécile m'attirait : j'adore les challenges. J'ai découvert un texte plein de promesses et une auteure agréable, et surtout bosseuse. Travailler avec Cécile et les autres alphas a été un vrai plaisir et je suis impatiente de découvrir le résultat final... ainsi que ses suites.
Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue m'a rendue amoureuse d'un perroquet et, pour quelqu'un qui n'aime pas les oiseaux, c'est un véritable exploit ! »
Puis, c'est au tour des bêta-lecteurs qui ont travaillé sur la phase III de témoigner. Swald déclare :
« Au moment où Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue allait entrer en phase 3, j’étais bêta-lectrice depuis très peu de temps. J’avais l’intention de prendre mes marques en douceur. Mais le titre du roman de Cécile m’a tapé dans l’œil et, après avoir lu le début, j’avais envie de faire plus ample connaissance avec lui...
Je n’ai pas regretté un seul instant que ma candidature comme bêta soit acceptée ! Tout le roman était un régal (j’ai éprouvé un plaisir de gourmet, notamment, grâce aux personnages savoureux d’humanité et aux multiples références intertextuelles qui émaillaient le texte avec humour). Je suis très fière d’avoir aidé à peaufiner Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue. J’anticipe avec joie la lecture du prochain volet des Nécrophiles anonymes. »
Tsumire renchérit :
« Je garde un très bon souvenir de ma bêta-lecture du roman Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue. L’humour m’a volé des sourires, voire des éclats de rire, et j’ai été enchantée par la caractérisation des personnages. Une dose de suspens agrémente le tout. Une bonne recette servie par une belle plume. J’ai en mémoire le fou rire d’un certain vampire et une discussion très audacieuse entre amis. En tant que bêta-lectrice, l’annonce de la publication de Quadruple Assassinat dans la rue de la Morgue a été partagée avec joie. Il fut fort agréable de travailler avec Cécile Duquenne. Elle est professionnelle, enjouée et efficace, et je suis heureuse de collaborer sur son deuxième volet. De bons moments m’attendent encore ! »

mercredi 4 avril 2012

Les grenouilles travaillent, travaillent…

Les grenouilles travaillent, travaillent…

S’efforçant de concilier les trios passion-famille- profession ou passion-famille-études, nos amies s’activent de leur mieux. Vaille que vaille, de petits bonds en grandes avancées, la plupart d’entre elles progressent sur leurs écrits.

Celles qui ont engagées un manuscrit dans un cycle CoCyclics ne sont pas en reste : ce premier trimestre, deux d’entre elles ont amené leur manuscrit jusqu’à la fin du cycle de bêta-lecture.

Bravo à Elikya, pour Kaefra, Cité de la terre et du ciel, et à Aelys, pour La Couleur de l'aube.

Elles rejoignent les quinze autres grenouilles qui, avant elles, ont conduit leurs manuscrits jusqu’à l’estampille Cocyclics.

Félicitations encore une fois, à elles toutes et aux bêta-lecteurs qui les ont accompagnées pendant les longs mois que nécessite ce travail.

D’ailleurs notre mare se réjouit d’avance d’une prochaine parution (le 20 avril !) qui portera le nombre de manuscrits estampillés et édités à sept (pour voir les six premiers : http://cocyclics.org/index.php?option=c ... &Itemid=69).

De quoi mettre en perce quelques tonneaux de nénuphou, la boisson nationale des grenouilles Cocyclics !


 Cliquez pour voir le graphique en grand !

D’autres célébrations sont-elles à prévoir bientôt ?

Les efforts de nos treize grenouilles en cycle tendraient à le prouver : ce premier trimestre 2012, presque toutes ont franchi des étapes décisives !

Bienvenue à Isa S, avec Thirion et le lait de dragon, Sycophante, avec Les Pirates de l'Escroc-Griffe, Ermina, avec Timraza, et Chapardeuse, avec Kisasi, pour leur entrée en cycle.

Chapardeuse et Sycophante, faisant fi de toute prévision, ont même terminé leur phase 1, et commencent leurs corrections de phase 2, corrections où les ont précédées Elfine noire, avec La nuit des Coeurs froids, et Macalys, avec Mary's Blues.

La phase 3 du cycle n’a pas eu moins de succès : y sont entrées Patastec, avec La brume des ténèbres, Scipion, avec La vieille paire de lunettes, et GabrielleTrompeLaMort, avec L'étrange cas du docteur Ravna et de Monsieur Gray.

Desienne, quant à lui, a attaqué la phase 4, avec Contre-Mesures, suivi en toute fin de trimestre par Ayaquina, avec Les gens de l'eau.
Voici des candidats sérieux pour une prochaine estampille !


Cette atmosphère de travail intense n’a pas rebuté les candidatures : Fred, Milora, Siècle Vaëlban, ewallker, Siana, et Gerryoff ont rejoint ce trimestre les rangs des bêta-lecteurs.

Bienvenue, bienvenue.

Et bon travail à tous !


Conteuse et l'équipe du blog.

vendredi 13 janvier 2012

Estampille pour Kaefra, Cité de la Terre et du Ciel, d'Elikya




Et voilà une année 2012 qui commence bien, notamment pour Elikya qui a obtenu dimanche dernier l’estampille CoCyclics pour Kaefra, Cité de la Terre et du Ciel. Ce roman de fantasy a entraîné ses bêtas-lecteurs dans un monde magique, à la recherche du statut étrange et mythique qu’est le divin. Spirituel et aventureux ? Sensible et efficace ! Comme peuvent en témoigner Syven, Ayaquina, Alaric et NB, primo (bêta) lecteurs.

Et voici pour vous un aperçu de Kaefra :

Le peuple de Kaefra la surnomme « cité de la terre et du ciel ». De la terre car ses artisans produisent des poteries renommées grâce à sa carrière d'argile ; du ciel car certains habitants renoncent à leur corps pour devenir des êtres spirituels capables de transformer la matière et de partager leurs pensées. Leurs pouvoirs surnaturels en font-ils des dieux pour autant ?
Imara y croit. La jeune femme espère trouver des réponses et donner un sens à son existence en choisissant cette voie. Entre terre et ciel, elle ignore jusqu'où la mènera sa quête de l'essence divine.
Saran en doute. Il préfère dissimuler ses convictions et son étrange don de guérison pour protéger sa vie paisible. Cependant, les événements violents qui bouleversent la cité le forcent à se dévoiler.
Un jour, Imara et Saran se rencontreront. Ensemble, perceront-ils les secrets des dieux ?

En attendant la suite des aventures (éditoriales) de Kaefra, nous félicitons Elikya pour son estampille !

dimanche 8 janvier 2012

Retour vers 2011 !



2011, une grande année pour les auteurs estampillés CoCyclics !

Début janvier, il est de coutume de faire un bilan des 12 mois précédents, avant d’énoncer les souhaits pour la nouvelle année. Les grenouilles ne dérogent pas à la règle, d’autant plus que 2011 s’est révélée être un grand cru pour notre mare !

Voilà maintenant 5 ans et demi que notre mare existe. D’une dizaine de grenouilles inscrites au tout début, notre forum d’écrivains de Fantasy, Fantastique et Science-Fiction compte désormais pas moins de 840 participants, qui s’entraident (bêta-lit et Cocyclics te bêta-lira !) et échangent, dans le respect du travail de chacun. Qui aurait cru qu’autant d’entre nous rêvaient de mettre leurs idées sur papier ?

Dans les sections qui leur sont réservées, 226 nouvelles et 43 synopsis ont été travaillés en 2011. 375 nouvellistes et/ou travailleurs de synopsis voisinent avec les 51 bêta-lecteurs membres du collectif. Profitons de l’occasion pour souhaiter la bienvenue à Elyna et Sycophante qui sont devenus bêta-lecteurs ce dernier trimestre !

Le succès du cycle de travail sur les romans ne diminue pas, car 9 manuscrits l’ont commencé cette année (6 en 2010, 5 en 2009). Ayaquina, avec Les Gens de l'eau, Patastec , avec La Brume des ténèbres, et Elfine noire, avec La Nuit des cœurs froids, se sont lancées dans l’aventure ce dernier trimestre. Elles portent à 12 le nombre d’auteurs engagés en ce moment dans les quatre phases du cycle.

Tous nos encouragements à eux, ainsi qu’aux bêta-lecteurs qui les assistent pour ces travaux : en effet, depuis que les cycles existent, si les deux plus courts sont été bouclés en un peu plus de 4 mois, en moyenne l’investissement nécessaire dépasse une année, et a même atteint deux ans pour les deux cycles les plus longs.

Bravo aux grenouilles estampillées ce dernier trimestre : Kira, avec Marcheurs de rêves, Blackwatch, avec Les Outrepasseurs et Roanne, avec Dans les pas de Romane !

En 2011, 4 nouveaux romans ont donc rejoint ceux qui portaient déjà l’estampille CoCyclics de fin de cycle. Ils terminent un travail long et exigeant, pour lequel, heureusement, cette dernière année a apporté de nombreuses récompenses : sur les 11 romans estampillés par CoCyclics depuis plus d’un an, pas moins de 6 - dont Le Bateau vagabond, de Silène - ont eu la joie d’être publiés, et 3 le seront prochainement.

Nous souhaitons, de tout cœur, la même joie aux estampillés de cette année !

Nous souhaitons également à toutes les grenouilles, ainsi qu’à tous ceux qui rêvent de prendre un jour la plume, beaucoup d’idées, d’écriture, de persévérance, pour élever leurs espoirs aussi haut qu’ils le désirent.

Bonne année à tous !


Conteuse, avec les remerciements de l'équipe de Tintamare !