jeudi 11 novembre 2010

Ça bondit aux Utopiales !



Du 10 au 14 novembre se tiennent en la jolie ville de Nantes les onzièmes Utopiales. Entre dédicaces, conférences et crêpes, vous pourrez sans doute croiser quelques grenouilles.
Eh oui, où qu’on aille on nous trouve et cette année nous aurons sous le bras moult exemplaires du GGG !
Simple curieux, jeune grenouille ou membre plus ancien n’ayant jamais rencontré d’autres collègues, venez nous voir, pour discuter, poser des questions ou partager un verre de nénuphou. On me signale dans mon oreillette que vous aurez plus de chance de trouver un nénuphar confortable aux alentours des banquettes du bar de Madame Spock.
Bon week-end à tous !

samedi 6 novembre 2010

Apéritif au bord d’un nénuphar : une estampille, ça se boit !

Souvenez-vous, ce n’était pas encore l’hiver, et une petite novella effarouchée entamait la dernière ligne droite de ses réajustements textuels.
Le 27 octobre, elle reçoit son estampille, fruit et preuve de ses efforts.

Après moult tournées de nénuphou, le soleil se lève sur la mare. Les insectes vouzounnent et les oiseaux pépient.
Les grenouilles se redressent, s’étirent. Parmi elles Pingu, qui a fièrement fêté l’estampille de sa novella, et ses bêta-lecteurs : Blackwatch, Sandrinoula, Pandora, Iluinar, NB et Tristeplume.

L’auteur et ses bêtas sirotent du nénuphou et grignotent des brochettes de mouches marinées aux aromates (l’heure de l’apéro arrive si vite).
— Dis, Pingu, fait Sandrinoula, tu as prévu une suite à L’après-dieux ?
Pingu manque de s’étrangler : les réjouissances sont à peine finies et son alpha veut la renvoyer au turbin ?!
— Non, pas de suite de prévue. Je n'avais même pas conscience que la fin pourrait donner envie d'avoir une suite !
Blackwatch lui tapote l’épaule :
— Allons, allons, calme-toi, ce n’est qu’une question, pas un ordre.
— Au fait, demande Pingu après avoir enfin délogé la patte de mouche coincée entre ses dents, pourquoi vous êtes-vous proposés pour bêta-lire L’après-dieux ?
— Je souhaitais découvrir un texte de toi plus long que ceux que j'avais lus jusqu'alors, dit Sandrinoula.
— Moi aussi, dit Blackwatch.
— Moi, c’est le titre, fait Iluinar. Bien qu'étant athée, je suis fasciné par le rapport des hommes aux religions, la manière dont celles-ci se créent et influencent les sociétés. L'idée de la disparition des dieux m'a semblé très intéressante.
— En parlant des dieux, dit NB, comment t’es venue l’idée de leur forme si particulière ?
— Oui, rebondit Tristeplume en saisissant une brochette, ces immenses raies mantas à plumes m'ont interpelé moi aussi.
— J'avais l'apparence des dieux en tête très tôt dans l'élaboration du récit, répond Pingu après un instant de réflexion. Mais ce n'est qu'après la phase I que j'ai trouvé la comparaison adéquate pour les décrire de façon à me faire comprendre. Donc, au départ, je percevais mes dieux de manière intuitive, sensitive et visuelle, mais muette. Je ne me souviens plus comment cette image m'est venue. Le plus difficile a été de la mettre en mots.
— En tout cas, la symbiose entre les humains et les dieux m’a vraiment marqué, dit Sandrinoula, ainsi que les repères "modernes" dans un monde malgré tout de fantasy.
— Moi aussi, renchérit NB. J’ai beaucoup aimé l’ambiance d’après-guerre dans un monde proche du nôtre mais avec sa culture et sa religion propres. Et, dans la forme, j’ai retrouvé le style de Pingu que j’appréciais déjà.
Pingu rougit et noie son embarras dans un verre de nénuphou.
— Et vous, les garçons, demande Sandrinoula, qu’est-ce qui vous a marqué dans le texte de Pingu ?
— Je n'ai pas à réfléchir longtemps, répond Tristeplume : l'atmosphère du texte. Extrêmement originale. C'est difficile à décrire mais elle me laisse la même impression que quand je regarde les vieilles photos en noir et blanc de mes parents dans les années 40.
Il se tourne vers Iluinar.
— Rien ne me vient spontanément en tête, répond celui-ci. Mais j'ai une question : dans quel état d'esprit attendais-tu les retours de tes bêtas ? Angoisse d'être jugée, impatience de savoir sur quels points travailler ?
— Dans un premier temps, répond Pingu, au moment de cliquer sur "envoyer" le mail avec le fichier attaché, je tremble de partout, mes mains moites dérapent sur le clavier, j'ai le cœur qui bat jusqu'aux oreilles. Puis, une fois que c'est fait, le grand calme, presque le vide intérieur. Je vais me faire un café dans la cuisine, je vaque. Le soir même ou le lendemain, quelques évidences horribles vont me frapper : tel passage est naze, tel perso mal fichu, tel lieu mal décrit, telle action molasse ou mal amenée… heu, je m’étale un peu, là, non ?
— Non, continue, fait Mélindra qui s'est approchée en douce, c’est vachement intéressant.
— Bon. Donc, des phrases de mon texte se mettent à tourner dans ma tête en faisant des grimaces. Je me dis : "tant pis, c'est envoyé. J'ai fait du mieux que je pouvais à ce moment. Peut-être que les bêtas ne trouveront pas si naze ce passage, ni ce personnage si mal fichu ? Peut-être que cette phrase qui ne me satisfait pas trouve la substance de sa beauté justement dans les subtiles erreurs qui la forment ?". Bref, je me berce d'illusions, je me rassure, je me dis que ce n'est qu'un texte et que ce n'est pas grave, d'ailleurs le trou de la couche d'ozone s'en fout bien. Au cours des jours suivants, j'y pense de moins de moins. Je relativise. Je fais d'autres trucs. Quand le mail tombe dans la boîte, celui avec le fichier attaché plein de commentaires, c'est la fin de la saine attente. Je panique. Puis je lis les commentaires. Et une autre histoire commence, comme on dit.
— Le fait d'être suivie par tes alphas en phase II, demande Blackwatch, quand tu débutais les corrections, tu l'as ressenti comment ? Comme un plus ? Ou est-ce la même chose que quand tu travailles seule sur un texte ?
— Comme plus qu'un plus : comme une rambarde de sécurité, un gilet pare-balle, un élastique en haut d'un pont, une couette douillette au fond de l'hiver. Pas du tout pareil que quand je suis seule, car alors non seulement je suis l'auteur, mais aussi la rambarde, le gilet, l'élastique et la couette.
— Bah, Pingu, qu’est-ce que tu as à te tortiller comme ça ? demande Tristeplume.
— Gaffe, tu fais tanguer le nénuphar ! ajoute Pandora en retenant les plateaux de victuailles qui menacent de tomber.
— Je… Je file aux toilettes ! Trop de nénuphou… Ne boulottez pas toutes les mouches sans moi, hein !
— Elle m’a épatée, fait Sandrinoula en la regardant disparaître entre les roseaux. La version soumise en alpha-lecture était sympathique, mais le texte final est très fort, bien ficelé, poignant. Les personnages comme le monde ont gagné en épaisseur, en véracité.
— Pingu a une capacité dingue à écouter toutes les remarques, renchérit NB, à les mâcher, les remâcher et les digérer pour trouver une solution et les intégrer. Presque de l’obstination, parfois.
— C’est clair qu’elle a une ténacité incroyable, un souci du détail et une motivation à toute épreuve, approuve Blackwatch en se détournant de la dernière brochette de mouches qui lui fait les yeux doux. Bon, c’est pas tout, mon nano ne va pas s’écrire tout seul.
— Eh bien moi, je vais bouquiner un peu au soleil, dit Pandora en ouvrant son exemplaire tout neuf du Hussard amoureux.

mercredi 3 novembre 2010

Lancement imminent du GGG : déjà les bons de commandes !

Vous attendiez tous l'arrivée du GGG. Vous l'espériez au fond de vous-mêmes. Certains sceptiques prétendaient que ce n'était qu'un canular, trop gros pour être vrai. Mais à présent, c'est un fait : le GGG est arrivé du ciel. Il est parmi nous.

La foule, électrisée par l'émotion mais aussi un peu apeurée, s'est rassemblée en masse pour assister à l'évènement. Sous un flot de faisceaux lumineux, le GGG s'ouvre enfin. L'excitation est grande. La quatrième de couverture se présente à nous. Plus personne n'ose émettre un son. Elle semble vouloir communiquer. Écoutons ses paroles :

Jeunes auteurs de l'imaginaire, voici enfin l'outil dont vous rêviez : un guide des éditeurs qui vous révélera nombre de secrets sur les techniques, méthodes et conditions d'envoi de votre manuscrit.

Ce que vous trouverez dans le Grimoire :

-- Des fiches détaillées d’éditeurs de SFFF acceptant des manuscrits de jeunes auteurs.
Sont recensés les éditeurs pour adultes et les éditeurs pour adolescents ou jeunes adultes.
-- La liste des éditeurs publiant de la SFFF pour la jeunesse ou pour les adultes MAIS refusant les manuscrits des jeunes auteurs (histoire de ne pas perdre de temps et d’argent pour rien).
-- Des réponses aux questions utiles sur chaque éditeur (ligne éditoriale, nombre de premiers romans publiés récemment, infos pratiques, délais, etc.).
-- Des témoignages d’auteurs de romans pour adolescents nous confiant leur point de vue sur les différences avec la littérature pour adulte.
-- Des témoignages de jeunes auteurs de SFFF récemment publiés.
-- Quelques conseils utiles avant d’envoyer un manuscrit à un éditeur.

Ce que vous ne trouverez PAS dans le Grimoire :

-- Des éditeurs ne publiant pas de littérature de l’imaginaire.
-- Des éditeurs à compte d’auteur ou assimilés.
-- Des éditeurs publiant uniquement pour les moins de 12 ans.
-- Des éditeurs de nouvelles ou de poésie uniquement (ni appels à textes ni concours de nouvelles).
-- La recette ultra-secrète du nénuphou de CoCyclics


C'est à présent au tour de l'éditorial d'avancer. Il adresse aux grenouilles terriennes un signe de paix. Certains essayent de le lui rendre dans une pâle imitation. Touché par cette démonstration d'affection, l'éditorial prononce alors ces paroles :

Je suis Paul Beorn et j'ai co-dirigé ce petit ouvrage avec Silène pendant neuf mois.
(...)
Quand nous avons fait connaissance sur CoCyclics et que nous avons discuté de nos parcours, nous sommes tout de suite tombés d’accord : un guide-annuaire des éditeurs de SFFF nous aurait bien aidés, ne serait-ce que pour savoir à qui envoyer notre manuscrit, à qui ne pas l’envoyer – et surtout découvrir des noms que l’on ne connaissait pas.

Avec le feu vert enthousiaste de Syven, fondatrice de CoCyclics, et des autres Permanents du collectif, nous avons retroussé nos manches : il n’existait aucun guide de ce genre ? Eh bien, nous allions en écrire un !


C'est maintenant un vrai défilé qui débarque sur la plateforme d'atterrissage. Tout le monde les reconnaît : ce sont les conseils pratiques avant d'envoyer son manuscrit. Le GGG est décidément armé jusqu'aux dents pour affronter le monde de l'édition. Derrière eux, suivent les témoignages d'auteurs. Les lecteurs exaltés reconnaissent sans mal Charlotte Bousquet, qui prête sa voix pour répondre à la question "qu'est-ce qu'écrire pour la jeunesse ?"

Je crois que c'est avant tout écrire les histoires qu'on aimerait lire si, aujourd'hui, on avait ces âges-là, ne pas se donner de limites de fond : on peut aborder tous les sujets, même les plus graves, comme la pédophilie - je pense aux Orphelins de Naja (Mango, Autres mondes), de Nathalie Legendre - ou le racisme - L'Empire invisible, de Jérôme Noirez (Gulfstream, Courants noirs) du moment qu'on le fait dans les formes, c'est à dire sans prendre les lecteurs pour des crétins. Un exemple personnel : Princesse des os (Gulfstream, Courants noirs) se passe dans la Rome d'Hadrien. Il y est question des bas-fonds, de mariages arrangés et de prostitution (infantile ou non) : je ne décris rien. Je suggère, j'effleure à peine - ça suffit amplement. Et c'est peut-être ça écrire pour la jeunesse : apprendre à jouer avec les limites, se montrer subtil, suggérer...


La foule enchantée tente de se précipiter à bord. Elle ne pourra malheureusement accéder aux merveilleuses ressources du GGG, à ses fiches détaillées sur les éditeurs, qu'à partir du douze novembre. Les bons de commande se montrent, quant à eux, d'ores et déjà disponibles et vous pouvez vous les procurer en suivant ce lien : http://cocyclics.org/doc/Bon_de_commande_GGG.doc. Vous les appâterez sans difficulté avec des chèques, leur nourriture préférée.