Chers lecteurs et chères lectrices du blog, chères grenouilles,
La Mare grandit et évolue. Notre collectif est désormais bien connu du monde de l'édition au-delà de nos berges, nous avons une présence active sur les réseaux sociaux grâce à notre veille qui relaie les informations sur l'édition et les conseils d'écriture publiés un peu partout sur le Web. Nous avons également une chronique mensuelle sur le site ActuSF qui nous donne l'occasion de partager nos méthodes et informer les auteurs - publiés ou non - sur le monde de l'édition, l'écriture, etc. Nous avons réformé nos partenariats pour tenir compte de nos nouvelles relations avec les éditeurs.
Beaucoup de réussites (oui, oui, jetons-nous des fleurs de temps en temps :p ) et beaucoup de travail, aussi. En ce qui concerne notre bon vieux blog Tintama(r)re - qui allait bientôt souffler ses 7 bougies - nous ne pouvons plus assurer une présence suffisamment assidue. Un blog, tous ceux qui en ont un le savent, est extrêmement chronophage, cela demande très régulièrement de la matière, de l'investissement, et beaucoup de volontaires. Les nouvelles que relayait Tintama(r)re à destination des membres du Collectif pourront fort bien être postées directement sur le forum (bilans des cycles, des challenges, etc.). Quant aux articles plus ouverts sur le monde de l'édition, nous en relayons un certain nombre via le système de veille et nous en rédigerons d'autres de notre cru sur le site d'ActuSF.
Plusieurs grenouilles ont revêtu la casquette de rédactrice en chef de ce blog au fil des ans : Syven, Célia, Ermina, Garulfo et Hatsh, et nous leur sommes très reconnaissants. Merci à tous ceux et celles qui ont participé aux articles et aux interviews. Un merci tout particulier à Hatsh pour avoir tenu la barre cette dernière année.
Attention, nous ne fermons pas le blog pour autant, nous le mettons en sommeil provisoirement avec l'idée, peut-être, de le reprendre plus tard si les circonstances évoluent.
Merci de votre attention !
Les Permanents
dimanche 31 janvier 2016
dimanche 24 janvier 2016
2015 : le 9e bilan annuel des cycles CoCyclics !
Et voici le dernier bilan de l'année 2015 : celui des Cycles ! Merci à Conteuse et à l'équipe de modération des cycles d'avoir réalisé cet article et de veiller sur le travail des autres !
(Si par extraordinaire vous n'avez jamais entendu parler des cycles sur la mare, vous en trouverez les principes et le guide ici).
Neuf bilans annuels, déjà, pour parler de l'entraide entre auteurs SFFF telle que la pratique CoCyclics !
Neufs bilans annuels pour se réjouir de partager la volonté d'améliorer textes et histoires, malgré les doutes, malgré les difficultés, malgré le temps qui s'écoule, imperturbable.
Soyons clairs : les chiffres qui suivent n'ont aucune prétention de statistique. Ceux qui vivent l'envie d'écrire savent trop bien que chaque roman, chaque novella, est en soi un cas à part. Chaque auteur, chaque bêta-lecteur a son propre rythme, ses contraintes ou ses facilités personnelles. Les valeurs ci-dessous ne sont donc pas destinées à établir d'éventuelles prévisions ; les lignes de ce bilan n'ont pour vocation que de témoigner des efforts, des espoirs, des rêves, et surtout du travail et de la persévérance de celles et ceux qui se sont lancés dans l'aventure.
Du travail, dans les allées de CoCyclics, il n'en manque pas : vingt entrées en cycle ces deux dernières années, c'est autant d'auteurs et deux à quatre fois plus de bêtas-lecteurs qui se mobilisent sur chaque manuscrit.
De la persévérance, certes il y en a, quand les cycles se déploient sur des mois et parfois des années. Il y en a, quand, une fois l'estampille obtenue, ceux qui recherchent un éditeur persistent un an, deux ans, … voire plus de 5 ans, avant que leur espoirs ne se concrétisent.
Le bilan de ces neuf ans en bref ? 60 manuscrits étudiés, décortiqués, corrigés, repris, retravaillés. Mis bout à bout, les 40 cycles terminés à ce jour représentent une durée de travail de près de 54 ans…
Quels résultats, au final ? Les pages de Tintama(r)re témoignent souvent des expériences et des objectifs atteints lors des estampilles. Les auteurs qui s'engagent dans un cycle ont chacun leurs souhaits ; progression personnelle, qualité d'un texte, renforcement d'un thème particulier, …
Tous ne désirent pas être publiés après l'estampille. Et parmi ceux qui le souhaitent, certains ne le sont pas (pas encore). Cependant, sur les 40 cycles terminés (dont 5 n'ont l'estampille que depuis une poignée de mois), 27 ont déjà trouvé leur éditeur et font, ou feront bientôt, la joie de leurs lecteurs.
Si vous souhaitez vous faire par vous-même une idée des résultats de ces efforts, il vous suffit de faire votre choix dans la liste de ces publications (cliquer ici).
Créé en 2006, l'outil « Cycle » de CoCyclics a accueilli son 62ème manuscrit fin 2015. Depuis fin octobre, les règles à suivre sont celles de la version 3. Cette évolution conditionne, entre autres, les candidatures d'auteurs à une participation préalable en tant que bêta-lecteur, tout comme elle affine les principes de travail sur la phase III.
Le statut couleur « vert sapin » indispensable au travail en cycle compte désormais 91 grenouilles. Régulièrement, les estampilles saluent le travail mené à bien et de nouvelles soumissions augmentent le nombre d'écrits en étude : en 2015, avec 5 estampilles et 10 entrées, ce ne sont pas moins de 26 manuscrits qui ont alimenté les discussions entre auteurs et bêta-lecteurs. 44 grenouilles se sont succédées à leur chevet, tour à tour auteurs ou bêta-lecteurs, voir même investies dans l'équipe de suivi des cycles.
En effet, ne croyez pas que ceux qui se lancent dans un cycle CoCyclics soient isolés : une équipe dédiée veille. Discrets mais présents, ses membres assurent l'équilibre et le bon déroulement de chaque phase : bienvenue à Najdah et Amzil qui l'ont rejointe ces derniers mois.
Ce bilan ne serait pas complet sans un focus sur les dernières entrées en cycle ; sachez que l'automne 2015 a été fortement orientée fantasy, avec juste une touche de fantastique :
* Fantasy pour adultes avec La joueuse de vor de Têtard potté :
* Fantasy réaliste pour adultes avec Valadonne d'Amzil :
* Fantasy pour adultes avec Le Chant des disparus d'Ardawal :
* Medieval Fantasy pour jeunes adultes avec Le fils de l'Ange de La_louve :
* Fantastique pour jeunes adultes et adultes avec Le Cycle des Morts d'Arcane :
2016 sera-t-elle de la même eau que 2015 ?
Que réserve la nouvelle année aux nouveaux auteurs ?
Souhaitons qu'il s'agisse d'inspiration, de détermination, de partages, d'entraide, … et surtout de beaucoup de joies !
(Si par extraordinaire vous n'avez jamais entendu parler des cycles sur la mare, vous en trouverez les principes et le guide ici).
Neuf bilans annuels, déjà, pour parler de l'entraide entre auteurs SFFF telle que la pratique CoCyclics !
Neufs bilans annuels pour se réjouir de partager la volonté d'améliorer textes et histoires, malgré les doutes, malgré les difficultés, malgré le temps qui s'écoule, imperturbable.
Soyons clairs : les chiffres qui suivent n'ont aucune prétention de statistique. Ceux qui vivent l'envie d'écrire savent trop bien que chaque roman, chaque novella, est en soi un cas à part. Chaque auteur, chaque bêta-lecteur a son propre rythme, ses contraintes ou ses facilités personnelles. Les valeurs ci-dessous ne sont donc pas destinées à établir d'éventuelles prévisions ; les lignes de ce bilan n'ont pour vocation que de témoigner des efforts, des espoirs, des rêves, et surtout du travail et de la persévérance de celles et ceux qui se sont lancés dans l'aventure.
Du travail, dans les allées de CoCyclics, il n'en manque pas : vingt entrées en cycle ces deux dernières années, c'est autant d'auteurs et deux à quatre fois plus de bêtas-lecteurs qui se mobilisent sur chaque manuscrit.
De la persévérance, certes il y en a, quand les cycles se déploient sur des mois et parfois des années. Il y en a, quand, une fois l'estampille obtenue, ceux qui recherchent un éditeur persistent un an, deux ans, … voire plus de 5 ans, avant que leur espoirs ne se concrétisent.
Le bilan de ces neuf ans en bref ? 60 manuscrits étudiés, décortiqués, corrigés, repris, retravaillés. Mis bout à bout, les 40 cycles terminés à ce jour représentent une durée de travail de près de 54 ans…
Quels résultats, au final ? Les pages de Tintama(r)re témoignent souvent des expériences et des objectifs atteints lors des estampilles. Les auteurs qui s'engagent dans un cycle ont chacun leurs souhaits ; progression personnelle, qualité d'un texte, renforcement d'un thème particulier, …
Tous ne désirent pas être publiés après l'estampille. Et parmi ceux qui le souhaitent, certains ne le sont pas (pas encore). Cependant, sur les 40 cycles terminés (dont 5 n'ont l'estampille que depuis une poignée de mois), 27 ont déjà trouvé leur éditeur et font, ou feront bientôt, la joie de leurs lecteurs.
Si vous souhaitez vous faire par vous-même une idée des résultats de ces efforts, il vous suffit de faire votre choix dans la liste de ces publications (cliquer ici).
| (cliquer sur l'image pour l'afficher plus grand) |
Créé en 2006, l'outil « Cycle » de CoCyclics a accueilli son 62ème manuscrit fin 2015. Depuis fin octobre, les règles à suivre sont celles de la version 3. Cette évolution conditionne, entre autres, les candidatures d'auteurs à une participation préalable en tant que bêta-lecteur, tout comme elle affine les principes de travail sur la phase III.
Le statut couleur « vert sapin » indispensable au travail en cycle compte désormais 91 grenouilles. Régulièrement, les estampilles saluent le travail mené à bien et de nouvelles soumissions augmentent le nombre d'écrits en étude : en 2015, avec 5 estampilles et 10 entrées, ce ne sont pas moins de 26 manuscrits qui ont alimenté les discussions entre auteurs et bêta-lecteurs. 44 grenouilles se sont succédées à leur chevet, tour à tour auteurs ou bêta-lecteurs, voir même investies dans l'équipe de suivi des cycles.
En effet, ne croyez pas que ceux qui se lancent dans un cycle CoCyclics soient isolés : une équipe dédiée veille. Discrets mais présents, ses membres assurent l'équilibre et le bon déroulement de chaque phase : bienvenue à Najdah et Amzil qui l'ont rejointe ces derniers mois.
Ce bilan ne serait pas complet sans un focus sur les dernières entrées en cycle ; sachez que l'automne 2015 a été fortement orientée fantasy, avec juste une touche de fantastique :
* Fantasy pour adultes avec La joueuse de vor de Têtard potté :
Liott, jeune télépathe de cinq ans, est confié à la garde d'une duchesse qui se révèle être sa mère naturelle. Incapable de s'attacher à lui, elle va l'utiliser à des fins politiques. Lui, au contraire, n'aura bientôt plus qu'un seul but : se faire aimer de sa mère.
* Fantasy réaliste pour adultes avec Valadonne d'Amzil :
Aniélis, dix ans, voit les prêtres d'un pays étranger détruire son monde. Devenue femme, elle ne vit plus que pour nuire à ses ennemis. Au fond de l'abîme où l'entraîne la colère, sa haine vacillera-t-elle ?
* Fantasy pour adultes avec Le Chant des disparus d'Ardawal :
Après l'invasion meurtrière du pays des Chantants, Soali, une jeune rescapée, retrouve d'autres survivants. Avec l'aide d'une nation alliée, ils s'efforcent de régénérer leur peuple et de préserver le souvenir de leurs Ancêtres, gardiens du savoir et de la religion. Mais l'Écorce, une entité sournoise qui aspire à devenir le Dieu unique de l'humanité, utilise ses dons de manipulation pour les en empêcher.
* Medieval Fantasy pour jeunes adultes avec Le fils de l'Ange de La_louve :
Le peuple de Valone est épuisé par la guerre. Julian serait capable d'y mettre fin, si seulement il maîtrisait ses pouvoirs. Alors qu'il poursuit son entraînement dans un camp militaire, il prend sous son aile un jeune archer persécuté pour son homosexualité. Assumer leur relation naissante dans un monde machiste ne sera que le début du parcours, car déjà la guerre les rattrape.
* Fantastique pour jeunes adultes et adultes avec Le Cycle des Morts d'Arcane :
Dévastée par le décès de celui qu'elle aime, une jeune femme ressasse ses souvenirs dans un camping sans se rendre compte qu'on l'épie. Dans l'enceinte d'un fort proche de là, elle retrouve son amoureux perdu qui est bloqué entre la vie et la mort. Dès lors, une seule obsession la hante : le rejoindre. Échappera-t-elle à son attraction pour la mort ? Et pourquoi ce mystérieux campeur lui veut-il du mal ?
2016 sera-t-elle de la même eau que 2015 ?
Que réserve la nouvelle année aux nouveaux auteurs ?
Souhaitons qu'il s'agisse d'inspiration, de détermination, de partages, d'entraide, … et surtout de beaucoup de joies !
dimanche 17 janvier 2016
Bilan 2015 des Challenges 1er jet !
En 2015, la partie du forum consacrée aux Challenges 1er jet a de nouveau rencontré un franc succès ! Le principe est simple : il s'agit de terminer l'écriture de son roman ou de sa novella avant le 31 décembre. Les challengers ont la possibilité de poster des extraits, de faire part de leurs avancées, mais aussi de leurs doutes ou de leurs blocages, le tout dans la bonne humeur.
Répartis dans huit sections de travail, ils bénéficient d'une émulation propice à l'avancée de leur projet et reçoivent les encouragements des grenouilles sous le regard bienveillant des modérateurs challenges.
En 2015, 184 challenges ont été ouverts. Si le mois de janvier a enregistré le plus d'inscriptions, celles-ci se sont poursuivies tout au long de l'année. Certains challengers ont même enchaîné plusieurs projets à la suite, ce qui dénote leur attachement à cette ambiance particulièrement favorable à l'inspiration.
La fantasy a concerné une large part des challenges, mais les trois genres ont été représentés dans toute leur diversité.
Sur les 184 challenges ouverts, 54 ont été menés à terme, soit 5 de plus que l'an dernier. Bravo à leurs auteurs ! 72 challenges ont été suspendus, parfois pour laisser à leurs auteurs la possibilité de se lancer dans un autre challenge. Et sur les 58 challenges encore en cours d'achèvement, nombreux sont ceux que nous retrouvons en 2016 !
Les défis ont inspiré nombre de challengers : 39 d'entre eux ont participé à au moins un défi ! Bravo aux quatre auteurs qui ont relevé les cinq défis : La_Louve, Flume, Mani et Kinvara !
De la Saint-Valentin à la chasse aux esprits en passant par les vacances de la loose, chacun a pu y trouver son bonheur. Pour la première fois, un défi à quatre mains a été inauguré et a rencontré un vif succès : 18 challengers l'ont testé et ont pris plaisir à s'entraider afin de sortir d'une mauvaise posture l'un de leur héros.
Les parrainages et les marrainages ont de nouveau été l'occasion de créer des liens entre les grenouilles et ont largement contribué à la motivation des auteurs. Il s'agit d'accompagner plus particulièrement un ou des challenge(s) en motivant l'auteur et en suivant de près ses avancées. Comme les années passées, les parrainages ont donné naissance à de belles amitiés !
La toute nouvelle option prolongation, réclamée en 2014 par les challengers, a été expérimentée avec succès : sur les 54 challenges terminés, 25 en ont bénéficié.
En quoi cette option consiste-t-elle ? Elle offre la possibilité de clôturer en douceur son challenge en partageant ses avancées lors de la première phase de corrections. L'auteur peut ainsi continuer à poster des extraits, et surtout faire part de ses réflexions au fur et à mesure de la reprise de son texte : ce moment d'échanges avec celles et ceux qui ont suivi le challenge permet à l'auteur d'appréhender au mieux la phase parfois délicate de la relecture.
Autre nouveauté qui a vu le jour : la Taverne du Père NénuFou, sous l'impulsion de MadManu, qui depuis est devenu modérateur challenge.
Dans une ambiance détendue et très conviviale, les challengers s'y sont retrouvés pour fêter leurs avancées et déguster quelques spécialités virtuelles du Père NénuFou. Le principe est simple : lorsqu'une grenouille atteint un palier (10 ksec, 50 ksec, 100 ksec, 200 ksec, 350 ksec,...) sur son premier jet, elle est en droit d'échanger ces ksecs durement gagnés contre une commande servie par le Père NénuFou (ou par l'un de ses assistants).
Pour finir sur 2015, il y a eu du changement dans l'équipe des modérateurs challenges : Zela, Calirose, Kam'Ui et Ayalys ont repris leurs habits vert sapin. Aemarielle, Arcane, Llyana et MadManu ont rejoint Têtard Potté, Axelle C, Monsieur Loup, Cyberlune, Sunny et Aramis.
Vous retrouverez les huit sections inchangées. Les défis à deux ou parfois quatre mains se poursuivront également.
Vos fils habituels vous permettront de vous y retrouver facilement :
Au vu de son succès, l'option prolongation sera reconduite pour les challenges terminés en 2016. Afin de conserver l'esprit des challenges premier jet, elle sera limitée à trois mois. Tous les détails par ici.
De même, le Père NénuFou ouvrira à nouveau les portes de sa taverne pour vous accueillir.
Cette année, de nombreuses nouveautés vous attendent :
Nous avons hâte de vous accueillir à nouveau au sein de la section des challenges remise à neuf en tant qu'auteur ou simple lecteur. Que l'inspiration coule à flot en cette nouvelle année et que de nombreuses histoires voient le jour !
Signé : l'équipe de modération violette.
Répartis dans huit sections de travail, ils bénéficient d'une émulation propice à l'avancée de leur projet et reçoivent les encouragements des grenouilles sous le regard bienveillant des modérateurs challenges.
En 2015, 184 challenges ont été ouverts. Si le mois de janvier a enregistré le plus d'inscriptions, celles-ci se sont poursuivies tout au long de l'année. Certains challengers ont même enchaîné plusieurs projets à la suite, ce qui dénote leur attachement à cette ambiance particulièrement favorable à l'inspiration.
| Graphique n°1 : nombre de challenges ouverts par mois |
La fantasy a concerné une large part des challenges, mais les trois genres ont été représentés dans toute leur diversité.
| Graphique n°2 : un diagramme circulaire montrant la répartition entre Fantasy (106 challenges), la SF (41) et Fantastique (39) |
Sur les 184 challenges ouverts, 54 ont été menés à terme, soit 5 de plus que l'an dernier. Bravo à leurs auteurs ! 72 challenges ont été suspendus, parfois pour laisser à leurs auteurs la possibilité de se lancer dans un autre challenge. Et sur les 58 challenges encore en cours d'achèvement, nombreux sont ceux que nous retrouvons en 2016 !
| Graphique n°3 : diagramme circulaire qui montre la répartition entre les challenges en cours, suspendus et terminés, avec ou sans prolongation |
Au menu 2015
Les défis ont inspiré nombre de challengers : 39 d'entre eux ont participé à au moins un défi ! Bravo aux quatre auteurs qui ont relevé les cinq défis : La_Louve, Flume, Mani et Kinvara !
De la Saint-Valentin à la chasse aux esprits en passant par les vacances de la loose, chacun a pu y trouver son bonheur. Pour la première fois, un défi à quatre mains a été inauguré et a rencontré un vif succès : 18 challengers l'ont testé et ont pris plaisir à s'entraider afin de sortir d'une mauvaise posture l'un de leur héros.
Les parrainages et les marrainages ont de nouveau été l'occasion de créer des liens entre les grenouilles et ont largement contribué à la motivation des auteurs. Il s'agit d'accompagner plus particulièrement un ou des challenge(s) en motivant l'auteur et en suivant de près ses avancées. Comme les années passées, les parrainages ont donné naissance à de belles amitiés !
La toute nouvelle option prolongation, réclamée en 2014 par les challengers, a été expérimentée avec succès : sur les 54 challenges terminés, 25 en ont bénéficié.
En quoi cette option consiste-t-elle ? Elle offre la possibilité de clôturer en douceur son challenge en partageant ses avancées lors de la première phase de corrections. L'auteur peut ainsi continuer à poster des extraits, et surtout faire part de ses réflexions au fur et à mesure de la reprise de son texte : ce moment d'échanges avec celles et ceux qui ont suivi le challenge permet à l'auteur d'appréhender au mieux la phase parfois délicate de la relecture.
Autre nouveauté qui a vu le jour : la Taverne du Père NénuFou, sous l'impulsion de MadManu, qui depuis est devenu modérateur challenge.
Dans une ambiance détendue et très conviviale, les challengers s'y sont retrouvés pour fêter leurs avancées et déguster quelques spécialités virtuelles du Père NénuFou. Le principe est simple : lorsqu'une grenouille atteint un palier (10 ksec, 50 ksec, 100 ksec, 200 ksec, 350 ksec,...) sur son premier jet, elle est en droit d'échanger ces ksecs durement gagnés contre une commande servie par le Père NénuFou (ou par l'un de ses assistants).
Pour finir sur 2015, il y a eu du changement dans l'équipe des modérateurs challenges : Zela, Calirose, Kam'Ui et Ayalys ont repris leurs habits vert sapin. Aemarielle, Arcane, Llyana et MadManu ont rejoint Têtard Potté, Axelle C, Monsieur Loup, Cyberlune, Sunny et Aramis.
Au menu 2016
Vous retrouverez les huit sections inchangées. Les défis à deux ou parfois quatre mains se poursuivront également.
Vos fils habituels vous permettront de vous y retrouver facilement :
- Envie de vous lancer dans l'aventure ? C'est par ici !
- Un doute à propos du fonctionnement des challenges ? la F.A.Q vous attend.
- Tenté par l'idée de parrainer/marrainer un challenge ? Venez par là !
Au vu de son succès, l'option prolongation sera reconduite pour les challenges terminés en 2016. Afin de conserver l'esprit des challenges premier jet, elle sera limitée à trois mois. Tous les détails par ici.
De même, le Père NénuFou ouvrira à nouveau les portes de sa taverne pour vous accueillir.
Cette année, de nombreuses nouveautés vous attendent :
- Le fil des consignes et tutos vous guidera précieusement tout au long de votre challenge.
- Un doute sur les commentaires que vous pouvez poster dans les challenges ? Le Petit tutoriel du lecteur de challenge sera fait pour vous.
- Vous retrouverez des conseils pour animer votre challenge dans le fil initié par des grenouilles l'an dernier.
- Chaque mois, L'Écho des challenges, votre newsletter, présentera les nouveaux challenges ainsi que ceux qui ont été achevés.
- Une section sera tirée au sort et mise à l'honneur toutes les 3 semaines, nous vous en dirons plus courant février.
- Le Blabla du comptoir évolue et devient Inter-sections : ce sera l'occasion de papoter, mais aussi de réagir au sujet de l'actualité des challenges et des discussions lancées par les modérateurs.
- Une ou plusieurs chasses au trésor seront organisées : vous partirez à la recherche d'indices glissés dans les challenges et tenterez de résoudre des énigmes.
Nous avons hâte de vous accueillir à nouveau au sein de la section des challenges remise à neuf en tant qu'auteur ou simple lecteur. Que l'inspiration coule à flot en cette nouvelle année et que de nombreuses histoires voient le jour !
Signé : l'équipe de modération violette.
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dimanche 10 janvier 2016
Bilan 2015 du challenge 1 mois / 1 nouvelle
Né en 2014 sous les auspices de Tesha Garisaki, le challenge 1 mois/ une nouvelle propose aux participants de réussir à écrire une nouvelle par mois, soit douze nouvelles par an. On y retrouve l'idée de Ray Bradbury, en plus douce puisqu'il proposait d'écrire une nouvelle par semaine, mais surtout l'idée d'encouragements et d'émulation. Fort de son succès en 2014, avec 26 participants (dont 24 survivants) pour 138 nouvelles, le challenge a été reconduit en 2015 sous la houlette de Booz et des modérateurs de la section du forum consacrée aux nouvelles : Atar, Nariel et Solar Flare, qui nous ont concocté ce bilan.
Après une année de courage et de travail acharné nous pouvons donc saluer les vingt-quatre grenouilles nouvellistes qui n'ont pas hésité à relever le challenge « 1 mois, 1 nouvelle ». Bravo à tous les participants pour les 109 nouvelles écrites durant l'année, soit un peu plus de quatre nouvelles par personne si l'on fait la moyenne.
En réalité, seuls deux participants ont franchi la ligne d'arrivée des douze nouvelles : Dravic (avec 17 nouvelles !) et Thewakwaktree, mais tous les efforts valent la peine d'être salués.
Après une première édition en demi-teinte avec la moitié de l'objectif rempli, Dravic a pulvérisé le score cette année, dans l'objectif de réaliser un recueil de nouvelles. L'année prochaine, Dravic la dédiera aux corrections de son roman, « néanmoins, c'est un bon exercice que je conseille à tous, c'est plus facile de travailler de la nouvelle avec un objectif (ici remplir les mois) et s'exercer sur des textes courts permet de cibler ses défauts récurrents qui sont un peu noyés dans les romans. » Si bien qu'il est possible de revoir Dravic dans le challenge 2017 !
Pour Thewakwaktree, le challenge est « tout sauf un exercice facile et anodin. En m'inscrivant je pensais que c'était juste un truc pour compter le nombre de nouvelles que je pouvais écrire dans une année, et puis le jeu c'est installé et j'ai bouclé mes deux derniers textes avec l'énergie du désespoir. » 2016 nous dira combien auront été retenues, même si l'une d'elle est déjà publiée dans le Lanfeust Mag de l'été 2015, et que deux autres ont été sélectionnées ! 2016 sera aussi une année de repos, « mais qu'est-ce que c'était fun ! »
C.R., trop prise par sa vie personnelle, a délaissé CoCyclics, mais la plupart de ses nouvelles de 2015 seront publiées ! Et elle termine le challenge in extremis avec douze nouvelles !
Avec 9 nouvelles, dont plusieurs sélectionnées pour publication, Vestrit n'était pas bien loin de remporter le challenge, mais le manque de temps l'a vaincue. Cela ne l'empêchera pas de renouveler le défi l'an prochain, puisqu'elle le trouve sympathique.
TerhiSchram atteint le même score de 9, tandis qu'Atar et CeGu suivent avec 8, CHANY avec 7 et Takisys avec 6 nouvelles.
En dessous de la barre des 6, Anita, Arcane, Booz, Celia, Delacroix, Eleven, Flume, Firenze le Diadoque, Maspalio, Mémoiredutemps, Monsieur Loup, Nariel Limbaear, Nath, Nelerys, NynaMouskoury, que nous espérons vivement revoir l'an prochain, et qui exploseront le compteur !
Encore bravo à tous les courageux participants et à très bientôt pour le challenge 1 mois / 1 nouvelle 2016 !
Après une année de courage et de travail acharné nous pouvons donc saluer les vingt-quatre grenouilles nouvellistes qui n'ont pas hésité à relever le challenge « 1 mois, 1 nouvelle ». Bravo à tous les participants pour les 109 nouvelles écrites durant l'année, soit un peu plus de quatre nouvelles par personne si l'on fait la moyenne.
En réalité, seuls deux participants ont franchi la ligne d'arrivée des douze nouvelles : Dravic (avec 17 nouvelles !) et Thewakwaktree, mais tous les efforts valent la peine d'être salués.
Après une première édition en demi-teinte avec la moitié de l'objectif rempli, Dravic a pulvérisé le score cette année, dans l'objectif de réaliser un recueil de nouvelles. L'année prochaine, Dravic la dédiera aux corrections de son roman, « néanmoins, c'est un bon exercice que je conseille à tous, c'est plus facile de travailler de la nouvelle avec un objectif (ici remplir les mois) et s'exercer sur des textes courts permet de cibler ses défauts récurrents qui sont un peu noyés dans les romans. » Si bien qu'il est possible de revoir Dravic dans le challenge 2017 !
Pour Thewakwaktree, le challenge est « tout sauf un exercice facile et anodin. En m'inscrivant je pensais que c'était juste un truc pour compter le nombre de nouvelles que je pouvais écrire dans une année, et puis le jeu c'est installé et j'ai bouclé mes deux derniers textes avec l'énergie du désespoir. » 2016 nous dira combien auront été retenues, même si l'une d'elle est déjà publiée dans le Lanfeust Mag de l'été 2015, et que deux autres ont été sélectionnées ! 2016 sera aussi une année de repos, « mais qu'est-ce que c'était fun ! »
C.R., trop prise par sa vie personnelle, a délaissé CoCyclics, mais la plupart de ses nouvelles de 2015 seront publiées ! Et elle termine le challenge in extremis avec douze nouvelles !
Avec 9 nouvelles, dont plusieurs sélectionnées pour publication, Vestrit n'était pas bien loin de remporter le challenge, mais le manque de temps l'a vaincue. Cela ne l'empêchera pas de renouveler le défi l'an prochain, puisqu'elle le trouve sympathique.
TerhiSchram atteint le même score de 9, tandis qu'Atar et CeGu suivent avec 8, CHANY avec 7 et Takisys avec 6 nouvelles.
En dessous de la barre des 6, Anita, Arcane, Booz, Celia, Delacroix, Eleven, Flume, Firenze le Diadoque, Maspalio, Mémoiredutemps, Monsieur Loup, Nariel Limbaear, Nath, Nelerys, NynaMouskoury, que nous espérons vivement revoir l'an prochain, et qui exploseront le compteur !
Encore bravo à tous les courageux participants et à très bientôt pour le challenge 1 mois / 1 nouvelle 2016 !
vendredi 1 janvier 2016
Nouvel An et rencontre avec Pierre Bordage !
Pour ce Nouvel An 2016, l'équipe Tintama(r)re a le plaisir de vous offrir le compte-rendu d'un évènement organisé par Tremplins de l'Imaginaire !
Le samedi 24 janvier 2015, Pierre Bordage est venu à la rencontre de CoCyclics pour une conférence-débat au Tea Corner, un salon de thé bien connu des membres du collectif, situé dans le 1er arrondissement de Paris. Ermina vous a retranscrit en détail ses notes des discussions tenues, merci à elle ! Et merci à Pierre Bordage d'avoir gracieusement accepté leur publication !
Pierre Bordage : Je travaille le jour à partir de huit heures environ jusqu'à dix-huit heures avec une pause déjeuner et éventuellement une balade. Au cours d'une journée type, je produis dix pages. J'en discute avec des collègues auteurs et ils n'ont pas le même rythme. Il y en a qui travaillent la nuit, d'autres seulement dans les endroits bruyants ou dans des lieux silencieux.
Et après l'écriture ?
Je relis le chapitre sur ordinateur, imprime, corrige au crayon. Viennent ensuite la relecture globale sous format électronique et sur papier. Après une dernière relecture sous format électronique, j'envoie ensuite directement à l'éditeur.
J'ai toujours un projet d'avance. À chaque projet, il y a nouveau défi : il faut trouver l'angle de la plongée. J'ai des projets très anciens, que je n'ai pas pu exploiter. Le feu de dieu a été écrit 12 ans après avoir eu l'idée.
Est-ce que vous connaissez la fin ?
Pour certains projets oui, mais souvent, je tombe à côté. Ou alors, je ne la connais pas et ne sais même pas ce qu'il y aura dans le chapitre suivant. Je suis un scripturant, un jardinier pur qui regarde pousser. J'ai besoin d'être surpris par mes personnages. J'en ai qui meurent alors que je ne l'avais pas prévu.
J'ai aussi des idées globales comme Wang, mais les chemins pour aller à la fin sont différents de ce que j'avais imaginé. Dans Roel, j'ai voulu imposer ma volonté, mais en cinquante pages, j'ai tué le roman. Ma nature est d'être jardinier.
[NDLR] Quand les auteurs « architectes » planifient en détail leur histoire avant de se lancer dans l'écriture, les « jardiniers » n'ont aucun plan ou seulement des idées globales.
Pour Abzalon, c'était un personnage. Pour Wang, c'était un univers. Pour les Guerriers du silence, je suis parti d'un personnage qui ne peut pas voyager et qui noie son ennui dans l'alcool. Pour Résonances, c'est une femme dans l'espace entièrement voilée. Si on la voit, elle risque d'être répudiée. Si quelqu'un la voit, il est condamné à mort. Je voulais faire un clash entre l'ultra-technologique et l'archaïsme.
Comment trouvez-vous vos titres ?
Quand je trouve un titre, je suis content. Il peut me venir en cours d'écriture ou après : par exemple, pour Ceux qui sauront, chez Flammarion, c'est l'éditeur qui l'a trouvé.
Donnez-vous tout le temps le pitch ?
J'ai l'impression de m'emprisonner en faisant un pitch, mais les éditeurs ont besoin de préparer la pub du roman avant.
Je n'aime pas plus le faire après l'écriture. Un résumé, c'est plat. On ne restitue pas l'atmosphère du livre. Les quatrièmes de couvertures sont compliquées à faire, je suis incapable d'en faire. L'éditeur me demande des éléments et trie dedans.
Si le personnage vous emmène vraiment très loin, que se passe-t-il ?
Alors, je dis qu'il y a deux volumes. Les éditeurs n'aiment pas les trilogies, car la déperdition de lecteurs est de plus en plus importante avec les tomes. Mais sur un dyptique, il n'y a pas de perte.
Avez-vous déjà été coincé en cours d'écriture ?
Oui, il m'arrive même de me coucher sans savoir ce qui va arriver ensuite, mais le problème se dénoue d'une façon étonnante par l'écriture. Je n'ai pas l'impression d'être l'auteur du livre, mais celui qui le recueille, comme un accoucheur qui recueille un bébé. Moins je mets de moi, mieux le livre se porte. Mon boulot c'est de l'accueillir par l'écriture.
En vous écoutant, on a l'impression que ça va tout seul, mais vous avez un univers construit et on sent que vous avez réfléchi avant.
L'inspiration vient de mes lectures, mais les modes de narration sont en moi. Il y a une sorte de spontanéité. Le livre se nourrit aussi de moi et de mes propres préoccupations. J'ai l'impression que c'est une ancre, un sang qui sort de l'auteur. Donc, quand je commence un roman, je n'ai pas de notes, juste un cahier pour écrire les noms des personnages et des planètes. Je fais une chronologie, car je suis parfois perdu.
Quand vous avez besoin de faire des recherches, vous les faites au fil de l'écriture ?
Pour un roman, il m'a fallu quatre mois de recherches pures sans écrire. J'ai rempli des cahiers, je suis retourné à l'école. Mais je me noyais dans les recherches. Habituellement, je pars avec les personnages, je construis leur parcours. Je fais les recherches au fur et à mesure.
Vous écrivez tout dans l'ordre ?
Oui. Beaucoup de structurants purs ont des problèmes avec l'écriture qui devient douloureuse : il faut mettre de la chair à une charpente. Le jardinier a le plaisir d'être entraîné avec l'écriture. Mais chacun a sa manière de faire. Il faut suivre sa voie à soi. À vous de trouver votre propre fonctionnement, n'imitez personne. L'écriture est une musique personnelle, c'est ce qui fait sa richesse.
Vous prenez des vacances avec tous ces projets ?
Je m'impose quinze jours de vacances entre chaque livre. Je m'occupe de mon jardin, je regarde des conneries à la télé. Je pense que pour regagner la fraîcheur, il faudrait deux mois.
Je fais une première correction au crayon. Après, je l'envoie à l'éditeur qui met un mois pour lire. La réponse passe par un coup de fil. Puis, je reçois le manuscrit avec les annotations. Un bon éditeur est celui qui souligne pour dire : est-ce que tu peux trouver mieux ? Ce n'est pas celui qui impose. Je corrige ou pas si je ne suis pas d'accord. Cela prend une journée, deux pour les gros romans : ce sont surtout des corrections stylistiques. Tout va très vite quand il n'y a pas de problème de fond. J'essaie de voir le livre comme une partition sur lequel il doit y avoir le moins de fausses notes possible.
Est-ce que vous aviez autant de correction au début ?
Mon premier roman, c'est Les guerriers du silence. Il a connu beaucoup de péripéties. Je l'ai envoyé l'Atalante. En général, quand vous êtes accepté, on vous appelle. L'éditeur m'a appelé et a dit : « c'est bourré de défauts ! ». Il fallait mieux définir les méchants : les bons méchants font les bons romans. Au bout de vingt minutes, je lui demande ce qu'il veut. « Le publier bien sûr ». J'ai dit : « D'accord, mais je le réécris ». Je voyais beaucoup de défauts et il y avait des naïvetés. Je l'ai réécrit huit ans après, puis j'ai fait les dernières corrections chez l'Atalante, ce qui a duré deux jours.
Pour Abzalon, l'éditeur venait chercher les chapitres chez moi. J'étais très en retard. À force de le relire, je ne vois que des défauts et j'ai eu besoin de plusieurs mois pour retrouver de la fraîcheur.
Oui. J'ai l'impression que dans la vie, il y a une sorte de destin. Les portes s'ouvrent et se ferment. J'ai écrit Les guerriers du silence à 30 ans, j'ai été publié à 38 ans. C'est resté fermé pendant longtemps et j'avais l'impression que ça ne pouvait pas s'ouvrir. Au début, j'envoyais certes aux mauvais éditeurs, et c'était une erreur. Je ne connaissais pas le milieu, j'ignorais qui étaient les éditeurs de science-fiction et de fantasy. J'étais journaliste sportif. Un jour, j'ai aperçu les romans de l'Atalante en descendant au Virgin et j'ai vu que je connaissais le traducteur des Chroniques d'Alvin le faiseur [NDLR : d'Orson Scott Card]. Je l'ai appelé et je lui ai parlé de mon manuscrit en lui demandant si je pouvais l'envoyer. Il en a parlé à Pierre Michaud [NDLR : le fondateur de l'Atalante].
Il y a cinq étapes :
Est-ce que vous pensez qu'on peut faire carrière, de nos jours ?
Il faut toujours le croire, car ça ne vous appartient pas. Oui, on peut. Moi, je vis purement de l'écriture depuis vingt-deux ans. Il faut tout faire avec son cœur et son énergie et on verra ensuite. Il n'y a aucune porte fermée sur rien.
Je lis surtout sur papier, mais je ne peux pas l'ignorer, car il est incontournable. Il n'y a pas d'opposition entre ces deux supports, ils sont complémentaires. Le numérique fait aussi vendre du papier.
En tant qu'auteur, est-ce que le numérique a changé vos habitudes ?
Je ne pense pas. L'écriture est une musique qui jaillit, quel que soit le support. Je n'écris plus à la main maintenant. Quand j'ai été assez à l'aise au clavier, j'y suis passé entièrement. Il faut seulement que rien n'interrompt l'écriture.
Que pensez-vous de l'autopublication numérique ?
Il y a une masse importante d'autopublications numériques. Avec l'autoédition, on n'a pas assez de recul.
Sans bornes, comment on va faire pour se repérer ? Si le manuscrit a été refusé par l'éditeur, ce n'est pas pour rien. Comment sortir de la masse si on a un manuscrit un peu meilleur ? Il faut un label qui garantisse la qualité. Sur Amazon, on s'auto-achète pour se retrouver dans le top.
Des éditeurs comme l'Atalante ont réfléchi sur l'édition numérique, mais on ne fait pas des milliers de ventes. Le feuilleton fonctionne avec six ou dix épisodes qui ne doivent pas être trop chers. Des gens disent qu'on peut enrichir le numérique d'images et de vidéo, mais il ne concurrencera pas le jeu vidéo. C'est un moyen de découvrir le texte pur, le seul qui développe l'imaginaire.
Vous lisez ?
J'essaie. Je lis de tout. En ce moment, je lis un gros traité de mythologie du monde. Je rencontre des auteurs dans des salons et on s'échange nos romans.
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| Bonne année 2016 ! |
Le samedi 24 janvier 2015, Pierre Bordage est venu à la rencontre de CoCyclics pour une conférence-débat au Tea Corner, un salon de thé bien connu des membres du collectif, situé dans le 1er arrondissement de Paris. Ermina vous a retranscrit en détail ses notes des discussions tenues, merci à elle ! Et merci à Pierre Bordage d'avoir gracieusement accepté leur publication !
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| ©Laurence Honnorat |
MÉTHODES D'ÉCRITURE
Question : Quelle est la journée type d'un écrivain professionnel ?Pierre Bordage : Je travaille le jour à partir de huit heures environ jusqu'à dix-huit heures avec une pause déjeuner et éventuellement une balade. Au cours d'une journée type, je produis dix pages. J'en discute avec des collègues auteurs et ils n'ont pas le même rythme. Il y en a qui travaillent la nuit, d'autres seulement dans les endroits bruyants ou dans des lieux silencieux.
Et après l'écriture ?
Je relis le chapitre sur ordinateur, imprime, corrige au crayon. Viennent ensuite la relecture globale sous format électronique et sur papier. Après une dernière relecture sous format électronique, j'envoie ensuite directement à l'éditeur.
J'ai toujours un projet d'avance. À chaque projet, il y a nouveau défi : il faut trouver l'angle de la plongée. J'ai des projets très anciens, que je n'ai pas pu exploiter. Le feu de dieu a été écrit 12 ans après avoir eu l'idée.
Est-ce que vous connaissez la fin ?
Pour certains projets oui, mais souvent, je tombe à côté. Ou alors, je ne la connais pas et ne sais même pas ce qu'il y aura dans le chapitre suivant. Je suis un scripturant, un jardinier pur qui regarde pousser. J'ai besoin d'être surpris par mes personnages. J'en ai qui meurent alors que je ne l'avais pas prévu.
J'ai aussi des idées globales comme Wang, mais les chemins pour aller à la fin sont différents de ce que j'avais imaginé. Dans Roel, j'ai voulu imposer ma volonté, mais en cinquante pages, j'ai tué le roman. Ma nature est d'être jardinier.
[NDLR] Quand les auteurs « architectes » planifient en détail leur histoire avant de se lancer dans l'écriture, les « jardiniers » n'ont aucun plan ou seulement des idées globales.
LES PROJETS
Quand vous construisez un projet, qu'est-ce qui est au centre ?Pour Abzalon, c'était un personnage. Pour Wang, c'était un univers. Pour les Guerriers du silence, je suis parti d'un personnage qui ne peut pas voyager et qui noie son ennui dans l'alcool. Pour Résonances, c'est une femme dans l'espace entièrement voilée. Si on la voit, elle risque d'être répudiée. Si quelqu'un la voit, il est condamné à mort. Je voulais faire un clash entre l'ultra-technologique et l'archaïsme.
Comment trouvez-vous vos titres ?
Quand je trouve un titre, je suis content. Il peut me venir en cours d'écriture ou après : par exemple, pour Ceux qui sauront, chez Flammarion, c'est l'éditeur qui l'a trouvé.
Donnez-vous tout le temps le pitch ?
J'ai l'impression de m'emprisonner en faisant un pitch, mais les éditeurs ont besoin de préparer la pub du roman avant.
Je n'aime pas plus le faire après l'écriture. Un résumé, c'est plat. On ne restitue pas l'atmosphère du livre. Les quatrièmes de couvertures sont compliquées à faire, je suis incapable d'en faire. L'éditeur me demande des éléments et trie dedans.
Si le personnage vous emmène vraiment très loin, que se passe-t-il ?
Alors, je dis qu'il y a deux volumes. Les éditeurs n'aiment pas les trilogies, car la déperdition de lecteurs est de plus en plus importante avec les tomes. Mais sur un dyptique, il n'y a pas de perte.
Avez-vous déjà été coincé en cours d'écriture ?
Oui, il m'arrive même de me coucher sans savoir ce qui va arriver ensuite, mais le problème se dénoue d'une façon étonnante par l'écriture. Je n'ai pas l'impression d'être l'auteur du livre, mais celui qui le recueille, comme un accoucheur qui recueille un bébé. Moins je mets de moi, mieux le livre se porte. Mon boulot c'est de l'accueillir par l'écriture.
En vous écoutant, on a l'impression que ça va tout seul, mais vous avez un univers construit et on sent que vous avez réfléchi avant.
L'inspiration vient de mes lectures, mais les modes de narration sont en moi. Il y a une sorte de spontanéité. Le livre se nourrit aussi de moi et de mes propres préoccupations. J'ai l'impression que c'est une ancre, un sang qui sort de l'auteur. Donc, quand je commence un roman, je n'ai pas de notes, juste un cahier pour écrire les noms des personnages et des planètes. Je fais une chronologie, car je suis parfois perdu.
Quand vous avez besoin de faire des recherches, vous les faites au fil de l'écriture ?
Pour un roman, il m'a fallu quatre mois de recherches pures sans écrire. J'ai rempli des cahiers, je suis retourné à l'école. Mais je me noyais dans les recherches. Habituellement, je pars avec les personnages, je construis leur parcours. Je fais les recherches au fur et à mesure.
Vous écrivez tout dans l'ordre ?
Oui. Beaucoup de structurants purs ont des problèmes avec l'écriture qui devient douloureuse : il faut mettre de la chair à une charpente. Le jardinier a le plaisir d'être entraîné avec l'écriture. Mais chacun a sa manière de faire. Il faut suivre sa voie à soi. À vous de trouver votre propre fonctionnement, n'imitez personne. L'écriture est une musique personnelle, c'est ce qui fait sa richesse.
Vous prenez des vacances avec tous ces projets ?
Je m'impose quinze jours de vacances entre chaque livre. Je m'occupe de mon jardin, je regarde des conneries à la télé. Je pense que pour regagner la fraîcheur, il faudrait deux mois.
LA NOUVELLE
Pierre Bordage : Je ne suis pas très nouvelle. J'ai commencé par le roman alors que l'univers de la SFFF est amateur de nouvelles. Pour écrire une nouvelle, il faut que je sois poussé à le faire et je reporte jusqu'au bout. Une fois devant l'ordinateur, je ne sais pas ce que je vais faire. La nouvelle, c'est de la mécanique de précision. Il n'y a pas d'investissement émotionnel à la différence du roman. Dans mes romans, j'ai des fins positives, mais pas dans les nouvelles qui permettent de libérer mes instincts sadiques.LES CORRECTIONS
Comment procédez-vous pour les corrections ?Je fais une première correction au crayon. Après, je l'envoie à l'éditeur qui met un mois pour lire. La réponse passe par un coup de fil. Puis, je reçois le manuscrit avec les annotations. Un bon éditeur est celui qui souligne pour dire : est-ce que tu peux trouver mieux ? Ce n'est pas celui qui impose. Je corrige ou pas si je ne suis pas d'accord. Cela prend une journée, deux pour les gros romans : ce sont surtout des corrections stylistiques. Tout va très vite quand il n'y a pas de problème de fond. J'essaie de voir le livre comme une partition sur lequel il doit y avoir le moins de fausses notes possible.
Est-ce que vous aviez autant de correction au début ?
Mon premier roman, c'est Les guerriers du silence. Il a connu beaucoup de péripéties. Je l'ai envoyé l'Atalante. En général, quand vous êtes accepté, on vous appelle. L'éditeur m'a appelé et a dit : « c'est bourré de défauts ! ». Il fallait mieux définir les méchants : les bons méchants font les bons romans. Au bout de vingt minutes, je lui demande ce qu'il veut. « Le publier bien sûr ». J'ai dit : « D'accord, mais je le réécris ». Je voyais beaucoup de défauts et il y avait des naïvetés. Je l'ai réécrit huit ans après, puis j'ai fait les dernières corrections chez l'Atalante, ce qui a duré deux jours.
Pour Abzalon, l'éditeur venait chercher les chapitres chez moi. J'étais très en retard. À force de le relire, je ne vois que des défauts et j'ai eu besoin de plusieurs mois pour retrouver de la fraîcheur.
L'ÉDITION
Vous avez eu du mal à être édité ?Oui. J'ai l'impression que dans la vie, il y a une sorte de destin. Les portes s'ouvrent et se ferment. J'ai écrit Les guerriers du silence à 30 ans, j'ai été publié à 38 ans. C'est resté fermé pendant longtemps et j'avais l'impression que ça ne pouvait pas s'ouvrir. Au début, j'envoyais certes aux mauvais éditeurs, et c'était une erreur. Je ne connaissais pas le milieu, j'ignorais qui étaient les éditeurs de science-fiction et de fantasy. J'étais journaliste sportif. Un jour, j'ai aperçu les romans de l'Atalante en descendant au Virgin et j'ai vu que je connaissais le traducteur des Chroniques d'Alvin le faiseur [NDLR : d'Orson Scott Card]. Je l'ai appelé et je lui ai parlé de mon manuscrit en lui demandant si je pouvais l'envoyer. Il en a parlé à Pierre Michaud [NDLR : le fondateur de l'Atalante].
Il y a cinq étapes :
- Est-ce que vous aimez raconter les histoires ?
- Est-ce que vous pouvez aller au bout ?
- Est-ce que vous allez plaire à un éditeur ?
- Est-ce que vous allez plaire aux lecteurs ?
- Est-ce que vous allez vendre assez de livres pour faire gagner de l'argent à l'éditeur et en publier un autre ?
Est-ce que vous pensez qu'on peut faire carrière, de nos jours ?
Il faut toujours le croire, car ça ne vous appartient pas. Oui, on peut. Moi, je vis purement de l'écriture depuis vingt-deux ans. Il faut tout faire avec son cœur et son énergie et on verra ensuite. Il n'y a aucune porte fermée sur rien.
LE NUMÉRIQUE
Que pensez-vous du numérique ?Je lis surtout sur papier, mais je ne peux pas l'ignorer, car il est incontournable. Il n'y a pas d'opposition entre ces deux supports, ils sont complémentaires. Le numérique fait aussi vendre du papier.
En tant qu'auteur, est-ce que le numérique a changé vos habitudes ?
Je ne pense pas. L'écriture est une musique qui jaillit, quel que soit le support. Je n'écris plus à la main maintenant. Quand j'ai été assez à l'aise au clavier, j'y suis passé entièrement. Il faut seulement que rien n'interrompt l'écriture.
Que pensez-vous de l'autopublication numérique ?
Il y a une masse importante d'autopublications numériques. Avec l'autoédition, on n'a pas assez de recul.
Sans bornes, comment on va faire pour se repérer ? Si le manuscrit a été refusé par l'éditeur, ce n'est pas pour rien. Comment sortir de la masse si on a un manuscrit un peu meilleur ? Il faut un label qui garantisse la qualité. Sur Amazon, on s'auto-achète pour se retrouver dans le top.
Des éditeurs comme l'Atalante ont réfléchi sur l'édition numérique, mais on ne fait pas des milliers de ventes. Le feuilleton fonctionne avec six ou dix épisodes qui ne doivent pas être trop chers. Des gens disent qu'on peut enrichir le numérique d'images et de vidéo, mais il ne concurrencera pas le jeu vidéo. C'est un moyen de découvrir le texte pur, le seul qui développe l'imaginaire.
Vous lisez ?
J'essaie. Je lis de tout. En ce moment, je lis un gros traité de mythologie du monde. Je rencontre des auteurs dans des salons et on s'échange nos romans.
EN CONCLUSION
Pierre Bordage : En résumé, ne vous laissez jamais décourager et faites-vous confiance, le reste ne vous appartient pas.
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lundi 28 décembre 2015
Les Baleines célestes d'Elodie Serrano
Après la fin de son cycle et avoir obtenu l'estampille CoCyclics, Élodie Serrano a accepté de répondre aux questions concoctées par illiane pour Tintama(r)re.
[Pour un petit rappel du fonctionnement des cycles, c'est par ici !]
Bonjour Élodie : félicitations pour ta fin de cycle !
Merci, il était temps que je termine.
Tout d'abord, est-ce que tu peux nous pitcher un peu ton roman, les Baleines célestes ?
Oui, bien sûr :
Quelles ont été tes inspirations sur ce projet, autant littéraires que visuelles ?
Hum, la réponse risque d'être décevante.
Je n'ai pas vraiment eu d'inspiration directe. Les deux points de départ ont été l'envie de parler d'un groupe de personnages un peu boulets, un équipage maladroit qui voguerait de bêtise en bêtise. Puis le titre m'a sauté dessus, les Baleines célestes. Je trouvais cette idée d'une créature si massive qui volerait dans l'espace fascinante et merveilleuse. Ensuite, j'ai travaillé à réunir les deux idées qui ne semblaient pas forcément aller en ensemble en premier lieu.
Ce n'est qu'après avoir écrit mon roman que je n'ai découvert que les baleines de l'espace, c'est assez populaire comme idée en fait. Comme par exemple dans un épisode de Docteur Who, ou pas mal d'illustrations (l'une de mes alpha-lectrice ne manque jamais de me les faire découvrir quand elle en trouve une).
Ton roman a obtenu l'estampille CoCyclics en octobre dernier. Comment s'est déroulé ton cycle ? Y a-t-il une phase que tu as préférée ? Quelle a été ta méthode de travail au cours de ton cycle ?
Ce fut long (deux ans, soit deux fois plus long que ce que j'anticipais en termes de durée) et difficile.
Quand j'écris un texte, je suis assez fière du résultat, toujours. Puis quand on me dit ce qu'il ne va pas, je tombe dans l'excès inverse, soit de penser que c'est vraiment nul. Du coup, mon cycle a consisté à osciller entre fierté du travail accompli quand j'ai soumis et terminé les P2 et P4, et déprime intense face aux retours de P1 et P3, où je considérait au final que c'était vraiment bon à jeter. Je suis assez extrême dans l'émotion je pense.
Ma phase préférée a été la P2. J'ai pas mal refondu le texte, supprimé des scènes, ajouté de nouvelles. Un travail de gros œuvre qui a su laisser libre cours à ma créativité pour trouver des solutions aux problèmes soulevés. Cet aspect était moins présent en P4, où j'ai du travailler plus dans le détail, un travail d'orfèvre qui n'est pas vraiment ma tasse de thé, même s'il faut bien en passer par là.
Pour la méthode de travail, j'ai commencé par relire mon roman en début de P2, pour me construire un scène-à-scène sous Excel. Ainsi, en P2 comme en P4, j'ai pu créer une nouvelle fiche et noter sur chaque scène le sort qui lui serait réservé en fonction des remarques de mes bêtas/alphas. Une fois établi mon plan d'attaque, je n'avais plus qu'à m'y atteler, scène à scène. Je pense que cette méthode est plutôt efficace pour moi et je la conserverais pour mes prochains romans.
Dans ton roman, Nathan est un naturaliste passionné par les baleines célestes. Est-ce que ce personnage t'as été inspiré par ta propre passion des animaux ?
Pas le moins du monde.
Nathan est arrivé dans l'histoire comme personnage outil. Un spécialiste de l'espèce qui ne devait, au début, que servir à apporter quelques informations sur les baleines, histoire de ne pas lancer l'équipage trop à l'aveugle dans leur course-poursuite de la créature.
Puis il a pris de l'ampleur bien malgré moi, et gagné son propre point de vue en phase de P2. Pour tout dire, il a fini par surpasser dans mon cœur un autre des personnages du trio principal, Conrad.
Par contre, il est clair que je me suis projeté dans le personnage, pour le côté curieux, scientifique passionné par le vivant, parfois un peu en décalage. Mais pas plus que je n'ai donné à Alexandra certains de mes traits. Même Conrad a bien du prendre de moi, quelque part. J'imagine.
Ton roman appartient à un style un peu inhabituel vu qu'il s'agit d'un space-opera humoristique. N'a-t-il pas été trop difficile de mêler les deux genres ?
Ce n'est pas tant l'aspect space-opera que l'action qui pose souci.
L'introduction d'humour reste délicat, car si l'on veut faire rire, on ne peut pas faire rire n'importe quand. Une blague mal placée, et toute la tension de l'action tombe à plat. C'est ce mariage-là qui a été délicat à manier. En résulte un roman au ton léger, mais on est loin de l'action endiablée aux blagues alignées comme si la vie de l'auteur en dépendait que l'on peut retrouver chez Pratchett.
Sur cet équilibre, l'aide des bêtas a été précieuse. Elles m'ont vraiment permis de cerner les moments où l'humour allait à l'encontre de la progression de l'histoire, afin de mélanger au mieux les deux sans que l'un vole la vedette à l'autre.
Maintenant que tu as terminé ton cycle, tu t'es engagée sur le chemin de l'édition. Comment as-tu ciblé les maisons d'éditions auxquelles tu as envoyé ton roman ?
La question piège. J'avoue être un peu en difficulté sur ce point.
D'une part, parce que la SF n'est pas forcément autant demandée que la fantasy par les maisons. D'autre part parce que j'y ajoute un ton léger qui n'est pas forcément la tasse de thé de tous les éditeurs. En gros, je pars avec un énorme handicap.
Du coup, j'ai pris le Grimoire Galactique des Grenouilles, j'ai coché toutes les maisons qui font de la SF, puis j'ai trié pour voir ceux qu'un peu d'humour pourrait intéresser. Ça ne me fait pas une liste monstrueuse d'envois, mais la légende raconte qu'il suffit d'un seul "oui".
Une dernière petite question pour la route ! En parallèle de tes envois, quels sont tes autres projets en cours ?
Je continue à écrire des nouvelles, inlassablement. J'ai déjà 5 textes à paraître en 2016, ce qui commence à faire une jolie présence dans le monde de la nouvelles je trouve.
Sinon, j'ai participé au NaNoWriMo en Novembre dernier et je devrais bientôt m'atteler aux corrections. Il s'agit d'un pulp, un space-opera, encore un, avec des dinosaures qui parlent et se rebellent contre leurs créateurs. Le personnage principal, jeune femme qui ne faisait que passer par là, se retrouve propulsée au milieu de tout ce bazar et se retrouve porte parole officiel de la cause, rien que ça. Je me suis bien amusée avec, même si j'ai pas mal de gros œuvre qui m'attend pour le faire maigrir dans un format novella plus dynamique.
Merci encore Élodie pour tes réponses et bon courage pour la suite !
[Pour un petit rappel du fonctionnement des cycles, c'est par ici !]
Bonjour Élodie : félicitations pour ta fin de cycle !
Merci, il était temps que je termine.
Tout d'abord, est-ce que tu peux nous pitcher un peu ton roman, les Baleines célestes ?
Oui, bien sûr :
À trop vouloir bien faire, on commet des bévues, par exemple laisser filer une baleine céleste, créature destructrice s'il en est. Alexandra Levisky et son équipage se jettent dans le sillage de la fuyarde. Pour l'empêcher d'atteindre le cœur historique de la galaxie, une seule solution : titiller sa corde sensible.
Quelles ont été tes inspirations sur ce projet, autant littéraires que visuelles ?
Hum, la réponse risque d'être décevante.
Je n'ai pas vraiment eu d'inspiration directe. Les deux points de départ ont été l'envie de parler d'un groupe de personnages un peu boulets, un équipage maladroit qui voguerait de bêtise en bêtise. Puis le titre m'a sauté dessus, les Baleines célestes. Je trouvais cette idée d'une créature si massive qui volerait dans l'espace fascinante et merveilleuse. Ensuite, j'ai travaillé à réunir les deux idées qui ne semblaient pas forcément aller en ensemble en premier lieu.
Ce n'est qu'après avoir écrit mon roman que je n'ai découvert que les baleines de l'espace, c'est assez populaire comme idée en fait. Comme par exemple dans un épisode de Docteur Who, ou pas mal d'illustrations (l'une de mes alpha-lectrice ne manque jamais de me les faire découvrir quand elle en trouve une).
Ton roman a obtenu l'estampille CoCyclics en octobre dernier. Comment s'est déroulé ton cycle ? Y a-t-il une phase que tu as préférée ? Quelle a été ta méthode de travail au cours de ton cycle ?
Ce fut long (deux ans, soit deux fois plus long que ce que j'anticipais en termes de durée) et difficile.
Quand j'écris un texte, je suis assez fière du résultat, toujours. Puis quand on me dit ce qu'il ne va pas, je tombe dans l'excès inverse, soit de penser que c'est vraiment nul. Du coup, mon cycle a consisté à osciller entre fierté du travail accompli quand j'ai soumis et terminé les P2 et P4, et déprime intense face aux retours de P1 et P3, où je considérait au final que c'était vraiment bon à jeter. Je suis assez extrême dans l'émotion je pense.
Ma phase préférée a été la P2. J'ai pas mal refondu le texte, supprimé des scènes, ajouté de nouvelles. Un travail de gros œuvre qui a su laisser libre cours à ma créativité pour trouver des solutions aux problèmes soulevés. Cet aspect était moins présent en P4, où j'ai du travailler plus dans le détail, un travail d'orfèvre qui n'est pas vraiment ma tasse de thé, même s'il faut bien en passer par là.
Pour la méthode de travail, j'ai commencé par relire mon roman en début de P2, pour me construire un scène-à-scène sous Excel. Ainsi, en P2 comme en P4, j'ai pu créer une nouvelle fiche et noter sur chaque scène le sort qui lui serait réservé en fonction des remarques de mes bêtas/alphas. Une fois établi mon plan d'attaque, je n'avais plus qu'à m'y atteler, scène à scène. Je pense que cette méthode est plutôt efficace pour moi et je la conserverais pour mes prochains romans.
Dans ton roman, Nathan est un naturaliste passionné par les baleines célestes. Est-ce que ce personnage t'as été inspiré par ta propre passion des animaux ?
Pas le moins du monde.
Nathan est arrivé dans l'histoire comme personnage outil. Un spécialiste de l'espèce qui ne devait, au début, que servir à apporter quelques informations sur les baleines, histoire de ne pas lancer l'équipage trop à l'aveugle dans leur course-poursuite de la créature.
Puis il a pris de l'ampleur bien malgré moi, et gagné son propre point de vue en phase de P2. Pour tout dire, il a fini par surpasser dans mon cœur un autre des personnages du trio principal, Conrad.
Par contre, il est clair que je me suis projeté dans le personnage, pour le côté curieux, scientifique passionné par le vivant, parfois un peu en décalage. Mais pas plus que je n'ai donné à Alexandra certains de mes traits. Même Conrad a bien du prendre de moi, quelque part. J'imagine.
Ton roman appartient à un style un peu inhabituel vu qu'il s'agit d'un space-opera humoristique. N'a-t-il pas été trop difficile de mêler les deux genres ?
Ce n'est pas tant l'aspect space-opera que l'action qui pose souci.
L'introduction d'humour reste délicat, car si l'on veut faire rire, on ne peut pas faire rire n'importe quand. Une blague mal placée, et toute la tension de l'action tombe à plat. C'est ce mariage-là qui a été délicat à manier. En résulte un roman au ton léger, mais on est loin de l'action endiablée aux blagues alignées comme si la vie de l'auteur en dépendait que l'on peut retrouver chez Pratchett.
Sur cet équilibre, l'aide des bêtas a été précieuse. Elles m'ont vraiment permis de cerner les moments où l'humour allait à l'encontre de la progression de l'histoire, afin de mélanger au mieux les deux sans que l'un vole la vedette à l'autre.
Maintenant que tu as terminé ton cycle, tu t'es engagée sur le chemin de l'édition. Comment as-tu ciblé les maisons d'éditions auxquelles tu as envoyé ton roman ?
La question piège. J'avoue être un peu en difficulté sur ce point.
D'une part, parce que la SF n'est pas forcément autant demandée que la fantasy par les maisons. D'autre part parce que j'y ajoute un ton léger qui n'est pas forcément la tasse de thé de tous les éditeurs. En gros, je pars avec un énorme handicap.
Du coup, j'ai pris le Grimoire Galactique des Grenouilles, j'ai coché toutes les maisons qui font de la SF, puis j'ai trié pour voir ceux qu'un peu d'humour pourrait intéresser. Ça ne me fait pas une liste monstrueuse d'envois, mais la légende raconte qu'il suffit d'un seul "oui".
Une dernière petite question pour la route ! En parallèle de tes envois, quels sont tes autres projets en cours ?
Je continue à écrire des nouvelles, inlassablement. J'ai déjà 5 textes à paraître en 2016, ce qui commence à faire une jolie présence dans le monde de la nouvelles je trouve.
Sinon, j'ai participé au NaNoWriMo en Novembre dernier et je devrais bientôt m'atteler aux corrections. Il s'agit d'un pulp, un space-opera, encore un, avec des dinosaures qui parlent et se rebellent contre leurs créateurs. Le personnage principal, jeune femme qui ne faisait que passer par là, se retrouve propulsée au milieu de tout ce bazar et se retrouve porte parole officiel de la cause, rien que ça. Je me suis bien amusée avec, même si j'ai pas mal de gros œuvre qui m'attend pour le faire maigrir dans un format novella plus dynamique.
Merci encore Élodie pour tes réponses et bon courage pour la suite !
Liens
- La fiche de cycle des Baleines célestes sur le site de CoCyclics
- Le blog d'Élodie Serrano
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lundi 21 décembre 2015
Interview sur la collection E-courts des éditions Voy'[el]
Aujourd'hui, nous accueillons Manon Bousquet et Tesha Garisaki, qui ont accepté de nous parler de leurs fonctions de co-directrices de la collection « E-courts » des éditions Voy'[el]. Merci à Luxia d'avoir orchestré cette interview !
Avant toute chose, pouvez-vous nous présenter Voy'[el] ?
Voy'[el] est une maison d'édition fondée en 2009 par Corinne Guittaud, axée principalement sur l'imaginaire positif et le rêve. Elle publie de la littérature SFFF, à destination des adultes jusqu'ici (mais une collection jeunesse devrait bientôt voir le jour), ainsi que des art-books. Les romans, anthologies et artbooks sont publiés aux deux formats papier et numérique, les nouvelles et novellas le sont uniquement au format numérique (collection « E-courts »), de même que les œuvres LGBT (romans, nouvelles et novellas, réunis dans la collection « Y »).
Et E-courts ?
E-courts est la collection dédiée aux nouvelles, novellas et séries, créée par Aude Bourdeau en 2013. Il s'agit d'une collection majoritairement numérique, même si des anthologies ou des intégrales de séries peuvent être proposées en impression à la demande.
Maintenant, parlons un peu de vous : quand et comment en êtes-vous arrivées à ce poste ?
MB : Je suis arrivée en septembre 2014. Aude Bourdeau (la créatrice de la collection) avait besoin d'aide, et m'a proposé, ainsi qu'à une connaissance partie depuis, d'occuper ce poste de codirectrice. Et puisque j'adore cumuler plein de trucs en même temps, j'ai dit oui.
TG : De mon côté j'avais le projet de monter une maison d'édition depuis très longtemps, du coup j'ai suivi une formation de correctrice et obtenu un diplôme de gestion d'entreprise, tout en travaillant bénévolement, ou à titre professionnel, pour pas mal de maisons d'édition. J'ai endossé plusieurs casquettes pendant plusieurs années : correctrice, maquettiste, membre de comité de lecture, directrice de collection... Quand Voy'el est devenue une SARL, j'en suis devenue actionnaire et ai intégré ses comités de lecture. Quand la place de codirectrice d'E-courts est devenue vacante, en janvier 2015, je l'ai reprise.
Aviez-vous déjà une connaissance du monde de l'édition lorsque vous avez débuté ?
MB : Une petite. J'ai suivi une formation en correction, je possède des bases de maquette éditoriale, et j'avais déjà dirigé une anthologie.
TG : C'était mon métier.
Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers du monde de l'édition, pouvez-vous expliquer rapidement quel est votre rôle en tant que co-directrices de la collection E-courts ?
Nous recevons les textes, les transmettons au comité de lecture, assistons aux délibérations du comité de lecture, puis nous tranchons en faveur ou non d'une publication. Puis, nous avons en charge les phases de correction éditoriales (direction littéraire, correction orthographique et typographique), la maquette et la couverture, la création des fichiers numériques et leur envoi au diffuseur. Puis vient la phase de promotion, via les réseaux sociaux, les services presse ou encore les concours.
De toutes ces tâches, laquelle appréciez-vous le moins ? Et au contraire, laquelle préférez-vous ?
MB : Mon côté monomaniaque aime les maquettes, et les choix de couverture. Et si j'adore découvrir de nouveaux textes et les voir prendre leur envol, la deuxième phase de correction et au-delà me deviennent vite fastidieuses.
TG : C'est difficile à dire... Les couvertures m'amusent. En revanche, je trouve laborieuse la première phase de correction, quand il faut organiser la réécriture du texte.
Vous êtes toutes les deux également auteures. Pensez-vous que cette fonction de co-directrices de collection ait changé votre rapport à l'écriture et à la lecture ? Si oui, de quelle manière ?
TG : Je dirais que travailler dans l'édition en général aide à prendre du recul par rapport à son travail. Personnellement, ça m'a rendue plus exigeante envers moi-même.
MB : Oui, c'est plus une globalité, à force de lire d'autres personnes, de travailler avec elles, on se rend compte de ses propres faiblesses. Ça a également changé ma manière de recevoir les corrections, par exemple la gestion des remarques un peu intrusives.
TG : Ça aide également à corriger ses propres textes : avant de soumettre, tu sais déjà ce qu'on va te demander de corriger.
Maintenant que nous en savons un peu plus sur vos postes et vos parcours, je propose de revenir sur la collection dont vous avez la charge. Pour commencer, pourquoi avoir choisi de faire d'E-courts une collection entièrement numérique ?
Principalement pour des raisons financières. Une nouvelle coûterait trop cher à imprimer puis à diffuser : le prix serait trop élevé pour que les gens achètent. De plus, le numérique se prête volontiers au format court, pour lire un texte le temps d'un trajet en bus, par exemple...
Globalement, d'où viennent les œuvres publiées : d'appels à textes, de soumissions ouvertes, de démarchage d'un auteur apprécié ?
De soumissions uniquement.
D'ailleurs, pouvez-vous nous parler un peu du processus de sélection des œuvres publiées ? Quels sont les critères que vous utilisez pour trancher ?
Le respect de la ligne éditoriale ! Un enthousiasme unanime du comité de lecture est un atout majeur, ainsi que la qualité du style et l'originalité de l'histoire. Les nouvelles sont publiées à l'unité, donc il faut qu'elles offrent vraiment un quelque chose de particulier, des idées, un rythme...
Maintenant, nous avons un peu de contexte, nous allons pouvoir passer aux choses intéressantes et parler chiffres et statistiques. Combien d'œuvres compte actuellement la collection E-courts ?
Alors... 13 nouvelles, 1 novella et 1 série.
Pour combien de textes reçus en soumission ?
Depuis septembre 2014, 102, donc près de 200 depuis la création de la collection.
Au niveau des ventes, que pouvez-vous nous dire sur la collection E-courts ? Est-elle rentable ?
Non, pas vraiment. Elle dégage bien quelques bénéfices, mais négligeables comparés à l'investissement nécessaire. C'est un problème récurrent des nouvelles : ce n'est pas rentable.
Y a-t-il des nouvelles qui se vendent mieux que les autres ?
La série La Brigade des Loups de Lilian Peschet se vend très bien. Chrysalide (Ivan Kwiatkowski) se vend bien également, avec une vingtaine de ventes, et Caver Den (Xavier Portebois) a réalisé un bon démarrage avec une quinzaine de ventes en un mois. Globalement, les nouvelles qui ont été soumises à des offres promotionnelles (réduction ou gratuité) s'écoulent également mieux que les autres, jusqu'à 80 exemplaires.
Bien, je crois avoir épuisé mes questions. Merci pour votre disponibilité, Manon et Tesha, et je vous laisse le mot de la fin : avez-vous un dernier message à faire passer aux lecteurs, aux aspirants auteurs qui seraient intéressés par rejoindre le catalogue d'E-courts, ou encore aux aliens ?
MB : Faites vivre les collections dans lesquelles vous voulez être publiés !
TG : Je conseille aux lecteurs de nous lire pour nous découvrir, aux auteurs de nous lire pour bien cerner notre ligne éditoriale, et aux aliens de nous lire pour se faire une fausse idée de notre civilisation.
Avant toute chose, pouvez-vous nous présenter Voy'[el] ?
Voy'[el] est une maison d'édition fondée en 2009 par Corinne Guittaud, axée principalement sur l'imaginaire positif et le rêve. Elle publie de la littérature SFFF, à destination des adultes jusqu'ici (mais une collection jeunesse devrait bientôt voir le jour), ainsi que des art-books. Les romans, anthologies et artbooks sont publiés aux deux formats papier et numérique, les nouvelles et novellas le sont uniquement au format numérique (collection « E-courts »), de même que les œuvres LGBT (romans, nouvelles et novellas, réunis dans la collection « Y »).
Et E-courts ?
E-courts est la collection dédiée aux nouvelles, novellas et séries, créée par Aude Bourdeau en 2013. Il s'agit d'une collection majoritairement numérique, même si des anthologies ou des intégrales de séries peuvent être proposées en impression à la demande.
Maintenant, parlons un peu de vous : quand et comment en êtes-vous arrivées à ce poste ?
MB : Je suis arrivée en septembre 2014. Aude Bourdeau (la créatrice de la collection) avait besoin d'aide, et m'a proposé, ainsi qu'à une connaissance partie depuis, d'occuper ce poste de codirectrice. Et puisque j'adore cumuler plein de trucs en même temps, j'ai dit oui.
TG : De mon côté j'avais le projet de monter une maison d'édition depuis très longtemps, du coup j'ai suivi une formation de correctrice et obtenu un diplôme de gestion d'entreprise, tout en travaillant bénévolement, ou à titre professionnel, pour pas mal de maisons d'édition. J'ai endossé plusieurs casquettes pendant plusieurs années : correctrice, maquettiste, membre de comité de lecture, directrice de collection... Quand Voy'el est devenue une SARL, j'en suis devenue actionnaire et ai intégré ses comités de lecture. Quand la place de codirectrice d'E-courts est devenue vacante, en janvier 2015, je l'ai reprise.
Aviez-vous déjà une connaissance du monde de l'édition lorsque vous avez débuté ?
MB : Une petite. J'ai suivi une formation en correction, je possède des bases de maquette éditoriale, et j'avais déjà dirigé une anthologie.
TG : C'était mon métier.
Pour les lecteurs qui ne seraient pas familiers du monde de l'édition, pouvez-vous expliquer rapidement quel est votre rôle en tant que co-directrices de la collection E-courts ?
Nous recevons les textes, les transmettons au comité de lecture, assistons aux délibérations du comité de lecture, puis nous tranchons en faveur ou non d'une publication. Puis, nous avons en charge les phases de correction éditoriales (direction littéraire, correction orthographique et typographique), la maquette et la couverture, la création des fichiers numériques et leur envoi au diffuseur. Puis vient la phase de promotion, via les réseaux sociaux, les services presse ou encore les concours.
De toutes ces tâches, laquelle appréciez-vous le moins ? Et au contraire, laquelle préférez-vous ?
MB : Mon côté monomaniaque aime les maquettes, et les choix de couverture. Et si j'adore découvrir de nouveaux textes et les voir prendre leur envol, la deuxième phase de correction et au-delà me deviennent vite fastidieuses.
TG : C'est difficile à dire... Les couvertures m'amusent. En revanche, je trouve laborieuse la première phase de correction, quand il faut organiser la réécriture du texte.
Vous êtes toutes les deux également auteures. Pensez-vous que cette fonction de co-directrices de collection ait changé votre rapport à l'écriture et à la lecture ? Si oui, de quelle manière ?
TG : Je dirais que travailler dans l'édition en général aide à prendre du recul par rapport à son travail. Personnellement, ça m'a rendue plus exigeante envers moi-même.
MB : Oui, c'est plus une globalité, à force de lire d'autres personnes, de travailler avec elles, on se rend compte de ses propres faiblesses. Ça a également changé ma manière de recevoir les corrections, par exemple la gestion des remarques un peu intrusives.
TG : Ça aide également à corriger ses propres textes : avant de soumettre, tu sais déjà ce qu'on va te demander de corriger.
Maintenant que nous en savons un peu plus sur vos postes et vos parcours, je propose de revenir sur la collection dont vous avez la charge. Pour commencer, pourquoi avoir choisi de faire d'E-courts une collection entièrement numérique ?
Principalement pour des raisons financières. Une nouvelle coûterait trop cher à imprimer puis à diffuser : le prix serait trop élevé pour que les gens achètent. De plus, le numérique se prête volontiers au format court, pour lire un texte le temps d'un trajet en bus, par exemple...
Globalement, d'où viennent les œuvres publiées : d'appels à textes, de soumissions ouvertes, de démarchage d'un auteur apprécié ?
De soumissions uniquement.
D'ailleurs, pouvez-vous nous parler un peu du processus de sélection des œuvres publiées ? Quels sont les critères que vous utilisez pour trancher ?
Le respect de la ligne éditoriale ! Un enthousiasme unanime du comité de lecture est un atout majeur, ainsi que la qualité du style et l'originalité de l'histoire. Les nouvelles sont publiées à l'unité, donc il faut qu'elles offrent vraiment un quelque chose de particulier, des idées, un rythme...
Maintenant, nous avons un peu de contexte, nous allons pouvoir passer aux choses intéressantes et parler chiffres et statistiques. Combien d'œuvres compte actuellement la collection E-courts ?
Alors... 13 nouvelles, 1 novella et 1 série.
Pour combien de textes reçus en soumission ?
Depuis septembre 2014, 102, donc près de 200 depuis la création de la collection.
Au niveau des ventes, que pouvez-vous nous dire sur la collection E-courts ? Est-elle rentable ?
Non, pas vraiment. Elle dégage bien quelques bénéfices, mais négligeables comparés à l'investissement nécessaire. C'est un problème récurrent des nouvelles : ce n'est pas rentable.
Y a-t-il des nouvelles qui se vendent mieux que les autres ?
La série La Brigade des Loups de Lilian Peschet se vend très bien. Chrysalide (Ivan Kwiatkowski) se vend bien également, avec une vingtaine de ventes, et Caver Den (Xavier Portebois) a réalisé un bon démarrage avec une quinzaine de ventes en un mois. Globalement, les nouvelles qui ont été soumises à des offres promotionnelles (réduction ou gratuité) s'écoulent également mieux que les autres, jusqu'à 80 exemplaires.
Bien, je crois avoir épuisé mes questions. Merci pour votre disponibilité, Manon et Tesha, et je vous laisse le mot de la fin : avez-vous un dernier message à faire passer aux lecteurs, aux aspirants auteurs qui seraient intéressés par rejoindre le catalogue d'E-courts, ou encore aux aliens ?
MB : Faites vivre les collections dans lesquelles vous voulez être publiés !
TG : Je conseille aux lecteurs de nous lire pour nous découvrir, aux auteurs de nous lire pour bien cerner notre ligne éditoriale, et aux aliens de nous lire pour se faire une fausse idée de notre civilisation.
Liens :
- Le site de Voy'[el] : http://editions-voyel.fr/
- La page pour les soumissions (fermées pour le moment) : http://editions-voyel.fr/soumissions/soumissions-e-courts/
- La page d'E-courts sur la boutique : http://editions-voyel.fr/boutique/#!/Collection-e-courts
mardi 17 novembre 2015
Dans la tête d'une nouvelliste : Sylvie Lainé
Après la création de la nouvelle rubrique « Dans la tête d'un·e nouvelliste » et la publication d'une première interview avec Lionel Davoust en avril dernier, l'équipe Tintama(r)re est ravie de vous présenter un second volet, consacré à une auteure 100% nouvelliste.
Il s'agit, vous l'aurez deviné, de Sylvie Lainé, qui a très gracieusement répondu aux questions de Hatsh*.
Non seulement Sylvie Lainé écrit des nouvelles et des novellas, dont plusieurs ont été récompensées entre autres par le GPI et le prix Rosny aîné, mais elle intervient aussi régulièrement en festivals dans des tables rondes décortiquant ces formats. Ses histoires nous parlent de points de vue et de rencontres, désirées ou inattendues ; des thèmes précieux par les temps qui courent. Quatre recueils sont disponibles chez ActuSF et une nouvelle graphique chez Organic éditions. Pour lire ses autres textes, à vous de faire la chasse aux trésors dans les revues et les anthologies !
Bonjour et merci de prendre le temps de répondre à nos questions ! Vous êtes l'une des rares auteur·e·s 100% nouvellistes, avec deux novellas à votre arc : d'où vient votre attachement à ce format ?
Par la force de ce que permet d'exprimer le format court, sans doute en obligeant le lecteur à construire tout ce qu'on ne lui raconte pas. Une nouvelle bien faite, c'est une merveille d'immersion brutale et décoiffante. Parfois, en tant que lectrice, le format long m'ennuie un peu – un roman ou un cycle peut permettre de développer une familiarité avec le monde que l'on vous y propose, jusqu'à ce que l'on s'y sente chez soi - mais ce n'est pas ce que je recherche en priorité dans la SF, j'y cherche plutôt l'étrangeté du dépaysement.
Pour vous, y a-t-il des codes incontournables de la nouvelle à respecter et/ou à détourner ?
Il y a une règle à mes yeux qui compte encore plus pour la nouvelle que pour le roman : il ne faut jamais trop expliquer ni trop raconter. Il faut donner à vivre et à ressentir. Le fameux « Show, don't tell ». Disons que c'est une règle que l'on peut contourner, mais ça devient vite périlleux… Sinon, les règles du théâtre fonctionnent bien aussi : unité de temps, unité d'action. Difficile de raconter une histoire qui s'étend sur des décennies, difficile de multiplier les péripéties et les personnages, car sinon il y a un risque réel de produire un genre de résumé de roman qui ne fonctionnera pas en tant que nouvelle.
Comment travaillez-vous une nouvelle ? Suivez-vous ou avez-vous des rituels, des contraintes de temps ou de narration, des techniques d'écriture particulières ?
Pas de rituels, ni d'horaires, ni de règles, parce que ce qui m'intéresse c'est surtout de faire à chaque fois quelque chose de différent, sur un nouveau principe. Des choix préliminaires qui peuvent être difficiles : dans la peau de quel personnage vais-je être ? L'histoire sera-t-elle écrite à la première ou à la troisième personne ? Le récit est-il au présent ou au passé ? Ce ne sont pas de simples questions formelles. Cela change complètement le ressenti de l'histoire.
On vous présente comme une auteure de SF, pourtant un certain nombre de vos nouvelles a peu à voir avec la SF, mais plutôt avec le fantastique (La Bulle d'Euze, Un rêve d'herbe) ou même la blanche (Le prix du billet) : le genre s'impose-t-il au fil de l'écriture ou bien est-il choisi au préalable ? Que permet de faire la SF que ne permettent pas d'autres genres ?
C'est l'histoire qui choisit son genre. La plupart de mes histoires m'emmènent vers la SF, mais certaines vont ailleurs. Le Prix de billet comportait déjà en lui-même le principe du changement de point de vue, bien que effectivement ce soit de la blanche (c'est rigolo, j'ai l'impression d'être un dealer). Donc inutile de faire appel à la SF pour cette nouvelle-là. Mais la SF est idéale pour renouveler les questions, en changeant la manière dont on les pose.
Vous avez publié de très nombreuses nouvelles (combien, d'ailleurs ? ^^ ) et deux novellas, mais seulement quatre recueils. Dans les interviews publiées sur le site d'ActuSF, vous précisez que chacun possède un fil rouge ou un thème : le poids du regard pour Le Miroir aux éperluettes (2007), le choix pour Espaces insécables (2008), l'Autre pour Marouflages (2009), l'univers du space-opera pour L'Opéra de Shaya (2014). Chacun est préfacé de manière élogieuse (respectivement, Jean-Claude Dunyach, Catherine Dufour, Joëlle Wintrebert et Jean-Marc Ligny). Comment avez-vous choisi la composition de ces recueils ? Les préfaciers et préfacières ont-ils/elles participé à cette composition ?
Eh, oh, ça fait 3 questions ! (ça fait combien de questions en tout, du coup ? ^^ ) Bon, je viens de regarder ce qu'en dit la nooSFere, je dois avoir écrit une quarantaine de nouvelles, disons entre 40 et 50. J'ai composé les premiers recueils avec une proportion importante de textes déjà publiés (en revue, dans des anthologies) et devenus indisponibles, et la proportion d'inédits ou de textes très récents est allée en augmentant au fil du temps. Les préfaciers qui m'ont fait l'honneur et le plaisir de présenter les recueils sont intervenus alors que les recueils étaient déjà composés. (Et, curieusement, je n'ai pas cherché à solliciter des auteurs qui détestaient mes textes).
Vos nouvelles sont rarement « à chute », elles offrent plus souvent une résolution suivie d'une fin ouverte (Fidèle à ton pas balancé, Le Passe-plaisir, Grenade au bord du ciel) : est-ce délibéré ?
Même une nouvelle à chute peut toujours comporter une fin ouverte : une fin ouverte sur un après. Le monde ne s'arrête pas à la fin de l'histoire. Il y a un nœud ou un conflit dans le récit qui a été résolu, ou bien le point de vue que l'on a sur l'histoire a changé. Et après, la vie continue, on l'entrevoit derrière la fenêtre, après le mot fin. J'aime bien prendre le lecteur par la main et l'emmener en voyage, mais je déteste l'enfermer dans un train verrouillé – surtout quand on arrive au terminus.
L'un des textes parus dans L'Opéra de Shaya avait d'abord été écrit et publié dans l'anthologie Contrepoint dirigée par Laurent Gidon (Petits arrangements intergalactiques), qui avait pour ambition de présenter une anthologie sans conflit. Est-ce difficile d'écrire sans conflit en SFFF et dans des nouvelles ?
Ça dépend ce qu'on appelle un conflit. Pour une bonne histoire il faut des difficultés et des péripéties, des surprises, et pas seulement celles qui sont enrobées dans un Kind… dans du chocolat. Cela se fabrique avec des incompréhensions, des conflits d'intérêt, des conflits d'interprétation, des drames. Je peux l'avouer maintenant, j'ai réussi à ne mettre aucun conflit dans les Petits arrangements intragalactiques parce que le héros n'a pas d'interlocuteur avec lequel il pourrait entrer en conflit. Les Grocs sont peut-être intelligents, mais ils ne voient pas du tout l'intérêt d'une discussion avec le drôle de Sapinou qui va les soulager de leurs démangeaisons, comme doit le faire tout bon Sapinou. (Le narrateur, lui, se soucie d'un problème prioritaire et personnel). Et les petits arrangements sont bien INTRAgalactiques : on s'arrange entre voisins, on trouve des accommodements, on se rend des petits services.
Pour prendre une autre acception du conflit, celle du conflit narratif, avez-vous déjà essayé la narration sans conflit ? (par exemple : le kishōtenketsu)
Si je l'ai fait, c'est sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.
Vous avez écrit deux novellas (Les Yeux d'Elsa en 2006 et L'Opéra de Shaya en 2014), toutes deux primées entre autres par le Grand Prix de l'Imaginaire : est-ce que cela a représenté un processus d'écriture différent ? Est-ce que ça a changé quelque chose à votre manière d'écrire des nouvelles ?
Les novellas ont eu un processus d'écriture différent, oui, parce que ce sont les seuls textes pour lesquels j'ai vraiment élaboré un scénario avant d'écrire. Ce sont des textes qui ont 3 niveaux de construction : le contexte (l'univers dans lequel l'histoire prend forme, ses règles), le scénario (les étapes du récit), et l'écriture, qui est la part où se fait l'immersion et où les personnages se mettent à exister. Je n'ai pas besoin de cela pour des nouvelles courtes, elles jaillissent sur tous les plans à la fois, avec moins de préméditation.
Quel rapport entretenez-vous avec les supports numériques ?
Je nettoie l'écran de ma tablette, j'essaie de ne pas oublier d'éteindre ma souris sans fil parce que sinon je dois changer les piles tout le temps, ça fait une éternité que je n'ai pas fait de sauvegarde sur ma station multimédia, et peut-être que je devrais faire un bisou au cloud ? Mais il reste très abstrait à mes yeux. Ai-je répondu à la question ? ^^
Quelle relation avez-vous avec votre lectorat ?
Je l'aime. Il m'aime. Nous nous aimons.
Sérieusement, avec les blogs, Facebook, les salons, les possibilités de dialogue et les retours que l'on a se multiplient, et c'est formidable. Je trouve complètement extraordinaire d'avoir touché des gens de tous les âges, de différents milieux, et du coup d'avoir pu échanger avec eux. Il y a ce moment un peu magique où la personne vous chuchote avec un peu de timidité : « en fait, celle que j'ai le plus aimé, c'est… » (c'est très variable, celle dont on me parle alors). Et en général, le lecteur continue : « vous savez, celle où… » et me la raconte un peu, en me regardant avec un peu d'inquiétude, car soudain il se demande si l'histoire que j'ai écrite (moi, cette parfaite inconnue qui me trouve à cet instant en face de lui) est vraiment à mes yeux la même que celle qu'il a lue – si je vais vraiment comprendre ce qu'il va m'en dire et ce qu'il a éprouvé.
Alors je suis toujours très heureuse à cet instant – c'est cela la magie des textes qui fonctionnent. Ils vous parlent à vous, d'une manière unique. Et face à un auteur qui m'a vraiment touchée, je ne peux que bredouiller lamentablement.
Vous avez écrit un livre graphique avec Francis-Olivier Brunet et Philippe Aureille (L'Animal, Organic éditions, 2014) : est-ce une nouvelle ou une novella graphique ? Est-ce que c'était un défi ? Les nouvelles bénéficient parfois d'illustrations dans les anthologies, mais presque jamais dans les recueils : est-ce que mêler texte et image est évident pour un format court non-jeunesse ?
Ça fait encore 3 questions. Donc si on s'en tient à un strict critère de longueur du texte, c'est une nouvelle graphique. Un défi ? Oui, au sens où c'est une expérience que je n'aurais jamais imaginé faire un jour, et qui a été passionnante – et j'adore le résultat de ce travail à trois. Pour la 3e question, je ne la comprends pas. Évidemment ce n'est pas pour la jeunesse. Oui c'est du court. Mêler texte et image, c'est le principe même d'une nouvelle graphique – mais le principe de la collection ici est que c'est le peintre ou le plasticien qui commence, et que l'auteur intervient après, dans l'univers du plasticien. Donc c'est plutôt l'auteur qui « illustre » (avec un texte) les tableaux et les images. Il n'y a jamais d'évidence dans une collaboration, surtout quand chacun a son langage propre. Après, si la question concerne le positionnement marketing, elle devrait plutôt s'adresser à l'éditeur…
Pour finir : à quand le prochain recueil ? :D
Bientôt. Et puis aussi des nouvelles en revue, un lettre qui est un genre d'essai, la direction d'une anthologie prochainement… Des projets de toutes sortes, et j'adore ça.
Il s'agit, vous l'aurez deviné, de Sylvie Lainé, qui a très gracieusement répondu aux questions de Hatsh*.
Non seulement Sylvie Lainé écrit des nouvelles et des novellas, dont plusieurs ont été récompensées entre autres par le GPI et le prix Rosny aîné, mais elle intervient aussi régulièrement en festivals dans des tables rondes décortiquant ces formats. Ses histoires nous parlent de points de vue et de rencontres, désirées ou inattendues ; des thèmes précieux par les temps qui courent. Quatre recueils sont disponibles chez ActuSF et une nouvelle graphique chez Organic éditions. Pour lire ses autres textes, à vous de faire la chasse aux trésors dans les revues et les anthologies !
| Intergalactiques 2015, Lyon. |
Bonjour et merci de prendre le temps de répondre à nos questions ! Vous êtes l'une des rares auteur·e·s 100% nouvellistes, avec deux novellas à votre arc : d'où vient votre attachement à ce format ?
Par la force de ce que permet d'exprimer le format court, sans doute en obligeant le lecteur à construire tout ce qu'on ne lui raconte pas. Une nouvelle bien faite, c'est une merveille d'immersion brutale et décoiffante. Parfois, en tant que lectrice, le format long m'ennuie un peu – un roman ou un cycle peut permettre de développer une familiarité avec le monde que l'on vous y propose, jusqu'à ce que l'on s'y sente chez soi - mais ce n'est pas ce que je recherche en priorité dans la SF, j'y cherche plutôt l'étrangeté du dépaysement.
Pour vous, y a-t-il des codes incontournables de la nouvelle à respecter et/ou à détourner ?
Il y a une règle à mes yeux qui compte encore plus pour la nouvelle que pour le roman : il ne faut jamais trop expliquer ni trop raconter. Il faut donner à vivre et à ressentir. Le fameux « Show, don't tell ». Disons que c'est une règle que l'on peut contourner, mais ça devient vite périlleux… Sinon, les règles du théâtre fonctionnent bien aussi : unité de temps, unité d'action. Difficile de raconter une histoire qui s'étend sur des décennies, difficile de multiplier les péripéties et les personnages, car sinon il y a un risque réel de produire un genre de résumé de roman qui ne fonctionnera pas en tant que nouvelle.
Comment travaillez-vous une nouvelle ? Suivez-vous ou avez-vous des rituels, des contraintes de temps ou de narration, des techniques d'écriture particulières ?
Pas de rituels, ni d'horaires, ni de règles, parce que ce qui m'intéresse c'est surtout de faire à chaque fois quelque chose de différent, sur un nouveau principe. Des choix préliminaires qui peuvent être difficiles : dans la peau de quel personnage vais-je être ? L'histoire sera-t-elle écrite à la première ou à la troisième personne ? Le récit est-il au présent ou au passé ? Ce ne sont pas de simples questions formelles. Cela change complètement le ressenti de l'histoire.
On vous présente comme une auteure de SF, pourtant un certain nombre de vos nouvelles a peu à voir avec la SF, mais plutôt avec le fantastique (La Bulle d'Euze, Un rêve d'herbe) ou même la blanche (Le prix du billet) : le genre s'impose-t-il au fil de l'écriture ou bien est-il choisi au préalable ? Que permet de faire la SF que ne permettent pas d'autres genres ?
C'est l'histoire qui choisit son genre. La plupart de mes histoires m'emmènent vers la SF, mais certaines vont ailleurs. Le Prix de billet comportait déjà en lui-même le principe du changement de point de vue, bien que effectivement ce soit de la blanche (c'est rigolo, j'ai l'impression d'être un dealer). Donc inutile de faire appel à la SF pour cette nouvelle-là. Mais la SF est idéale pour renouveler les questions, en changeant la manière dont on les pose.
Vous avez publié de très nombreuses nouvelles (combien, d'ailleurs ? ^^ ) et deux novellas, mais seulement quatre recueils. Dans les interviews publiées sur le site d'ActuSF, vous précisez que chacun possède un fil rouge ou un thème : le poids du regard pour Le Miroir aux éperluettes (2007), le choix pour Espaces insécables (2008), l'Autre pour Marouflages (2009), l'univers du space-opera pour L'Opéra de Shaya (2014). Chacun est préfacé de manière élogieuse (respectivement, Jean-Claude Dunyach, Catherine Dufour, Joëlle Wintrebert et Jean-Marc Ligny). Comment avez-vous choisi la composition de ces recueils ? Les préfaciers et préfacières ont-ils/elles participé à cette composition ?
Eh, oh, ça fait 3 questions ! (ça fait combien de questions en tout, du coup ? ^^ ) Bon, je viens de regarder ce qu'en dit la nooSFere, je dois avoir écrit une quarantaine de nouvelles, disons entre 40 et 50. J'ai composé les premiers recueils avec une proportion importante de textes déjà publiés (en revue, dans des anthologies) et devenus indisponibles, et la proportion d'inédits ou de textes très récents est allée en augmentant au fil du temps. Les préfaciers qui m'ont fait l'honneur et le plaisir de présenter les recueils sont intervenus alors que les recueils étaient déjà composés. (Et, curieusement, je n'ai pas cherché à solliciter des auteurs qui détestaient mes textes).
Vos nouvelles sont rarement « à chute », elles offrent plus souvent une résolution suivie d'une fin ouverte (Fidèle à ton pas balancé, Le Passe-plaisir, Grenade au bord du ciel) : est-ce délibéré ?
Même une nouvelle à chute peut toujours comporter une fin ouverte : une fin ouverte sur un après. Le monde ne s'arrête pas à la fin de l'histoire. Il y a un nœud ou un conflit dans le récit qui a été résolu, ou bien le point de vue que l'on a sur l'histoire a changé. Et après, la vie continue, on l'entrevoit derrière la fenêtre, après le mot fin. J'aime bien prendre le lecteur par la main et l'emmener en voyage, mais je déteste l'enfermer dans un train verrouillé – surtout quand on arrive au terminus.
L'un des textes parus dans L'Opéra de Shaya avait d'abord été écrit et publié dans l'anthologie Contrepoint dirigée par Laurent Gidon (Petits arrangements intergalactiques), qui avait pour ambition de présenter une anthologie sans conflit. Est-ce difficile d'écrire sans conflit en SFFF et dans des nouvelles ?
Ça dépend ce qu'on appelle un conflit. Pour une bonne histoire il faut des difficultés et des péripéties, des surprises, et pas seulement celles qui sont enrobées dans un Kind… dans du chocolat. Cela se fabrique avec des incompréhensions, des conflits d'intérêt, des conflits d'interprétation, des drames. Je peux l'avouer maintenant, j'ai réussi à ne mettre aucun conflit dans les Petits arrangements intragalactiques parce que le héros n'a pas d'interlocuteur avec lequel il pourrait entrer en conflit. Les Grocs sont peut-être intelligents, mais ils ne voient pas du tout l'intérêt d'une discussion avec le drôle de Sapinou qui va les soulager de leurs démangeaisons, comme doit le faire tout bon Sapinou. (Le narrateur, lui, se soucie d'un problème prioritaire et personnel). Et les petits arrangements sont bien INTRAgalactiques : on s'arrange entre voisins, on trouve des accommodements, on se rend des petits services.
Pour prendre une autre acception du conflit, celle du conflit narratif, avez-vous déjà essayé la narration sans conflit ? (par exemple : le kishōtenketsu)
Si je l'ai fait, c'est sans le savoir, comme Monsieur Jourdain.
Vous avez écrit deux novellas (Les Yeux d'Elsa en 2006 et L'Opéra de Shaya en 2014), toutes deux primées entre autres par le Grand Prix de l'Imaginaire : est-ce que cela a représenté un processus d'écriture différent ? Est-ce que ça a changé quelque chose à votre manière d'écrire des nouvelles ?
Les novellas ont eu un processus d'écriture différent, oui, parce que ce sont les seuls textes pour lesquels j'ai vraiment élaboré un scénario avant d'écrire. Ce sont des textes qui ont 3 niveaux de construction : le contexte (l'univers dans lequel l'histoire prend forme, ses règles), le scénario (les étapes du récit), et l'écriture, qui est la part où se fait l'immersion et où les personnages se mettent à exister. Je n'ai pas besoin de cela pour des nouvelles courtes, elles jaillissent sur tous les plans à la fois, avec moins de préméditation.
Quel rapport entretenez-vous avec les supports numériques ?
Je nettoie l'écran de ma tablette, j'essaie de ne pas oublier d'éteindre ma souris sans fil parce que sinon je dois changer les piles tout le temps, ça fait une éternité que je n'ai pas fait de sauvegarde sur ma station multimédia, et peut-être que je devrais faire un bisou au cloud ? Mais il reste très abstrait à mes yeux. Ai-je répondu à la question ? ^^
Quelle relation avez-vous avec votre lectorat ?
Je l'aime. Il m'aime. Nous nous aimons.
Sérieusement, avec les blogs, Facebook, les salons, les possibilités de dialogue et les retours que l'on a se multiplient, et c'est formidable. Je trouve complètement extraordinaire d'avoir touché des gens de tous les âges, de différents milieux, et du coup d'avoir pu échanger avec eux. Il y a ce moment un peu magique où la personne vous chuchote avec un peu de timidité : « en fait, celle que j'ai le plus aimé, c'est… » (c'est très variable, celle dont on me parle alors). Et en général, le lecteur continue : « vous savez, celle où… » et me la raconte un peu, en me regardant avec un peu d'inquiétude, car soudain il se demande si l'histoire que j'ai écrite (moi, cette parfaite inconnue qui me trouve à cet instant en face de lui) est vraiment à mes yeux la même que celle qu'il a lue – si je vais vraiment comprendre ce qu'il va m'en dire et ce qu'il a éprouvé.
Alors je suis toujours très heureuse à cet instant – c'est cela la magie des textes qui fonctionnent. Ils vous parlent à vous, d'une manière unique. Et face à un auteur qui m'a vraiment touchée, je ne peux que bredouiller lamentablement.
Vous avez écrit un livre graphique avec Francis-Olivier Brunet et Philippe Aureille (L'Animal, Organic éditions, 2014) : est-ce une nouvelle ou une novella graphique ? Est-ce que c'était un défi ? Les nouvelles bénéficient parfois d'illustrations dans les anthologies, mais presque jamais dans les recueils : est-ce que mêler texte et image est évident pour un format court non-jeunesse ?
Ça fait encore 3 questions. Donc si on s'en tient à un strict critère de longueur du texte, c'est une nouvelle graphique. Un défi ? Oui, au sens où c'est une expérience que je n'aurais jamais imaginé faire un jour, et qui a été passionnante – et j'adore le résultat de ce travail à trois. Pour la 3e question, je ne la comprends pas. Évidemment ce n'est pas pour la jeunesse. Oui c'est du court. Mêler texte et image, c'est le principe même d'une nouvelle graphique – mais le principe de la collection ici est que c'est le peintre ou le plasticien qui commence, et que l'auteur intervient après, dans l'univers du plasticien. Donc c'est plutôt l'auteur qui « illustre » (avec un texte) les tableaux et les images. Il n'y a jamais d'évidence dans une collaboration, surtout quand chacun a son langage propre. Après, si la question concerne le positionnement marketing, elle devrait plutôt s'adresser à l'éditeur…
Pour finir : à quand le prochain recueil ? :D
Bientôt. Et puis aussi des nouvelles en revue, un lettre qui est un genre d'essai, la direction d'une anthologie prochainement… Des projets de toutes sortes, et j'adore ça.
Liens :
- Site internet : http://sylvie.laine.sf.free.fr/
- Les recueils et nouvelles disponibles chez ActuSF : http://www.editions-actusf.fr/sylvie-laine/
- L'Animal, aux éditions Organic : http://www.organic-editions.com/L_animal.html
- Autres interviews et interventions de Sylvie Lainé (ActuSF)
Note :
* Notre rédac' chef, qui a reçu 50 coups de fouet pour s'être trompée dans un titre et pour avoir confondu interview et shampoing "formule 3-en-1". [haut]
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lundi 19 octobre 2015
Géante Rouge : interview de Patrice Lajoye
Au printemps dernier, Tintama(r)re inaugurait une nouvelle rubrique « Revues et zines francophones », avec une interview de Pierre Gévart, rédacteur en chef de Galaxies, réalisée par Guillaume Parodi.
Ce dernier s'est ensuite intéressé au fanzine Géante Rouge.
Créé en 2005 par Pierre Gévart, le fanzine Géante Rouge (site Internet) a longtemps publié des auteurs méconnus aux côtés d'écrivains confirmés. Le but de cette revue à publication annuelle est d'assurer un tremplin et d'offrir une visibilité à des auteurs dont la plume est encore naissante. Même si le fanzine préfère traditionnellement les textes de science-fiction, aucun genre n'est complètement omis et il est tout à fait possible de retrouver, au fil des publications, des textes fantastiques. Géante Rouge est aussi connu pour publier annuellement les meilleurs micronouvelles du concours des Pépins.
Toutefois, depuis le mois de septembre 2015 et devant l'afflux massif de textes soumis à son comité de lecture, le fanzine a fermé les portes de son appel à textes.
Curieux et curieuses d'en connaître plus sur cette publication qui fête sa première décennie d'existence, nous sommes aller poser quelques questions à son rédacteur en chef Patrice Lajoye. (NDLR : interview réalisée en mai 2015.)
Tintama(r)re : Combien de membres compte l'équipe de Géante Rouge au total ?
Patrice Lajoye : Dans les faits, en permanence trois : Pierre Gévart, le directeur de la publication, Ketty Steward, qui corrige les textes, et moi qui les sélectionne. Mais parfois nous tentons des choses, comme pour le numéro de 2013, pour lequel nous avions invité des blogueurs à participer à la sélection.
Géante Rouge est-il distribué uniquement en France métropolitaine ou aussi dans les départements et territoires d'outre-mer ? Avez-vous connaissance d'un lectorat francophone non français ?
La distribution de Géante Rouge suit celle de Galaxies, qui est bien distribuée. Et oui, il y a un lectorat francophone non français, notamment québecois.
Comment définiriez-vous la ligne éditoriale du fanzine ? A-t-elle évoluée au fil du temps ?
Depuis que j'ai pris en main Géante Rouge, la ligne éditoriale n'a pas varié. Il s'agit de publier avant tout de la SF (fantasy et fantastique peuvent être acceptés, mais plus rarement), et des auteurs débutants, qui se retrouvent à accompagner au sommaire un ou deux auteurs confirmés. L'idée de Géante Rouge est d'être un tremplin.
Quelle est la place du dossier inclus dans chaque numéro ?
Elle est importante, mais pas centrale non plus. L'expression « dossier » est d'ailleurs un peu inappropriée puisqu'il s'agit le plus souvent d'un entretien, aussi copieux que possible, accompagné d'une ou deux nouvelles inédites.
Depuis quand Géante Rouge propose-t-il une offre numérique ? Quels avantages ou désavantages y trouvez-vous ?
Géante Rouge est disponible en numérique, plus exactement en pdf. L'avantage est tout simple : le prix. Le numérique peut nous permettre de toucher des lecteurs qui n'ont pas forcément de gros budget.
À combien estimez-vous les ventes de Géante Rouge en version numérique ?
Je ne sais pas du tout : je laisse Pierre Gévart gérer les aspects commerciaux et comptables.
Est-ce que la revue demeure encore dépendante de la publication papier ou envisagez-vous le tout numérique comme le font certains grands périodiques comme Le Monde ?
Il y aura toujours les deux. Les moyens d'impression actuels font que l'on peut avoir une version imprimée sans que ce soit hors de prix. Et pour l'instant, je pense que les lecteurs préfèrent encore largement cela.
Parlez-nous des Pépins... Comment vous est venue l'idée de publier les résultats de ce concours dans votre fanzine ?
Les Pépins ont été initiés bien avant que je n'arrive à la direction de Géante Rouge. Ils ont été un temps publiés sous forme de livret, avant de l'être dans la revue. C'est finalement leur meilleure place, et cela évite de multiplier les supports.
Vous recevez un texte de la part d'un auteur. Quel sera le cheminement du texte au sein de votre équipe ?
Cheminement est un bien grand mot : je suis le plus souvent seul responsable de la sélection. Je tâche de lire tout, même si c'est dur car il arrive beaucoup de textes, certains d'ailleurs sans rapport avec ce que nous demandons. Cela représente en général plus d'une centaine de nouvelles, auxquelles il faut ajouter celles qui arrivent pour le prix Le Bussy, dont je suis membre du jury, et qui sont tout aussi nombreuses. Chaque texte accepté fait l'objet d'un travail éditorial, avec l'auteur. Et s'il s'en trouve un que je pense exceptionnel, je le soumets à Pierre Gévart pour Galaxies.
Percevez-vous un effet de mode dans les textes reçus ? Avez-vous vu au fil des années une évolution particulière quant aux genres et/ou sous genres des textes proposés ?
Pas vraiment. Même si je reçois une masse de dystopies, de récits post-apocalyptiques et d'histoires de zombies... C'est d'ailleurs un brin lassant. Mais ça n'empêche pas qu'il peut y avoir des choses excellentes dans ces domaines. Cependant, il devient difficile d'être original.
Ce dernier s'est ensuite intéressé au fanzine Géante Rouge.
Créé en 2005 par Pierre Gévart, le fanzine Géante Rouge (site Internet) a longtemps publié des auteurs méconnus aux côtés d'écrivains confirmés. Le but de cette revue à publication annuelle est d'assurer un tremplin et d'offrir une visibilité à des auteurs dont la plume est encore naissante. Même si le fanzine préfère traditionnellement les textes de science-fiction, aucun genre n'est complètement omis et il est tout à fait possible de retrouver, au fil des publications, des textes fantastiques. Géante Rouge est aussi connu pour publier annuellement les meilleurs micronouvelles du concours des Pépins.
Toutefois, depuis le mois de septembre 2015 et devant l'afflux massif de textes soumis à son comité de lecture, le fanzine a fermé les portes de son appel à textes.
Curieux et curieuses d'en connaître plus sur cette publication qui fête sa première décennie d'existence, nous sommes aller poser quelques questions à son rédacteur en chef Patrice Lajoye. (NDLR : interview réalisée en mai 2015.)
Tintama(r)re : Combien de membres compte l'équipe de Géante Rouge au total ?
Patrice Lajoye : Dans les faits, en permanence trois : Pierre Gévart, le directeur de la publication, Ketty Steward, qui corrige les textes, et moi qui les sélectionne. Mais parfois nous tentons des choses, comme pour le numéro de 2013, pour lequel nous avions invité des blogueurs à participer à la sélection.
Géante Rouge est-il distribué uniquement en France métropolitaine ou aussi dans les départements et territoires d'outre-mer ? Avez-vous connaissance d'un lectorat francophone non français ?
La distribution de Géante Rouge suit celle de Galaxies, qui est bien distribuée. Et oui, il y a un lectorat francophone non français, notamment québecois.
Comment définiriez-vous la ligne éditoriale du fanzine ? A-t-elle évoluée au fil du temps ?
Depuis que j'ai pris en main Géante Rouge, la ligne éditoriale n'a pas varié. Il s'agit de publier avant tout de la SF (fantasy et fantastique peuvent être acceptés, mais plus rarement), et des auteurs débutants, qui se retrouvent à accompagner au sommaire un ou deux auteurs confirmés. L'idée de Géante Rouge est d'être un tremplin.
Quelle est la place du dossier inclus dans chaque numéro ?
Elle est importante, mais pas centrale non plus. L'expression « dossier » est d'ailleurs un peu inappropriée puisqu'il s'agit le plus souvent d'un entretien, aussi copieux que possible, accompagné d'une ou deux nouvelles inédites.
Depuis quand Géante Rouge propose-t-il une offre numérique ? Quels avantages ou désavantages y trouvez-vous ?
Géante Rouge est disponible en numérique, plus exactement en pdf. L'avantage est tout simple : le prix. Le numérique peut nous permettre de toucher des lecteurs qui n'ont pas forcément de gros budget.
À combien estimez-vous les ventes de Géante Rouge en version numérique ?
Je ne sais pas du tout : je laisse Pierre Gévart gérer les aspects commerciaux et comptables.
Est-ce que la revue demeure encore dépendante de la publication papier ou envisagez-vous le tout numérique comme le font certains grands périodiques comme Le Monde ?
Il y aura toujours les deux. Les moyens d'impression actuels font que l'on peut avoir une version imprimée sans que ce soit hors de prix. Et pour l'instant, je pense que les lecteurs préfèrent encore largement cela.
Parlez-nous des Pépins... Comment vous est venue l'idée de publier les résultats de ce concours dans votre fanzine ?
Les Pépins ont été initiés bien avant que je n'arrive à la direction de Géante Rouge. Ils ont été un temps publiés sous forme de livret, avant de l'être dans la revue. C'est finalement leur meilleure place, et cela évite de multiplier les supports.
Vous recevez un texte de la part d'un auteur. Quel sera le cheminement du texte au sein de votre équipe ?
Cheminement est un bien grand mot : je suis le plus souvent seul responsable de la sélection. Je tâche de lire tout, même si c'est dur car il arrive beaucoup de textes, certains d'ailleurs sans rapport avec ce que nous demandons. Cela représente en général plus d'une centaine de nouvelles, auxquelles il faut ajouter celles qui arrivent pour le prix Le Bussy, dont je suis membre du jury, et qui sont tout aussi nombreuses. Chaque texte accepté fait l'objet d'un travail éditorial, avec l'auteur. Et s'il s'en trouve un que je pense exceptionnel, je le soumets à Pierre Gévart pour Galaxies.
Percevez-vous un effet de mode dans les textes reçus ? Avez-vous vu au fil des années une évolution particulière quant aux genres et/ou sous genres des textes proposés ?
Pas vraiment. Même si je reçois une masse de dystopies, de récits post-apocalyptiques et d'histoires de zombies... C'est d'ailleurs un brin lassant. Mais ça n'empêche pas qu'il peut y avoir des choses excellentes dans ces domaines. Cependant, il devient difficile d'être original.
Liens
- Blog de Géante Rouge : http://geanterouge.hautetfort.com/
- Page Facebook de GR : https://www.facebook.com/Géante-Rouge-194228740588971/timeline/
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lundi 12 octobre 2015
Convention CoCyclics 2015
Chaque année la Convention CoCyclics permet aux membres du forum de se réunir le temps d'un gros week-end, pour discuter, assister à des ateliers sur l'écriture et la publication, participer à diverses activités, se rencontrer, etc. Cette année, elle a eu lieu les 25-27 septembre au gîte de loisirs de Mery-sur-Seine et a rassemblé 49 personnes. Loin des réseaux internet et mobile, place à la détente et à la littérature SFFF !
Pour ce compte-rendu, l'équipe du blog a décidé de laisser la parole à des habitué·e·s et à de nouveaux membres du forum, ainsi qu'à l'équipe d'organisation.
Petit glossaire des surnoms donnés au forum et à ses membres :
Ifuldrita nous raconte sa première venue :
Ma première convention... Par où commencer ? Peut-être par « l'avant ». En m'inscrivant à la convention, je ne savais pas à quoi m'attendre. Est-ce qu'on allait passer le week-end à discuter de nos projets et d'autres choses autour de verres du fameux nénuphou (un peu comme dans les petites IRL que j'avais déjà faites sur Paris) ? Est-ce qu'on allait faire des courses en sautant dans des sacs à patates façon week-end d'intégration ? Résultat : un peu des deux et plus encore ! Effectivement, au programme : de belles rencontres avec des personnes maintes fois croisées sur le forum (« On s'entend bien sur la Mare, mais est-ce que ce sera la même chose en vrai ? ». Réponse : oui !) ainsi qu'avec de nouvelles ; des retrouvailles avec les quelques-unes que je connaissais déjà ; la découverte d'un fourmillement de projets plus alléchants les uns que les autres ; une course façon « La carte au trésor » version SFFF (oui, oui, j'ai couru !) ; des conférences et tables rondes ô combien enrichissantes ; un atelier quelque peu (non, en fait très) tardif où l'on fait de son mieux ; des parties de Loup-garous et moult autres jeux de société rondement menées ; un atelier pitchs ultra-stressant (où l'on se rend compte que venir juste avec un pitch, ça n'est pas suffisant).
Bien sûr, je vous l'ai faite version courte !
Ce que je retiendrai le plus de ce week-end à l'organisation impeccable ? Les yeux brillants d'enthousiasme des grenouilles, ma prise de conscience du boulot monstre qu'abattent toutes les équipes de la Mare, ainsi qu'une envie soudaine de me bouger pour terminer mes projets.
Merci à toutes les grenouilles pour ce qu'elles sont et à l'année prochaine, j'espère !
Têtard potté se drape dans sa cape violette pour nous avouer un complot (ou pas !)
L'équipe violette, doux surnom des modérateurs challenge 1er jet, était venue en force : Aramis, Arcane, Cyberlune, Ayalys et moi, soit cinq membres sur les neuf. Était-ce pour effrayer la modération générale, représentée par Anaïs et Valerianne, ou l'équipe de modération des cycles, représentée par Ardawal et Conteuse ? Nous resterons muettes sur le sujet et toute tentative pour nous faire parler (sans chocolat) se soldera par un échec !
De nombreux papotages nous ont permis de faire plus ample connaissance avec l'une de nos dernières recrues, Arcane, que nous rencontrions pour la première fois IRL. Nous avons également discuté travail. Les défis 2015 ont beaucoup inspiré les participants des challenges. Nous leur en réservons un dernier qui sera lancé à la mi-octobre. Placé sous le signe du frisson, celui-ci aussi devrait leur plaire ! Nous avons fait un petit point sur les nouveautés 2015 et commencé à préparer la session 2016.
Après cela, épuisées, nous nous sommes soumises au shooting photo de Hatsh. Chacune d'entre nous a ensuite remplacé son avatar par sa photo de star. Il se murmure d'ailleurs que notre autorité et notre crédibilité ne s'en relèveront pas !
Llyana, qui a revêtu la cape violette peu après son retour de la Convention, a elle aussi découvert pour la première fois ce rassemblement étrange...
Il y a toujours un monde entre échanger sur Internet et passer un week-end entier avec de quasi-inconnus. Je savais que j'allais affronter des dortoirs et des salles de bains communes (Mon pyjama est-il présentable ? Pourvu que je ne ronfle pas !), sans parler des tâches ménagères qu'entraîne la concentration d'une cinquantaine de personnes. Et puis, l'écrivain est-il toujours très sociable ? N'y allait-il pas y avoir des étincelles entre tant de brillants esprits ? Bref, je suis partie avec quelques appréhensions tenaces.
Heureusement, les mêmes organisation et bienveillance qui règnent sur le forum se retrouvaient dans le gîte. Sur place, j'ai été happée par un foisonnement d'activités et de rencontres. Un rassemblement de cette ampleur permet de se rendre compte de la diversité des grenouilles : les participants sont de tout âge et de toute origine (quelques-uns venaient même de l'étranger), exercent toutes sortes de métiers, mais tous sont réunis autour de l'amour de la littérature SFFF. Le contact se révèle facile ; impossible de compter les bavardages, les rires et les jeux.
Les discussions ont souvent été entrecoupées de pauses plus studieuses. J'ai ainsi eu l'occasion de faire de la béta-lecture avec l'auteur de l'extrait qui réagissait à mes commentaires en direct, sans parler de séances d'écriture plutôt laborieuses (mention spéciale à celle qui s'est tenue à 2 heures du matin).
Les 44 heures se sont déroulées sans accroc. Rompue mais encore exaltée, je suis partie comme prévu le dimanche avant le dernier repas. L'année prochaine, je serai moins hésitante : je resterai le plus longtemps possible !
Quand l'appétit va, tout va ! Remercions donc notre équipe cuisine de choc ! Illiane explique les coulisses :
Nourrir un attroupement de grenouilles n'est pas chose aisée. Un objectif : empêcher tout ce petit monde de mourir de faim pendant la convention, tout en tenant compte de leurs différents régimes alimentaires.
Heureusement, l'équipe cuisine, composée d'Anaïs et d'Illiane, s'y est attelée, aidées par une horde de volontaires. C'est qu'il y avait fort à faire, entre l'expédition pour faire des courses, la vérification des allergènes contenus dans les plats mitonnés par les grenouilles arrivant sur le gîte, la préparation des salades ainsi que le découpage des légumes et évidemment la vaisselle (avec son lave-vaisselle high tech dompté d'une main de maître par Lilie).
Et malgré toute la planification en amont, les imprévus restent de mise, en particulier lorsque l'équipe s'est rendue compte le samedi après-midi qu'il n'y aurait jamais assez de pain pour le lendemain ou lors de la découverte des fameuses pommes mystères ayant atterri dans notre caddie sans raison connue. Après une longue réflexion, l'équipe cuisine a fini par trouver le fin mot de l'histoire : en voulant traverser le multivers, un ours au miel a semé sa récolte d'automne et une faille spatio-temporelle aboutissant dans le fameux caddie a fait le reste. Quoi de plus normal, pour une convention CoCyclics ?
Pour dépenser toute cette énergie et tester leurs connaissances en SFFF, une chasse au trésor était programmée par la magistrale Valerianne :
Ah, la Convention. Moment paisible et serein. Les oiseaux chantent, le bruissement du vent et le clapotis du fleuve bercent le gîte. Et soudain, tout vole en éclats : une vingtaine de grenouilles se jette à l'assaut des buissons, court le long des berges et pousse des cris en dénichant des parchemins ! Pourquoi ? Car elle participe à la chasse au trésor, dont le but est aussi fou que téméraire : piller la réserve chocolatée de Super Grenouille.
En amont du grand jour, dans le secret de son antre machiavélique, Valerianne a concocté des énigmes mêlant rébus, codes, alphabets étranges et références SFFF obscures. Son méfait accompli, elle a pu compter sur son acolyte Hatsh, qui a suggéré des améliorations diaboliques.
Le samedi de la Convention, les deux compères ont secrètement quitté le logis pour disséminer dans les alentours les 8 parchemins des énigmes : elles ont traqué les meilleures cachettes dans des bosquets, sous du lierre ou au creux d'un arbre fendu.
14 heures est vite arrivée. Les grenouilles ont formé des équipes pour participer à la grande chasse : les Chaussettes, l'Équipe Fouettarde, les Fous, les Inspirés, les Meilleurs et les Petits Oursons étaient prêts à en découdre !
À 14h15, le grand départ a été lancé : les équipes se sont lancées dans une bataille de mots et de neurones. Chaque fois qu'elles découvraient une énigme, elles devaient la résoudre puis envoyer par SMS la solution à Valerianne. Selon son humeur et le bon vouloir du réseau téléphonique, Valerianne leur indiquait alors la localisation du prochain parchemin. De jeu de piste en casse-tête, les équipes ont parcouru les bords de Seine dans une belle ambiance, où les cris d'excitation (et parfois de frustration !) se mêlaient aux rires. Et au bout d'un chemin semé d'embûches plus ou moins volontaires (nous tairons le moment où Valerianne a envoyé le mauvais indice à une équipe, la plongeant dans un abîme de réflexion), les grenouilles ont affronté le dernier défi échafaudé par Hatsh.
Au final, toutes les équipes ont triomphé et passé un moment convivial, un peu fou et désordonné, intense et amusant, sans jamais perdre de vue l'esprit de la Mare : entraide, bonne humeur et amour de la SFFF et du chocolat !
D'ailleurs, Akalou, fraîchement passée BL vert-sapin sur le forum, ne risque pas d'oublier sa première convention de sitôt...
Après quelques heures de route au cours desquelles j'ai découvert le concept du geocaching, je suis arrivée sur le site de la convention, un lieu charmant au flanc d'une bébé Seine. Plusieurs grenouilles se trouvaient déjà sur place, groupées aux endroits stratégiques, à savoir la cuisine et les tables dans la cour. C'est à ce moment que j'ai dû essayer de stocker dans ma petite mémoire tous les pseudos, prénoms et visages des chers batraciens. Heureusement, les organisateurs avaient anticipé le problème. Les bobines des participants étaient affichées dans un couloir avec les noms, pseudo et avatars.
Après avoir donné un coup de main en cuisine, je suis allée assister à la conférence/discussion d'Ivan sur « Les outils d'architecture » pendant laquelle on a abordé plein de thèmes intéressants autour de la construction d'un récit. Dommage que nos estomacs grognards aient eu le mot de la fin à la place de la conférence. [Pour lire la présentation d'Ivan en ligne, clique ici !]
Lors du dîner nous nous sommes délectés des bons petits plats amenés par les grenouilles (mention spéciale au succulent saucisson de Rennes reine renne de Verlane).
Le lendemain, j'ai participé à l'atelier micro-nouvelles animé par Atar. Outre que j'ai appris l'existence de bestioles étranges comme le pépin (texte TRÈS court de 300 signes maximum) et la micro-nouvelle (2000 signes maximum), ça m'a permis de me débloquer sur le format court qui était un peu ma bête noire.
Après un très bon repas de salades composées par les soins d'Anaïs et illiane, notre équipe cuisine, nous sommes partis en plusieurs équipes à la recherche du trésor de Super Grenouille (entité fictive toute-puissante du forum) via la chasse au trésor organisée par Valerianne. Les énigmes étaient coriaces et les questions littérature SFFF demandaient une culture qui me faisait défaut. Malgré tout, notre équipe a fini 3e (oui bon, c'était la dernière place ex-æquo avec 3 autres équipes...) !
Une fois l'effervescence de la chasse estompée, nous avons été nombreux à assister à la table ronde « Le cycle et après » avec Arya et Isaiah qui répondaient aux questions de Booz. Cela m'a permis de réaliser plus concrètement comment se passent la recherche et la relation avec un éditeur, et de voir que malgré les difficultés, il ne faut jamais désespérer.
Les Oranges présents (Aéthra, Amonis, Arya, Beorn, Fred, Nankin, Siècle) nous ont ensuite fait profiter d'un discours étonnamment divertissant, au cours duquel j'ai pu me rendre compte de la vastitude du forum et de la masse de travail effectuée par de nombreux courageux membres.
Un dîner de pâtes aux sauces exquises a précédé une soirée jeux au cours de laquelle les loups-garous ont démontré leur supériorité en croquant avidement tous les villageois sans défense.
La soirée étant bien avancée, j'ai décidé de me mettre au lit et de faire une croix sur le dernier atelier d'écriture.
Le dimanche est passé en un éclair, entre donner des bises à ceux qui partaient et un peu de lecture, il était déjà temps de déjeuner. Une dernière partie de Hanabi pour la route puis nous avons rejoint la gare, des petits cœurs encore plein les yeux.
La convention, ce sont donc aussi des ateliers et des défis d'écriture. Un atelier d'entraînement au pitch oral a été lancé par Beorn, Vestrit, Lullaby, Isaiah et Lilie - cette dernière nous le présente :
Cette année, l'équipe organisatrice de la convention a décidé de renouveler l'atelier sur les pitchs en lui faisant prendre une forme nouvelle...
Un jeu de rôle a été mis en place (trois ou quatre tables disposées dans une salle, et des duos « faux éditeurs » / vrais auteurs) afin de recréer l'atmosphère d'une rencontre éditoriale IRL et de mettre en condition celles et ceux qui voulaient travailler sur la présentation orale de leurs textes !
Plusieurs grenouilles se sont prêtées au jeu. Du côté des faux éditeurs, Beorn, Isaiah, Lullaby, Vestrit et moi-même étions sur le pont afin de bêta-écouter les courageux et courageuses que l'exercice a attiré.
Car une fois le pitch énoncé et la séance de questions-réponses terminée, les échanges se sont poursuivis. Si l'écrit représente bien le cœur du métier d'écrivain, maîtriser la communication orale, que ce soit avec un éditeur ou un lecteur, fait partie des nombreux défis d'auteur à relever. Les « faux éditeurs » avaient donc pour mission de fournir aux participant·e·s un retour, le plus complet possible. Comme pour une bêta-lecture sur le forum, il s'agissait d'exprimer un ressenti et de guider les auteurs dans leur communication, de montrer que l'oral pouvait se travailler au même titre que l'écrit.
Mission accomplie ? Le travail continue sur la Mare ou dans les futures rencontres...
Têtard potté nous en fait le récit d'une survivante :
Après les explications théoriques est venu le temps de la pratique. Les candidats au pitch, le regard effrayé par cet exercice retors, se sont répartis en deux groupes. Le premier est passé tout de suite, l'autre a filé – pardon, est parti s'entraîner dans le couloir.
Je faisais partie de la seconde vague. Aidée par Valerianne, Verlane et Alaric, j'ai commencé à comprendre que je faisais fausse route avec mon pitch, trop riche en informations. Lorsqu'est venu mon tour d'affronter Vestrit dans son rôle de faux éditeur, elle m'a écoutée, pressée de questions sur les personnages, l'univers, l'intrigue pour finalement mettre le doigt sur le défaut majeur : mon pitch partait dans trois directions différentes et fourvoyait l'interlocuteur. Une fois posée la question : « Mais de quoi parle ton roman ? », j'ai enfin compris ce qu'on attendait d'un pitch. Deux phrases m'ont alors suffi pour présenter un pitch qui avait fière allure ! Un grand merci à Vestrit et à toute l'équipe pitch !
Pour finir, laissons la parole à celle qui a géré l'organisation de la convention ces trois dernières années et qui tire sa révérence : vestrit.
Organiser la convention ces 3 dernières années a été à la fois épuisant et tout à fait merveilleux. Épuisant, parce qu'il faut chasser le gîte au péril de sa vie, réunir les grenouilles sauvages pour l'équipe et discipliner tout ce petit monde coassant. Fantastique, parce que les grenouilles sont en fait plutôt adorables et que travailler avec elles est un bonheur. Gratifiant, enfin, car voir les gens profiter de leur week-end, passer un bon moment, sans toujours soupçonner tous les rouages de la convention n'a pas de prix.
Cette année fut pour moi la dernière aux commandes. La dernière dans l'organisation tout court, d'ailleurs.
La convention 2015 avait cette petite saveur d'ultime fois à surveiller que tout le monde a trouvé son lit, que les gens arrivent à bon port et repartent aussi bien, de vider les poubelles après le départ de tous. Je ne vous le cache pas, ce sera un soulagement de ne plus avoir à se soucier de tous les détails.
Mais cela me manquera probablement. Car, au-delà de mon complexe d'hyper-contrôle, mon équipe va me manquer.
Mes chères grenouilles de l'organisation, vous avez fait un super boulot, comme toujours, et je regretterai de ne plus travailler avec vous. Mais je quitte l'équipe sereine, car je sais que je la remets entre de bonnes mains. On se retrouve sur d'autres eaux de la Mare !
Oui, un grand merci à toute l'équipe d'organisation et aux membres qui ont participé à la rédaction de cet article !
Pour ce compte-rendu, l'équipe du blog a décidé de laisser la parole à des habitué·e·s et à de nouveaux membres du forum, ainsi qu'à l'équipe d'organisation.
Petit glossaire des surnoms donnés au forum et à ses membres :
- Le forum : la Mare
- Les membres du forum : les grenouilles
- Les administrateurs : les Permanents ou les Oranges (dû à la couleur de leur pseudo)
- L'équipe de modération de la section "Challenges 1er jet" : les capes violettes (due à la couleur de leur pseudo)
- Les mascottes du forum : Super Grenouille, Super Reinette et Super Têtard.
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| ©Gîte Loisirs de Méry-sur-Seine |
Ifuldrita nous raconte sa première venue :
Ma première convention... Par où commencer ? Peut-être par « l'avant ». En m'inscrivant à la convention, je ne savais pas à quoi m'attendre. Est-ce qu'on allait passer le week-end à discuter de nos projets et d'autres choses autour de verres du fameux nénuphou (un peu comme dans les petites IRL que j'avais déjà faites sur Paris) ? Est-ce qu'on allait faire des courses en sautant dans des sacs à patates façon week-end d'intégration ? Résultat : un peu des deux et plus encore ! Effectivement, au programme : de belles rencontres avec des personnes maintes fois croisées sur le forum (« On s'entend bien sur la Mare, mais est-ce que ce sera la même chose en vrai ? ». Réponse : oui !) ainsi qu'avec de nouvelles ; des retrouvailles avec les quelques-unes que je connaissais déjà ; la découverte d'un fourmillement de projets plus alléchants les uns que les autres ; une course façon « La carte au trésor » version SFFF (oui, oui, j'ai couru !) ; des conférences et tables rondes ô combien enrichissantes ; un atelier quelque peu (non, en fait très) tardif où l'on fait de son mieux ; des parties de Loup-garous et moult autres jeux de société rondement menées ; un atelier pitchs ultra-stressant (où l'on se rend compte que venir juste avec un pitch, ça n'est pas suffisant).
Bien sûr, je vous l'ai faite version courte !
Ce que je retiendrai le plus de ce week-end à l'organisation impeccable ? Les yeux brillants d'enthousiasme des grenouilles, ma prise de conscience du boulot monstre qu'abattent toutes les équipes de la Mare, ainsi qu'une envie soudaine de me bouger pour terminer mes projets.
Merci à toutes les grenouilles pour ce qu'elles sont et à l'année prochaine, j'espère !
Têtard potté se drape dans sa cape violette pour nous avouer un complot (ou pas !)
L'équipe violette, doux surnom des modérateurs challenge 1er jet, était venue en force : Aramis, Arcane, Cyberlune, Ayalys et moi, soit cinq membres sur les neuf. Était-ce pour effrayer la modération générale, représentée par Anaïs et Valerianne, ou l'équipe de modération des cycles, représentée par Ardawal et Conteuse ? Nous resterons muettes sur le sujet et toute tentative pour nous faire parler (sans chocolat) se soldera par un échec !
De nombreux papotages nous ont permis de faire plus ample connaissance avec l'une de nos dernières recrues, Arcane, que nous rencontrions pour la première fois IRL. Nous avons également discuté travail. Les défis 2015 ont beaucoup inspiré les participants des challenges. Nous leur en réservons un dernier qui sera lancé à la mi-octobre. Placé sous le signe du frisson, celui-ci aussi devrait leur plaire ! Nous avons fait un petit point sur les nouveautés 2015 et commencé à préparer la session 2016.
Après cela, épuisées, nous nous sommes soumises au shooting photo de Hatsh. Chacune d'entre nous a ensuite remplacé son avatar par sa photo de star. Il se murmure d'ailleurs que notre autorité et notre crédibilité ne s'en relèveront pas !
| Des modératrices en forme ! (©Hatsh) |
Llyana, qui a revêtu la cape violette peu après son retour de la Convention, a elle aussi découvert pour la première fois ce rassemblement étrange...
Il y a toujours un monde entre échanger sur Internet et passer un week-end entier avec de quasi-inconnus. Je savais que j'allais affronter des dortoirs et des salles de bains communes (Mon pyjama est-il présentable ? Pourvu que je ne ronfle pas !), sans parler des tâches ménagères qu'entraîne la concentration d'une cinquantaine de personnes. Et puis, l'écrivain est-il toujours très sociable ? N'y allait-il pas y avoir des étincelles entre tant de brillants esprits ? Bref, je suis partie avec quelques appréhensions tenaces.
Heureusement, les mêmes organisation et bienveillance qui règnent sur le forum se retrouvaient dans le gîte. Sur place, j'ai été happée par un foisonnement d'activités et de rencontres. Un rassemblement de cette ampleur permet de se rendre compte de la diversité des grenouilles : les participants sont de tout âge et de toute origine (quelques-uns venaient même de l'étranger), exercent toutes sortes de métiers, mais tous sont réunis autour de l'amour de la littérature SFFF. Le contact se révèle facile ; impossible de compter les bavardages, les rires et les jeux.
Les discussions ont souvent été entrecoupées de pauses plus studieuses. J'ai ainsi eu l'occasion de faire de la béta-lecture avec l'auteur de l'extrait qui réagissait à mes commentaires en direct, sans parler de séances d'écriture plutôt laborieuses (mention spéciale à celle qui s'est tenue à 2 heures du matin).
Les 44 heures se sont déroulées sans accroc. Rompue mais encore exaltée, je suis partie comme prévu le dimanche avant le dernier repas. L'année prochaine, je serai moins hésitante : je resterai le plus longtemps possible !
| Vive le soleil et les tablées en plein air ! (©Ereneril) |
Quand l'appétit va, tout va ! Remercions donc notre équipe cuisine de choc ! Illiane explique les coulisses :
Nourrir un attroupement de grenouilles n'est pas chose aisée. Un objectif : empêcher tout ce petit monde de mourir de faim pendant la convention, tout en tenant compte de leurs différents régimes alimentaires.
Heureusement, l'équipe cuisine, composée d'Anaïs et d'Illiane, s'y est attelée, aidées par une horde de volontaires. C'est qu'il y avait fort à faire, entre l'expédition pour faire des courses, la vérification des allergènes contenus dans les plats mitonnés par les grenouilles arrivant sur le gîte, la préparation des salades ainsi que le découpage des légumes et évidemment la vaisselle (avec son lave-vaisselle high tech dompté d'une main de maître par Lilie).
Et malgré toute la planification en amont, les imprévus restent de mise, en particulier lorsque l'équipe s'est rendue compte le samedi après-midi qu'il n'y aurait jamais assez de pain pour le lendemain ou lors de la découverte des fameuses pommes mystères ayant atterri dans notre caddie sans raison connue. Après une longue réflexion, l'équipe cuisine a fini par trouver le fin mot de l'histoire : en voulant traverser le multivers, un ours au miel a semé sa récolte d'automne et une faille spatio-temporelle aboutissant dans le fameux caddie a fait le reste. Quoi de plus normal, pour une convention CoCyclics ?
| Une équipe cuisine de choc ! (©Hatsh) |
Pour dépenser toute cette énergie et tester leurs connaissances en SFFF, une chasse au trésor était programmée par la magistrale Valerianne :
Ah, la Convention. Moment paisible et serein. Les oiseaux chantent, le bruissement du vent et le clapotis du fleuve bercent le gîte. Et soudain, tout vole en éclats : une vingtaine de grenouilles se jette à l'assaut des buissons, court le long des berges et pousse des cris en dénichant des parchemins ! Pourquoi ? Car elle participe à la chasse au trésor, dont le but est aussi fou que téméraire : piller la réserve chocolatée de Super Grenouille.
En amont du grand jour, dans le secret de son antre machiavélique, Valerianne a concocté des énigmes mêlant rébus, codes, alphabets étranges et références SFFF obscures. Son méfait accompli, elle a pu compter sur son acolyte Hatsh, qui a suggéré des améliorations diaboliques.
Le samedi de la Convention, les deux compères ont secrètement quitté le logis pour disséminer dans les alentours les 8 parchemins des énigmes : elles ont traqué les meilleures cachettes dans des bosquets, sous du lierre ou au creux d'un arbre fendu.
14 heures est vite arrivée. Les grenouilles ont formé des équipes pour participer à la grande chasse : les Chaussettes, l'Équipe Fouettarde, les Fous, les Inspirés, les Meilleurs et les Petits Oursons étaient prêts à en découdre !
À 14h15, le grand départ a été lancé : les équipes se sont lancées dans une bataille de mots et de neurones. Chaque fois qu'elles découvraient une énigme, elles devaient la résoudre puis envoyer par SMS la solution à Valerianne. Selon son humeur et le bon vouloir du réseau téléphonique, Valerianne leur indiquait alors la localisation du prochain parchemin. De jeu de piste en casse-tête, les équipes ont parcouru les bords de Seine dans une belle ambiance, où les cris d'excitation (et parfois de frustration !) se mêlaient aux rires. Et au bout d'un chemin semé d'embûches plus ou moins volontaires (nous tairons le moment où Valerianne a envoyé le mauvais indice à une équipe, la plongeant dans un abîme de réflexion), les grenouilles ont affronté le dernier défi échafaudé par Hatsh.
Au final, toutes les équipes ont triomphé et passé un moment convivial, un peu fou et désordonné, intense et amusant, sans jamais perdre de vue l'esprit de la Mare : entraide, bonne humeur et amour de la SFFF et du chocolat !
D'ailleurs, Akalou, fraîchement passée BL vert-sapin sur le forum, ne risque pas d'oublier sa première convention de sitôt...
Après quelques heures de route au cours desquelles j'ai découvert le concept du geocaching, je suis arrivée sur le site de la convention, un lieu charmant au flanc d'une bébé Seine. Plusieurs grenouilles se trouvaient déjà sur place, groupées aux endroits stratégiques, à savoir la cuisine et les tables dans la cour. C'est à ce moment que j'ai dû essayer de stocker dans ma petite mémoire tous les pseudos, prénoms et visages des chers batraciens. Heureusement, les organisateurs avaient anticipé le problème. Les bobines des participants étaient affichées dans un couloir avec les noms, pseudo et avatars.
Après avoir donné un coup de main en cuisine, je suis allée assister à la conférence/discussion d'Ivan sur « Les outils d'architecture » pendant laquelle on a abordé plein de thèmes intéressants autour de la construction d'un récit. Dommage que nos estomacs grognards aient eu le mot de la fin à la place de la conférence. [Pour lire la présentation d'Ivan en ligne, clique ici !]
Lors du dîner nous nous sommes délectés des bons petits plats amenés par les grenouilles (mention spéciale au succulent saucisson de Rennes reine renne de Verlane).
Le lendemain, j'ai participé à l'atelier micro-nouvelles animé par Atar. Outre que j'ai appris l'existence de bestioles étranges comme le pépin (texte TRÈS court de 300 signes maximum) et la micro-nouvelle (2000 signes maximum), ça m'a permis de me débloquer sur le format court qui était un peu ma bête noire.
Après un très bon repas de salades composées par les soins d'Anaïs et illiane, notre équipe cuisine, nous sommes partis en plusieurs équipes à la recherche du trésor de Super Grenouille (entité fictive toute-puissante du forum) via la chasse au trésor organisée par Valerianne. Les énigmes étaient coriaces et les questions littérature SFFF demandaient une culture qui me faisait défaut. Malgré tout, notre équipe a fini 3e (oui bon, c'était la dernière place ex-æquo avec 3 autres équipes...) !
Une fois l'effervescence de la chasse estompée, nous avons été nombreux à assister à la table ronde « Le cycle et après » avec Arya et Isaiah qui répondaient aux questions de Booz. Cela m'a permis de réaliser plus concrètement comment se passent la recherche et la relation avec un éditeur, et de voir que malgré les difficultés, il ne faut jamais désespérer.
Les Oranges présents (Aéthra, Amonis, Arya, Beorn, Fred, Nankin, Siècle) nous ont ensuite fait profiter d'un discours étonnamment divertissant, au cours duquel j'ai pu me rendre compte de la vastitude du forum et de la masse de travail effectuée par de nombreux courageux membres.
Un dîner de pâtes aux sauces exquises a précédé une soirée jeux au cours de laquelle les loups-garous ont démontré leur supériorité en croquant avidement tous les villageois sans défense.
La soirée étant bien avancée, j'ai décidé de me mettre au lit et de faire une croix sur le dernier atelier d'écriture.
Le dimanche est passé en un éclair, entre donner des bises à ceux qui partaient et un peu de lecture, il était déjà temps de déjeuner. Une dernière partie de Hanabi pour la route puis nous avons rejoint la gare, des petits cœurs encore plein les yeux.
| La méthode architecte selon Ivan : une ambiance studieuse règne... (©Ereneril) |
La convention, ce sont donc aussi des ateliers et des défis d'écriture. Un atelier d'entraînement au pitch oral a été lancé par Beorn, Vestrit, Lullaby, Isaiah et Lilie - cette dernière nous le présente :
Cette année, l'équipe organisatrice de la convention a décidé de renouveler l'atelier sur les pitchs en lui faisant prendre une forme nouvelle...
Un jeu de rôle a été mis en place (trois ou quatre tables disposées dans une salle, et des duos « faux éditeurs » / vrais auteurs) afin de recréer l'atmosphère d'une rencontre éditoriale IRL et de mettre en condition celles et ceux qui voulaient travailler sur la présentation orale de leurs textes !
Plusieurs grenouilles se sont prêtées au jeu. Du côté des faux éditeurs, Beorn, Isaiah, Lullaby, Vestrit et moi-même étions sur le pont afin de bêta-écouter les courageux et courageuses que l'exercice a attiré.
Car une fois le pitch énoncé et la séance de questions-réponses terminée, les échanges se sont poursuivis. Si l'écrit représente bien le cœur du métier d'écrivain, maîtriser la communication orale, que ce soit avec un éditeur ou un lecteur, fait partie des nombreux défis d'auteur à relever. Les « faux éditeurs » avaient donc pour mission de fournir aux participant·e·s un retour, le plus complet possible. Comme pour une bêta-lecture sur le forum, il s'agissait d'exprimer un ressenti et de guider les auteurs dans leur communication, de montrer que l'oral pouvait se travailler au même titre que l'écrit.
Mission accomplie ? Le travail continue sur la Mare ou dans les futures rencontres...
| Pas facile de pitcher... (©Hatsh) |
Après les explications théoriques est venu le temps de la pratique. Les candidats au pitch, le regard effrayé par cet exercice retors, se sont répartis en deux groupes. Le premier est passé tout de suite, l'autre a filé – pardon, est parti s'entraîner dans le couloir.
Je faisais partie de la seconde vague. Aidée par Valerianne, Verlane et Alaric, j'ai commencé à comprendre que je faisais fausse route avec mon pitch, trop riche en informations. Lorsqu'est venu mon tour d'affronter Vestrit dans son rôle de faux éditeur, elle m'a écoutée, pressée de questions sur les personnages, l'univers, l'intrigue pour finalement mettre le doigt sur le défaut majeur : mon pitch partait dans trois directions différentes et fourvoyait l'interlocuteur. Une fois posée la question : « Mais de quoi parle ton roman ? », j'ai enfin compris ce qu'on attendait d'un pitch. Deux phrases m'ont alors suffi pour présenter un pitch qui avait fière allure ! Un grand merci à Vestrit et à toute l'équipe pitch !
Pour finir, laissons la parole à celle qui a géré l'organisation de la convention ces trois dernières années et qui tire sa révérence : vestrit.
Organiser la convention ces 3 dernières années a été à la fois épuisant et tout à fait merveilleux. Épuisant, parce qu'il faut chasser le gîte au péril de sa vie, réunir les grenouilles sauvages pour l'équipe et discipliner tout ce petit monde coassant. Fantastique, parce que les grenouilles sont en fait plutôt adorables et que travailler avec elles est un bonheur. Gratifiant, enfin, car voir les gens profiter de leur week-end, passer un bon moment, sans toujours soupçonner tous les rouages de la convention n'a pas de prix.
Cette année fut pour moi la dernière aux commandes. La dernière dans l'organisation tout court, d'ailleurs.
La convention 2015 avait cette petite saveur d'ultime fois à surveiller que tout le monde a trouvé son lit, que les gens arrivent à bon port et repartent aussi bien, de vider les poubelles après le départ de tous. Je ne vous le cache pas, ce sera un soulagement de ne plus avoir à se soucier de tous les détails.
Mais cela me manquera probablement. Car, au-delà de mon complexe d'hyper-contrôle, mon équipe va me manquer.
Mes chères grenouilles de l'organisation, vous avez fait un super boulot, comme toujours, et je regretterai de ne plus travailler avec vous. Mais je quitte l'équipe sereine, car je sais que je la remets entre de bonnes mains. On se retrouve sur d'autres eaux de la Mare !
Oui, un grand merci à toute l'équipe d'organisation et aux membres qui ont participé à la rédaction de cet article !
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