jeudi 12 juin 2014

La bande-annonce de l'été 2014

Alors que l'été se profile à l'horizon, le soleil se faisant plus chaud et l'air plus lourd, les membres de l'équipe du blog Tintama(r)re vous préparent une vague d'articles fleurant bon le printemps.

Si le blog a été relativement calme depuis le début de l'année, c'était pour mieux reprendre son souffle et se lancer dans le récit des activités des membres du forum CoCyclics, des publications d'auteur·e·s de CoCyclics, et des actualités SFFF.
Par ailleurs, une nouvelle équipe du blog est en cours de formation, et ce dernier va prochainement subir un petit toilettage...


Petit teaser des articles à venir :
  • Retour sur les Imaginales !
Tout, vous saurez tout sur la présence des membres du forum aux Imaginales, le match d'écriture et le speed dating. Une équipe de choc vous prépare des comptes-rendus, des témoignages et des anecdotes à profusion !

  • Entretiens croisés !
Trois auteur·e·s de CoCyclics seront à l'honneur, après avoir été récompensé·e·s aux mois de mai et de juin.
- Cindy Van Wilder, Les Outrepasseurs T.1, éd. Gulf Stream : Prix Jeunesse des Imaginales 2014.
- Paul Beorn et Silène Edgard, 14-14, éd. Castelmore : Prix Gulli 2014.

  • Secrets d'anthologiste !
Sur le grill de notre reporter attitrée sur ce thème : l'anthologiste de Malpertuis, Thomas Bauduret.

  • Bilans de mi-année
Eh oui, c'est déjà la fin du premier semestre 2014, l'heure pour nos équipes responsables des sections Challenges 1er jet et Cycles de dresser un bilan.Quels sont les projets ouverts ou repris ? Où en sont les auteur·e·s en cycle ? Quels sont les novellas et les romans estampillés ?

  • Tout, vous saurez tout sur...
- Le NaNoWriMo de juillet, vu par les grenouilles du forum CoCyclics
- Le forum Co-Lecteurs
- Un certain auteur de manuels d'écriture...


À bientôt par-ici !
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lundi 5 mai 2014

Or et Nuit, de Mathieu Rivero

Son cycle tout juste terminé, Mathieu Rivero a accepté de répondre aux questions de l'équipe de Tintamar(r)e.

Bonjour Mathieu,

Tout d'abord, peux-tu nous présenter ton roman, Or et Nuit en quelques mots ?

Hello ! Il s'agit d'un roman de fantasy pour adultes. Il se déroule dans un Orient fictif où un jeune sultan à la dynastie maudite lutte pour conserver un héritage ancestral : son sang. Dans son corps coule une magie qui attise la convoitise des djinns autant que celle des hommes. Pris entre complots et guerres, le sultan rencontre la reine Shéhérazade, qui l'accompagne dans son épopée tragique et narre l'histoire.

Tu as donc décidé de nous plonger dans un univers oriental, pourquoi un tel choix pour cette histoire ?

J'aime beaucoup les chevaliers, les extraterrestres et les vampires, mais certains font ça beaucoup mieux que moi ! Pour expliquer ce choix, il faut sans doute que j'explique la genèse du projet : au départ, ce qui m'intéressait, c'était la position centrale du sultan. Pour tout le monde, l'herbe est plus verte chez lui.

Et puis inventer un monde de toutes pièces ne m'intéressait pas tant que ça, j'ai préféré réutiliser un folklore existant. De fil en aiguille, je suis arrivé à l'Orient avec Azi Dahaka alias Zahhak, alias le sultan-dragon (merci wikipédia !). Donc, en premier, c'est ce folklore perse. Le reste a suivi : on a pas mal de références à l'Inde et même au Népal avec les rakshasas (des esprits malveillants qui perturbent la méditation des moines et que l'on repousse avec de l'encens !). Je pense que l'agglomération des mythes signifie quelque chose. S'ils traversent les âges et se communiquent si bien, c'est que l'on y retrouve quelque chose d'universel.

Avec Shéhérazade en conteuse, pas trop peur d'une confusion du public avec une réécriture des Mille et une Nuits ?

Ah, cette bonne vieille Shéhérazade, elle n'aura pas fini de faire couler l'encre ! Rajouter Shéhérazade a été un choix de réécriture. Elle s'est imposée, une après-midi terne, alors que j'étais sur un des escalators infinis de Châtelet (oui, le métro parisien a su éveiller ma créativité). La révélation a été immédiatement adoptée : c'était si stupide de ne pas y avoir pensé avant, alors que c'était si logique ! Shéhérazade n'a pas arrêté de prendre de l'importance, pour, au final, atteindre un statut de protagoniste, au même titre que le sultan ! En tout cas, non, pas de crainte de ce côté. Le lecteur connaît en général l'histoire cadre des Mille et une Nuits, et le roman se charge de lui rappeler que ce pan d'histoire est déjà passé.

Tu avais travaillé ce roman dans le cadre d'une Tétard avant le cycle, ce qui en cumulé donne une longue période de travail pour cette histoire, quel effet cela fait-il d'avoir terminé ?

Or et Nuit m'a habité – voire hanté – pendant trois ans et demi. Mais en fait, cela fait longtemps que je pense à autre chose, donc, une fois l'euphorie et la sensation de vide passées, tout est revenu à la normale : mes blagues débiles, ma philosophie du fromage et mes histoires farfelues sont revenues !

Toi qui as tout testé, quelle a été la phase la plus dure en terme de retravail ?

Il n'y a pas d'autre endroit où je peux le dire : mes relecteurs, je vous adore !
Indéniablement la phase IV. La têtard est une route longue, un peu solitaire, mais c'est comme un deuxième jet, on crée, on élabore. Pareil pour la phase II. Après la têtard, je m'étais juré de ne pas trop réécrire... et c'est plus d'un tiers du roman qui a été remanié de fond en comble, fin incluse !

La phase IV est un retravail minutieux sur chaque recoin de phrase ou obscurité du décor. Et sur un manuscrit revu plusieurs fois, ce n'était pas facile ! Dur de se confronter aux vieux défauts que l'on croyait éradiqués, dur de se souvenir pourquoi on a eu telle idée ou si tel point est cohérent. Et puis on relit le travail fini, et on se dit qu'on a fait de sacrés progrès.

Et maintenant, quelle est la prochaine étape ? D'autres projets sous le coude ?

D'abord, j'envoie mon manuscrit dans une e-bouteille pour que plein d'éditeurs le lisent.

J'ai quelques corrections à faire pour un roman de cyberpunk à paraître chez un éditeur numérique puis en papier chez un autre, dans le courant de l'automne. Il parlera de prothèses, d'Internet illimité dans votre cerveau et de pop-stars cyborgs...
N'oublions pas les nouvelles ! En écrire quelques-unes, en corriger aussi.

Et puis bientôt, j'entamerai une nouvelle aventure en terre hostile, un nouveau roman. Sûrement un truc onirique un peu fou, avec des étudiants fauchés qui se téléportent dans les Bermudes pour empêcher des vilaines fées de manger les paquebots. Ça devrait envoyer du lourd. !

Merci beaucoup pour tes réponses.
Merci pour les questions !

lundi 14 avril 2014

Les dividendes de l'Apocalypse, de Stéphane Desienne

Dans le cadre de la fin de son cycle, Stéphane Desienne a accepté de répondre à quelques questions de l’équipe, questions créées grâce au soutien des alphas et bêtas de ce cycle.

Bonjour Desienne,
Merci d’accepter de répondre à nos questions.
Pour commencer, pourrais-tu te présenter et nous parler de ta série Toxic ?

Je suis auteur de SF, établi sur les bords de la Loire, papa de 2 loulous et aussi des aliens et zombies de Toxic. La série est publiée par Walrus Books et nous venons juste de boucler la saison 1 qui comporte 6 épisodes. Dans la saison 2, de nouvelles épreuves attendent les héros humains. Il y aura toujours autant de zombies pour pimenter les situations, un élargissement du focus sur les aliens et le nébuleux collectif commercial.

Toxic a incubé sur CoCyclics, lors de mon challenge 2012, avant de contaminer les tablettes, les liseuses des lecteurs et lectrices. On doit être vers les 6 000 téléchargements à l'heure actuelle, ce qui est un sympathique succès vu le thème (il faut aimer les zombies, le pulp, les aliens, la SF...) et que je suis un auteur inconnu.
J'en profite d'ailleurs pour remercier ceux et celles qui m'encouragent sur les réseaux sociaux, sur la mare. J'apprécie ce contact direct avec les lecteurs et lectrices.

Pourrais-tu nous présenter ton nouveau roman Les Dividendes de l’Apocalypse en quelques mots ?

Les Dividendes de l'Apocalypse, c'est un coup d'État fomenté pour redonner à l'Église sa place dans l'Histoire. L'ambitieux chef de l'Inquisition décide de faire table rase du passé, et table rase n'est pas qu'une métaphore.

Pour contrer le plan du Grand Inquisiteur, le Secrétaire d'État de la Curie, Joseph Joachim Janssen, n'hésite pas à jeter son ami d'enfance dans la mêlée. Durant vingt-quatre heures, Giuseppe, qui se méfie de celui qu'il appelle J-3, devra sauver le Pape, affronter l'Apocalypse, les Gardes Suisses lancés à ses trousses... et faire équipe avec une mercenaire venue d'un monde extérieur, une infidèle nommée Eryn.

L'action demeure au cœur de l'histoire et alterne entre le point de vue J3 dans les hautes sphères du pouvoir et celui de Giuseppe en fuite avec le Pape.
J'avais imaginé ce récit pour un appel à texte sur l'apocalypse. J'ai rapidement débordé en terme de volume pour me retrouver avec une novella puis, après le cycle, avec un roman.

Ce n'est pas le premier texte où tu abordes des idées de religion en SF. Est-ce un sujet important pour toi ? Pourquoi ?

Ce troisième texte constitue une nouvelle incursion sur ce terrain. J'ai déjà abordé la religion dans Hérésie Minérale, dans la twitter fiction 3000 pieds également.
Le "fait religieux", la croyance, les rites, l'existence d'un ou des dieux et ses volets métaphysiques, philosophiques abondent en Science-Fiction. Curieusement, la religion au sens applicatif (comme peuvent l'être le catholicisme, l'islam, la religion juive, etc.) reste un peu à l'écart. Le futur de l'Église catholique a été relativement peu traité (à part dans Hyperion et Endymion où Dan Simmons transforme l'Église en régime totalitaire et militariste). Je pense que c'est un thème original avec du potentiel narratif.

L'église est une institution qui évolue depuis sa fondation. Elle subit les effets du modernisme, de la mondialisation, de l'évolution des mœurs, de l'exercice du droit, l'érosion de la Foi, etc. Comme toute institution, elle continuera à évoluer en même temps que la société, elle traversera d'autres crises.
La projection de l'Église dans le futur recèle, à mon avis, pas mal d'histoires intéressantes.

J'ai d'ailleurs posé les éléments principaux d'un projet SF qui lui sera entièrement consacrée. Je ne révèle rien du synopsis pour le moment, je peux juste vous dire que l'on va beaucoup s'amuser (et réfléchir un peu aussi).

Pour imaginer le Nouveau Vatican du futur, as-tu écrit une chronologie des événements entre 2014 et le temps du récit ? Si oui, avec quelle précision ?


Le temps du récit se situant à plusieurs siècles de 2014, je n'ai pas défini de chronologie particulière. À la base, je souhaitais réduire le background de manière a laisser la pleine place à l'action. J'ai posé quelques évènements comme l'atomisation de l'ancien Vatican, l'exil sur une planète à l'écart du mercantilisme spatial qui caractérise l'Espace Humain. Je n'avais pas besoin de plus de matériaux pour lancer la course poursuite.

Lors de la phase 1, tes alphas t'ont proposé des bêtas de certains passages ciblés. Est-ce que ça t'a permis de clarifier certaines remarques difficiles à comprendre ? Est-ce que tu le recommanderais pour les futurs cycles ?
Ça m'a beaucoup aidé à mettre le doigt sur des soucis comme le problème des orateurs en train de parler, la surutilisation de "il", la construction de phrases très répétitives, la gestion des informations, le souci de l'empathie pour les personnages...
J'ai demandé à mes alphas s'ils pouvaient m'indiquer les passages incriminés où la concentration de défauts était flagrante. C'est à partir de là que l'idée d'une bêta-lecture d'un passage ou deux s'est imposée. L'idée c'est de sélectionner un ou deux extraits représentatifs, et guidé par les alphas, de définir les problèmes récurrents, ceux qu'on retrouve ailleurs.

L'avantage, c'est de déceler ses défauts plus rapidement et de s'appuyer sur les exemples représentatifs de ses propres "bêtises".
L'inconvénient c'est qu'on aborde déjà un travail de phase 3 et que les détails peuvent détourner l'attention des soucis de fond sur l'articulation de l'histoire.

Au départ de ta bêta-lecture, tu étais très réticent à modifier la taille de ta novella pour la transformer en roman. Regrettes-tu d’avoir fait ce changement de format ? Comment cela s’est-il passé pour toi ?

J'ai mis du temps à réaliser que c'était nécessaire.
J'avais une obsession : l'unité de temps et de lieu. Pour moi, l'histoire se déroulait sur 24 heures, sur Nouveau-Vatican, comme dans la fameuse série 24 ou Jack Bauer avait 24 h pour sauver le président. Ici, Giuseppe a 24 h pour sauver le Pape, le jour de l'Apocalypse (pour faire court). Le parti pris justifiait une mise à l'eau rapide du lecteur, tout de suite trempé dans une action rapide où les évènements et les courses poursuites s'enchainent.

Les bêtas m'ont fait remarquer que la complexité du background (l'Église installée sur un autre monde, le fonctionnement de la théocratie locale, la position acquise par l'Inquisition, le rôle du Pape) conduisait immanquablement à une inflation de la taille du récit afin de rendre l'ensemble plus solide et cohérent.
Ils ont également soulevé la frustration — entre autres — engendrée par la bataille spatiale impliquant l'escadre "Papale" : "trop brève !"

Au départ, j'ai opposé un non catégorique. Les bêtas ont insisté, avec diplomatie, en indiquant des pistes où creuser, en montrant comment le développement de tel aspect amènerait plus de compréhension et d'intérêt. Ils ont fait preuve d'une exceptionnelle patience, le temps que j'absorbe tout cela.

J'ai grincé des dents au départ, parce que je m'imaginais qu'il fallait tout refaire. S’ils insistaient, c'est qu'ils voyaient des choses que je ne voyais pas. Alors, j'ai mis le texte de côté pendant un moment. Avant de revenir dessus, à froid. Et de comprendre ce qu'ils voulaient me dire.

Je ne regrette pas le changement de format, et je pense que le récit a acquis davantage de profondeur ainsi, même si j'ai dû dire au revoir à mes idées fixes.

Tu as laissé passer un long moment entre les retours de tes bêtas-lecteurs et le début de tes corrections, par contre, une fois lancé, tu as terminé très vite. Est-ce une méthode de travail habituel pour toi ?


Ça a déjà été le cas lors de mon premier cycle.
J'imagine qu'il me faut du temps pour absorber l'ensemble des informations apportées par les alphas et bêtas. Le temps d'attente est un moment où je rumine beaucoup. Il faut comprendre les remarques, les digérer, les intégrer sachant qu'elles impliquent le style, l'histoire, les personnages, le background, de nombreux détails... et que le tout se mélange dans ma tête. Cela me demande du temps quand il y a des points de blocage et des doutes.

Tout cela tourne dans mon esprit jusqu'au moment où les pièces s'alignent et qu'un cheminement apparaît : c'est à cet instant que je déroule la correction, très vite d'ailleurs parce que la clarté que je ressens à cet instant ne dure qu'un temps. Ça ressemble à une fenêtre de tir, tout m'apparaît clair comme de l'eau de roche, alors je fonce.

Merci pour ces réponses et longue vie pour « Les Dividendes de l’Apocalypse ». Et encore merci à Lieko, Scipion et Cendrefeu pour leurs suggestions de questions.

Merci également à Mandragore pour la gestion de cet article ! 

Pour plus d'infos :  

Retrouvez l'auteur sur son site : http://www.stephane-desienne.com/
Vous voulez découvrir Toxic ? Voici le lien vers les éditions Walrus : http://www.walrus-books.com/catalogue/toxic/