mardi 21 mai 2013

Mon coach est un poster

Un article de Célia Deiana, membre du forum de CoCyclics et nouvelliste de l'Imaginaire*.

Lorsqu’on écrit, on passe par de nombreuses phases au cours de son travail, qu’il s’agisse de la construction de son histoire, du premier jet, des corrections, des relectures ; voire même de ce temps flou et bizarre, entre deux projets, où il tourne un peu en rond devant son ordinateur – ou son carnet de note.
La plus terrible de ces phases reste, peut-être, le doute. Vous savez, ce sentiment insidieux qui vous fait passer de l’assurance – je suis un auteur ! – à l’horreur intégrale – je ne sais pas écrire, du tout.
Or, dans ces moments, l’auteur peut se tourner vers différentes ressources pour remonter la pente.
Il y a bien entendu les grands classiques gastronomiques comme le thé, le café, les bonbons, les petits gâteaux. C’est sympathique mais au bout d’un moment il faut aussi changer la taille du fauteuil de bureau et prendre rendez-vous chez le dentiste. On peut aussi passer un certain temps à caresser son chat, mais là, il faut avoir un chat ; et quand on en a un, éviter qu’il prenne trop l’habitude de dormir sur le clavier. Eh oui, quitte à retrouver le goût d’écrire, qu’au moins on puisse avoir toujours accès à ses outils.

Ensuite il y a les copains. Pas la famille ou les potes du boulot qui ne comprennent de toute façon pas ce que vous faites, mais ceux qui sont dans la même situation que vous. Et là, insistons sur le « dans la même situation que vous » : ils seront aussi déprimés, vous diront que eux, c’est pire, ou vous parleront la prochaine étape. Du genre : vous doutez de votre script, ils vous parlent des blocages sur le premier jet ; vous bloquez sur le premier jet, ils cassent des chaises sur leurs corrections ; vous vous noyez dans les adverbes et les fautes d’orthographe, ils vérifient leurs boîtes mail toutes les trois minutes dans l’attente d’une réponse d’éditeur. Donc, les copains c’est sympa, mais des fois, ça ne va pas du tout.

Alors on pourrait se tourner vers les ouvrages théoriques ou relire son roman préféré. Sauf que, de temps en temps, on a besoin de quelque chose de plus direct, de plus fort, de plus violent… sans avoir à se taper deux-cents pages.
Du coup, ne sachant que faire, on cède au Grand Mal du Siècle : on procrastine. on surfe sur le net. on s’échappe et se met les mains sur les oreilles en chantant : « non, non, non, je n’ai pas de choses urgentes à faire. » Mauvaise – ou bonne ? – stratégie parce que c’est là qu’on va trouver sa solution.
Le poster.
Faute d’autre nom voici la définition du poster : une illustration, contenant le plus souvent uniquement du texte, mais pas que, et donnant, en un maximum de vingt lignes, des conseils si évidents qu’on se demande pourquoi on n’y avait pas pensé avant. Les posters peuvent aussi être de simples allégations, des mots d’ordre, des mottos courts qui font du bien.

« Écrire me rend heureux ! »
Certains posters se constituent de petites pensées optimistes. De celles qui ramènent aux sources de l’écriture : j’écris donc je suis, j’écris parce que je ne sais pas faire autrement, j’écris parce ça me fait du bien. C’est un peu ridicule, pas très important, cela ne vaudra jamais une conférence, un livre, ou une discussion endiablée avec d’autres auteurs ou lecteurs ou amis. Mais ça fait du bien. Retrouver les fondamentaux en quelque sorte.

« Écris ! Écris ! Écris ! »
D’autres sont des ordres. Ils fleurissent sur le net aux environs du nanowrimo**, un peu avant et surtout pendant. Sous des apparences légèrement masochistes, ces ordres poussent à mieux faire, et surtout, à faire bien : s’astreindre à écrire tous les jours, se pousser à penser avant d’écrire, à faire de l’ordre sur son bureau comme dans sa tête. Cela tombe sous le sens et on devrait ne pas avoir besoin de se le faire rappeler. Mais des fois, il le faut. Et ça fait du bien.

« Les bons livres ne livrent pas tous leurs secrets en une seule fois » Stephen King.
Il y a les citations aussi. D’auteurs qu’on aime ou qu’on ne connaît pas. D’écrivains, mais aussi de musiciens, de scénaristes, bref de toutes ses professions où les artistes ont débuté seuls face à une page blanche.
On a tous commencé comme ça.
On a tous pensé ça.
Et puis on est tous un peu fan sur les bords. On aime bien partager les avis des gens qu’on admire. Et ça fait du bien.

« Mais je suis nul ! »

Une dernière catégorie ajoute un peu d’humour à tout cela. Ces posters – souvent des strips d’ailleurs – démontrent que tous les auteurs passent par les mêmes interrogations. La phrase qui revient le plus étant « je suis vraiment nul ». Quelque part, cela fait plaisir de partager cette vérité universelle avec quelqu’un d’autre, de savoir qu’on n’est pas tout seul à se prendre pour le dernier des idiots pour avoir envie d’écrire. Masochisme encore ? Et si c’était une simple manière de dédramatiser l’écriture ? Que cette activité si vitale pour nous pouvait être relativisée ? Cela s’appelle prendre de la distance ; cela s’appelle aussi voir les choses avec humour.
D’un point de vue personnel, je pense même que c’est le genre de poster qui fait le plus de bien.

Cet article pourra paraître un peu léger mais c’était bien le but.
Et puis, croyez-en mon expérience : la légèreté peut être le meilleur des remèdes, les phrases courtes, le moyen de plus efficace d’aller de l’avant, et une accroche la chose la plus simple à retenir… et à appliquer !

Je suis le capitaine de ces mots.
Je suis le roi de cette histoire.
Je suis le dieu de ces lieux.
Je suis un écrivain, et je vais finir ces bêtises que j’ai commencées.***

Amen

Note : L'intégralité des images et conseils donnés dans cet article sont issus du blog Little Writing Things : http://a-writers-littlethings.tumblr.com/ En plus des graphismes dont notre article parle, ce blog propose aussi de multiples ressources pour les auteurs. En anglais.
 
 *Présentation de l'auteur de l'article :
Célia Deiana : Je tenais à partager mon expérience d'apprentie auteure stressée professionnelle avec les lecteurs et lectrices de ce blog. En espérant que cela a pu vous aider ou au moins vous faire sourire.
Vous pouvez retrouver mes travaux plus sérieux ici : http://domudeigiana.net ou atterrir sur mon blog : http://fraizochocolat.wordpress.com 
 
**Nanowrimo : National November Writing Month ; challenge international, bénévole et amateur, dont le but est de coucher 50000 mots sur le papier ou l'écran, en un mois. http://fr.wikipedia.org/wiki/NaNoWriMo

*** La dernière citation est une parodie du poème de William Ernest Henley, Invictus, paru sur le blog de l'auteur Chuck Wendig, Terrible Minds. Contribution anonyme mais l'article est intéressant http://terribleminds.com/ramble/2012/02 ... g-writers/



vendredi 17 mai 2013

Interview croisée : de l'auteur à l'éditeur


 
 L'équipe de Tintamare, toujours ravie de pouvoir mettre en lumière les membres du forum (que leurs romans soient passés par le cycle de bêta-lecture ou non) a eu le plaisir de poser quelques questions à Marilou Aznar dont L'héritère, le second tome du cycle "Lune Mauve" vient de paraître aux éditions Casterman. Son éditrice, Brigitte Ventrillon, s'est également prêtée au jeu pour nous offrir une interview croisée dans les coulisses de cette parution.

Pour commencer cet entretien, pouvez-vous vous présenter en quelques mots à nos lecteurs ?

Marilou Aznar : J’ai toujours aimé écrire, depuis l’enfance, mais ce projet de roman est assez récent. Après un passage dans l’industrie musicale, je me suis lancée dans l’adaptation de doublage en freelance, et le fait d’écrire les dialogues en VF pour des films et des séries m’a fait renouer avec l’écriture.
Lune Mauve est mon tout premier livre et j’ai beaucoup de chance que Casterman le publie !

Brigitte Ventrillon : Après des études de lettres et une dizaine d'années d'enseignement en pré-élémentaire, je suis passée chez différents éditeurs en tant que directrice de collection, éditrice ou directrice éditoriale avant d'arriver chez Casterman en 2000 pour m'occuper de la fiction (romans et albums).

Marilou, comment t’est venue l’idée de Lune Mauve ?

M.A : Au départ, je voulais écrire l’histoire d’une adolescente dont la mère a disparu. J’avais des musiques, des images des paysages, des lieux du roman dans la tête, et j’ai très vite commencé à écrire des ébauches de scènes. Le reste de l’intrigue de Lune Mauve m’est venue plus tard, au fil des pages. J’ai fait une pause pour peaufiner le scenario, car cela devenait difficile de travailler sans trame.
Je tenais absolument à ce que deux univers presque opposés s’entremêlent. Celui d’un lycée privé parisien très snob, avec des problématiques actuelles de hiérarchie sociale et de réseaux sociaux, et un univers teinté de fantastique, un monde parallèle où s’est développée une civilisation inspirée de la Mésopotamie ancienne.

Brigitte, comment vous est parvenu "Lune Mauve" ?

B.V : Il est arrivé sur notre site de réception des manuscrits (manuscritsjeunesse@casterman.com) où il a été vite repéré.

Dans "La Disparue", l'héroïne, Séléné, est confrontée à l’omniprésence des réseaux sociaux et aux dérives qu’ils peuvent engendrer. Marilou, c’est un phénomène qui t’interpelle en particulier ? Brigitte, d'un point de vue d'éditeur, c’est un phénomène qu'il vous semble important d'aborder dans un roman jeunesse ?

M.A : Je suis assez présente sur les réseaux sociaux. Cette manière de communiquer me fascine, et j’aurai adoré m’y plonger à l’adolescence. Mais l’éclatement de la sphère privée, la facilité de partage de photos, d'informations, etc. peuvent se révéler délicats à gérer (sentiment d’infériorité, repli narcissique, solitude…), et parfois même tragiques (harcèlement, suicide…).Certains s’y brûlent les ailes. Mais je n’avais pas pour objectif de dénoncer des dérives. Cela me semblait naturel d’intégrer cette réalité dans le roman, notamment pour servir l’intrigue. Les réseaux sociaux exacerbent les rapports de forces entre les personnages, à Darcourt notamment.

B.V : C'est un sujet intéressant que Marilou traite avec beaucoup de finesse. Cela m'intéresse donc mais si elle n'en avait parlé, je ne lui aurais pas demandé de le faire.

Marilou, as-tu fait appel à des amis, des proches, des bêta-lecteurs, avant l'envoi du manuscrit ?

M.A : J’ai fait relire mon manuscrit à deux personnages de mon entourage proche. Leur retour sans concession m’a été précieux pour corriger les fautes d’orthographe et épurer le style, mais aussi et surtout, pour repérer les incohérences, les passages inutiles, les dialogues ratés, etc. C’est un peu dur de voir son texte décortiqué, mais une fois le premier choc passé, on apprécie ce regard extérieur à sa juste valeur.
Une fois le manuscrit envoyé, j’ai posté quelques extraits sur Cocyclics, me maudissant intérieurement de ne pas avoir trouvé le forum plus tôt. Les remarques faites par les bêta-lecteurs m’ont toutefois été très utiles. Grâce à eux, j’ai épuré mon style et repéré mes tics d’écriture, et j’ai appris à doser la somme d’informations apportées aux lecteurs. Quand j’ai repris le texte pour effectuer des modifications suggérées par mon éditeur, j’en ai profité pour rendre meilleur.
Pour moi, il est essentiel de se faire relire. Et pour que l’exercice soit utile, il faut aborder le processus avec humilité, sang-froid et lucidité.

Brigitte, avez-vous beaucoup retravaillé le texte avec Marilou ?

B.V : Non, nous nous sommes rencontrés pour discuter de certains points, dont l'équilibre réalisme/fantastique ou de certains aspects de l'écriture mais tout cela en petites touches.

De quelle manière s'est déroulée la rencontre avec l'auteur ?

B.V : Je ne sais plus trop (il faudrait demander confirmation de ce que je dis à Marilou). Dans mon souvenir la personne qui a eu le premier regard sur les manuscrits lui a vite fait part de notre intérêt. Elle m'a passé le manuscrit qui est parti aussi chez d'autres lecteurs. Et nous avons assez rapidement rencontré Marilou.

Alors, Marilou, on veut tout savoir ! De quelle manière s’est déroulée la rencontre avec ton éditrice ?
M.A : J’ai envoyé le manuscrit de Lune Mauve par la Poste (ou par mail quand c’était possible) à une dizaine d’éditeurs jeunesse. J’ai reçu quelques lettres types de refus au début, assez décourageantes. Quelques lettres personnalisées d’éditeurs qui me proposaient des lignes directrices pour le reprendre m’ont redonné espoir. C’est alors que j’ai reçu un mail du comité de lecture de Casterman, me signalant que mon roman leur avait plu, un peu moins de trois mois après l’envoi du roman. Mon éditrice m’a contactée peu de temps après par téléphone pour me fixer un rendez-vous en présence de son équipe. Le courant est très bien passé et j’ai signé un contrat quelques semaines plus tard. Les corrections éditoriales se sont très bien passées également, car nous étions d’accord toutes les deux sur la direction finale à apporter au texte.

Enfin, auriez-vous des suggestions, des conseils, etc. à donner aux auteurs qui désirent soumettre leurs textes ?

M.A : C’est drôle ! J’ai justement écrit un article sur le sujet sur mon blog : 5 conseils avant d’envoyer son manuscrit à un éditeur.
Mais pour résumer : la clé, je crois, c’est d’envoyer le manuscrit le plus parfait possible à l’éditeur le plus susceptible de le défendre. Cela sous-entend que l’on est fier de son texte, persuadé d’avoir poussé l’histoire et les thèmes au maximum de leurs possibilités, que l’on s’est relu et l'on s'est fait relire, que l’on s’est mis dans la peau d’un lecteur pour évaluer le texte avec la plus grande objectivité possible et que l’on s’est renseigné sur les éditeurs et ce qu’ils publient.

B.V : De laisser reposer un peu leur manuscrit et de le relire avant de l'envoyer. D'essayer de lire un ou deux chapitres à voix haute. Un bon exercice aussi est de résumer le texte en une quinzaine de lignes puis en 2-3 et de voir si le résumé leur semble fidèle à ce qu'ils ont écrit et s'il "tient la route"'. Cela peut permettre de révéler des faiblesses ou un déséquilibre qu'il serait bon de revoir avant envoi.
De penser au lecteur : ce livre, je le destine à un lectorat de + 12. Le sujet et le style s'accorde-t-il à ces lecteurs ? Il ne s'agit pas de publier un livre de plus mais de se dire qu'il y aura des personnes qui doivent aller en librairie, choisir ce livre (sur sa couv. son titre mais aussi son sujet) et qu'elles mettront sur la caisse un billet de 20 euros pour le payer, celui-là et pas un autre. Il faut donc qu'il se démarque, par son style, par son univers ou plutôt par l'univers de son auteur.


Merci beaucoup à toutes les deux, et nous vous souhaitons le meilleur pour Lune Mauve !

Merci également à Silène, Cindy Van Wilder et Nadia Coste pour la réalisation de cet article.

Pour en savoir plus :

mardi 14 mai 2013

Les événements littéraires et SFFF de mai et juin 2013

Envie de rencontrer des auteurs ? D'assister à des conférences sur la littérature ? D'augmenter votre pile à lire ? De vous plonger dans l'Imaginaire ? Voici un petit récapitulatif (non exhaustif)* des festivals et événements littéraires et SFFF francophones de ces prochaines semaines !


 
Etonnants voyageurs
Festival international du livre et du film
du 18 au 20 mai
Ce qu'ils en disent : Chaque année 200 écrivains du monde entier se retrouvent à Saint-Malo pour 3 jours de rencontres, débats, lectures, cafés littéraires dans 25 lieux à travers la ville
Parmi les auteurs que vous croiserez : Ayerdhal ("Rainbow warriors), Gail Carriger ("Sans coeur"), Cristin Kashore ("Rouge"), Jean-Claude Dunyach ("Les harmoniques célestes"), Hervé Jubert ("Magies secrètes"), Christian Léourier ("Le cycle de Lanmeur"),...



Les Imaginales
du 23 au 26 mai
Epinal
Site : http://www.imaginales.fr/
Ce qu'ils en disent : Festival du livre spécialisé dans les domaines de l'imaginaire (fantasy, thriller d'anticipation, fantastique, contes et légendes, roman historique, bit-lit), les Imaginales célèbrent la littérature d'aventure, dans la lignée de Tolkien… et la grande tradition d'Alexandre Dumas !
Parmi les auteurs que vous croiserez : Samantha Bailly ("Ce qui nous lie"), Thimothée de Fombelle ("Tobie Loneless"), Pierre Pevel ("Haut-Royaume), Adrien Thomas ("La geste du sixième royaume"), Kai Meyer ("La fille de l'alchimiste"), Ken Scholes ("Lamentation"), Lucius Shepard ("Sous des cieux étrangers"), Paul Beorn ("Les derniers Parfaits"), Lionel Davoust ("Léviathan"),...




Geekopolis
Le festival dont vous êtes le héros
25, 26 mai
Paris
Site : http://www.geekopolis.fr/index.php
Ce qu'ils en disent : Geekopolis, le Festival des cultures de l’imaginaire, a pour ambition de devenir l’évènement fédérateur et incontournable de la culture geek. Un festival créé par les Geeks, pour les Geeks. Il est divisé en 5 quartiers immersifs représentant 5 univers imaginaires : Little Tokyo, Métropolis, Nautilus, Avalon et Teklab.
Pour télécharger la brochure de présentation du festival.





 

Passage à témoins
Festival littéraire de la ville de Caen
du 23 au 26 mai
Site : http://passagesdetemoins.caen.fr/





Festival des littératures de Nantes
du vendredi 31 mai au dimanche 2 juin 2013
Site : http://www.atlantide-festival.org/
Ce qu'en dit Actualittés : Le nouveau Festival des littératures de Nantes, baptisé Atlantide en référence au mythe englouti, se tiendra du vendredi 31 mai au dimanche 2 juin, au Lieu Unique et à la Cité des Congrès. L'évènement pour cette première édition sera placé sous la direction artistique du spécialiste de la lecture Alberto Manguel, disciple de Jorge Luis Borges. Trois journées, en présence de plus d'une soixantaine d'auteurs nationaux et internationaux, au fil desquelles s'égrèneront de multiples rendez-vous.
Parmi les auteurs que vous croiserez : Laurent Gaudé ("La mort du roi Tsongor"),...





Les fééries du Bocage
Les 1 et 2 juin 2013
Voulx
Site : http://www.lesfeeriesdubocage.com/
Parmi les auteurs que vous croiserez : Pierre Dubois ("La grande encyclopédie des elfes et autres petites créatures"), Ophélie Bruneau ("L’Ouroboros d’argent"), Stan Nicholls ("Orcs"),...











ImaJn'ère
Du 6 au 9 juin 2013
Angers
Site : http://imajnere.blogspot.fr/p/imajnere-2013.html
Ce qu'ils en disent : Le festival est organisé par l'association "ImaJn'ère" dont le but est de promouvoir la littérature dite populaire par tous les moyens à sa disposition : fanzines gratuits, livres, émissions de radio, chroniques internet, conférences, expositions. Le but est de créer le lien entre les personnes, de sortir le « mauvais genre » de son ghetto, de créer des ponts vers toute la littérature, d’ouvrir de nouveaux horizons.
Parmi les auteurs que vous croiserez : Charlotte Bousquet (Cycle de "La peau des rêves"), Justine Niogret ("Chien du Heaume"), Thomas Geha ("Alone contre Alone"), Laurent Whale ("Les pilleurs d'âme"),...



Les Futuriales
Festival des littératures imaginaires d'Aulnay-sous-Bois
du 7 au 8 juin
Aulnay-sous-Bois
Site : http://www.futuriales.com/
Ce qu'ils en disent : Le festival Futuriales a été créé en 2010 par le Réseau des bibliothèques d’Aulnay-sous-Bois et la librairie Folies d’encre. Il met à l’honneur les littératures de l’imaginaire tous genres confondus, science-fiction, fantasy, fantastique en leur offrant un espace de valorisation, de visibilité et de rencontres avec les lecteurs. Il permet la diffusion de ces littératures vers le grand public.
Parmi les auteurs que vous croiserez: Manon Fargetton ("June"), Jean-Luc Bizien ("L'évangile des ténèbres"), Karim Berrouka ("Les ballons dirigeables rêvent-ils de poupées gonflables"), Stéphane Tamaillon ("Krine"), Nathalie Dau ("La somme des rêves"), Arnaud Duval ("Les Pousse-Pierres"), Carina Rozenfeld ("Les clefs de Babel"), Bénédicte Taffin ("La pucelle et le démon"),...


Salon du livre fantasy de Maurecourt
16 juin 2013
Maurecourt
Page facebook
Parmi les auteurs que vous croiserez : Anne Rossi ("Les robots sont-ils vraiment nos amis"), Christophe Mauri ("Premier défi de Mathieu Hidalf"),...


Festival de l'Imaginaire Grenoblois (FIG)
du 17 au 22 juin 2013
Grenoble
Site : http://lesrevailleurs.fr/fig2013/

* Nous serions ravis d'ajouter des festivals à ce récapitulatif, n'hésitez pas à nous renseigner !

vendredi 10 mai 2013

Des pirates sortent de la mare !



Un nouveau roman vient de sortir du cycle CoCyclics. C’est avec joie que nous accueillons aujourd’hui Jean-Sébastien Guillermou (Sycophante) pour qu’il nous parle des Pirates de l’Escroc-Griffe, fantasy jeunesse !

Q – Bonjour Sycophante !
R – Bonjour Célia !

Q – Ça y est, ton roman a terminé le cycle de bêta-lecture ! Bravo à toi ! Qu’est-ce que tu ressens en ce moment ?
R – Merci ! Je suis sur un petit nuage car le cycle a été intense. Je lui ai consacré une année de ma vie, il m’est arrivé de travailler plus de huit heures par jour dessus, mais je ne le regrette pas.

Q – Parle-nous un peu du pitch des Pirates. Qu’est-ce qui t’as poussé à écrire cette histoire en particulier ?
R – Tout a commencé avec un pitch assez simple : un vieux pirate désabusé qui n'a jamais réussi un abordage et un jeune orphelin à la recherche de son père partent en quête d'un trésor légendaire. J’ai écrit ce récit parce que je suis un amoureux de la mer et de la Fantasy. À l’époque, j’adorais Tolkien (et je l’aime toujours), mais j’avais soif d’explorer d’autres mondes sans elfes, nains ou hobbits. Parallèlement, j’ai réalisé que les histoires de pirates se déroulaient très souvent sur Terre au XVIIe ou au XVIIIe siècle. J’ai alors passé plusieurs années à imaginer un univers particulier, le Monde-Fleur, avec le Royaume des Mers Turquoises et ses hommes-iguanes réduits en esclavage... Finalement c’est un roman d’aventures, mais dans une réalité alternative. Comme je suis un grand fan d’Alexandre Dumas, j’ai rédigé chaque chapitre dans l’esprit des romans-feuilletons, quand le
lecteur devait attendre la semaine suivante pour lire la suite... Les mousquetaires noirs, les duels à la pistorapières, le cardinal Vélin, tout ces éléments sont des hommages à une époque romantique aujourd’hui révolue, mais aussi à la culture « pulp » et au steampunk. Enfin, j’avais envie de parler de la quête du père, et de l’équipage comme métaphore de la famille, des sujets qui me tiennent à cœur.

Q – As-tu éprouvé des difficultés lors du cycle ? Ou, au contraire, des moments où tu t’es dit : oui, je sais où je vais et c’est génial ?
R – Les difficultés sont venues quand j’ai lu les synthèses en phases 1 et 3 : quand on découvre ce qui ne fonctionne pas, on se pose forcément des questions. Mais très vite, une nouvelle version du roman se dessine, et on se prend à rêver du livre « idéal », c’est excitant.

Q – Comment s’est passé ton travail avec tes alphas et bêtas ? [note : Kira, Elyna et Silène en phase 1, et Aelys, Ermina et Blackwatch en phase 3]
R – L’ambiance était géniale ! J’ai eu la chance de travailler avec des personnes humainement très riches, compétentes, qui ont eu un regard pertinent sur les Pirates. La phase 1 a été instructive, car l’histoire et l’univers étaient denses, du coup en phase 2 j’ai eu l’impression de tailler les branches d’un arbre, pour recentrer le roman sur l’essentiel. La phase 3 a été radicalement différente : j’ai redécouvert l’histoire à travers les yeux de mes héros. Ça a été l’occasion pour moi d’aller plus loin dans l’émotion en phase 4, de rendre les personnages plus vivants.

Q – Il s’agissait de ton premier cycle : avais-tu des attentes spécifiques ? Qu’en as-tu retiré à la fin ?
R – J’ai tout de suite demandé à mes alphas et bêtas de faire preuve de sincérité. Le mot d’ordre a été franchise : je ne voulais pas être ménagé, ou qu’elles versent dans l’autocensure. Les critiques ne sont jamais agréables à entendre, mais elles permettent de progresser. Mieux vaut les avoir en cycle que de la part de lecteurs déçus... Finalement, le roman est bien meilleur que ce que je pouvais rêver, parce que mes alphas et bêtas m’ont poussé dans mes retranchements. Au-delà du livre, j’ai aussi l’impression d’avoir enrichi mon écriture pour les livres à venir, c’est un cadeau qui n’a pas de prix.

Q – Avant d’entrer en cycle, les Pirates ont fait l’objet d’un challenge sur le forum : comment as-tu abordé cette façon assez particulière (bien qu’habituelle pour beaucoup de grenouilles) d’écrire ton premier jet ?
R – Pour être précis, c’est le tome 3 qui a bénéficié de ce challenge. Effectivement, écrire ce premier jet était très particulier, car chaque semaine un nouvel extrait était attendu sur le forum, et j’avais envie de faire plaisir à mes lecteurs. J’avais déjà rédigé les tomes 1 et 2, mais le challenge s’est révélé être une aventure rafraîchissante, car je me suis senti soutenu : l’écriture perd son caractère solitaire pour devenir un vrai moment de partage... Pour un écrivain, le challenge est une expérience unique.

Q – Le premier jet sur les challenges, tes corrections, le cycle ; maintenant que tout cela est passé, te sens-tu prêt à naviguer vers cette nouvelle étape qu’est la recherche d’éditeur ?
R – Oui, j’ai la chance d’avoir déjà des premiers retours enthousiastes. J’ai hâte que mes chers pirates arrivent enfin à bon port !

Q – Eh bien Sycophante, nous te souhaitons tous les possibles pour les Pirates. Merci d’avoir répondu à nos questions !
R – Un grand merci à vous ! Ainsi qu’à Céline Lacomblez, l’illustratrice du site et de la page Facebook des Pirates de l’Escroc-Griffe.

Vous pouvez retrouver Jean-Sébastien Guillermou et ses pirates sur son blog (http://escroc-griffe.com/) et sa page facebook (https://www.facebook.com/escroc.griffe)
Céline Lacomblez, dont deux illustrations enrichissent cet article, possède également un site officiel : http://lilluscrivaine.eklablog.com/



Célia, pour l’équipe Tintamare.

lundi 6 mai 2013

Coup de projecteur sur Black Moon, une collection de Hachette Romans

Nous avons le plaisir de vous annoncer une prochaine discussion avec un des éditeurs partenaires de CoCyclics, à savoir Hachette jeunesse et plus spécifiquement, la collection Black Moon !

Un petit mot sur la collection :
Créée en 2005 dans le sillage de la saga "Twilight" de Stephenie Meyer, qu'elle a publiée en français, la collection Hachette Jeunesse Black Moon s'ouvre désormais à tous les genres, depuis la romance paranormale jusqu'au thriller en passant par la science fiction ou le roman plus intimiste. Elle publie aussi bien des auteurs anglophones (Lauren Oliver, Maggie Stiefvater) que francophones (Frédéric Mars, Christine Féret-Fleury).

En mars 2011, un partenariat est conclu avec le collectif CoCyclics. 

Du 27 au 31 mai 2013, nous accueillons donc l'équipe Hachette Jeunesse Black Moon pour une discussion exclusive sur notre forum ! Elle se tiendra dans un forum spécial, auquel seuls les nouvellistes auront accès*. 

Préparez donc vos questions ! Nous vous tiendrons bientôt au courant des détails de cette opération !

* Si vous n'êtes pas membre du forum, il faut vous inscrire pour participer. Si vous ne pouvez pas atteindre la section des nouvelles mais que vous êtes intéressé par la discussion, vous pouvez demander l'accès à la première personne dont le pseudonyme est orange sur le forum.

vendredi 3 mai 2013

Les word wars : l'écriture flash !

Bergamote est une grenouille paisible et enjouée qui n'aime pas se disperser. Et pourtant, elle mène de nombreuses activités de front : elle écrit, gère une association avec une autre membre du forum, tient son blog à jour, invente des recettes de cuisine improbables, dessine des smileys et crée des thèmes pour le forum, fait partie des modérateurs du challenge premier jet, et s'occupe d'un tchat où se déroulent ce qu'elle appelle des "word wars".

Depuis quelque temps, on entend parler de word wars sur le forum. Mais de quoi s’agit-il ? Quel en est l'objectif ?

Une word war est au sens strict une guerre de mots. Le nom est un peu barbare, mais il cache en fait une méthode pour aider les auteurs à avancer dans l'écriture de leur projet en cours.
Pour cela, plusieurs auteurs se réunissent, décident d'un temps donné (la plupart du temps, quinze minutes) et se lancent dans une course à l'écriture au bout de laquelle ils communiquent le nombre de mots qu'ils ont écrits.

L'objectif est de créer une forme d'émulation "flash", et non une compétition. Il s'agit avant tout d'avancer ou de se débloquer sans se poser trop de questions, tout en bénéficiant des encouragements des autres participants.

D’où t'en est venue l’idée ?

L'idée des word wars vient directement du chat IRC du NaNoWriMo où de nombreuses word wars sont organisées. J'ai simplement décidé d'ouvrir un chat IRC où les auteurs peuvent venir s'encourager quand ils le veulent, et pas seulement lors du NaNoWriMo. Cela, car, lors de rencontres entre membres du forum provenant de Toulouse, nous nous sommes rendus compte qu'il serait vraiment sympa de pouvoir poursuivre le dialogue et s'entraider sans forcément avoir à bouger de chez soi.

Comment ça se passe concrètement ? Es-tu seule à t’occuper de l’organisation ?

Concrètement, pour participer à une word war, il faut avant tout venir sur le chat. L'accès est assez simple depuis Mibbit, où il suffit de choisir le serveur EpiKnet[webirc], d'entrer son pseudonyme et le nom du channel : #NanoGrenouilles.*

Une fois sur le chat, si vous n'utilisez pas un pseudo connu sur le forum, il vous sera demandé de vous identifier plus clairement. Tout simplement parce que ce chat est avant tout un espace où les auteurs doivent se sentir en confiance.

Pour les word wars en elles-même, c'est assez simple. N'importe qui peut en proposer une aux autres connectés, se décide ensuite une heure de départ et de fin, et la word war est mise en route. Le chat se développant il est aussi devenu un espace de discussion directe autour de tout ce qui concerne l'écriture et la SFFF. On peut y parler de certaines nouveautés éditoriales, de certains articles de fond sur l'écriture, du développement de nos projets, etc.

Je ne suis pas seule à m'occuper du chat, il y a trois administratrices : Nariel, Ayalys et moi-même.
Nous avons toutes les mêmes possibilités de modération. Même si, avouons-le, les modérations sont franchement rarissimes.

Pourrais-tu nous parler de l’ambiance sur le chat ?

L'ambiance est avant tout familiale. Nous faisons en sorte que chacun trouve sa place sans gêner les autres. Le but est vraiment de créer un partage plus direct que sur un forum. Ainsi, il nous arrive très souvent de discuter plus en profondeur de nos textes, de nos craintes face à un AT, de nos réussites ou aussi de ce qui peut nous interpeler dans le monde de l'édition.

Pour conclure, tous les auteurs sont, bien entendu, les bienvenus sur le chat. Et même si ce n'est que pour quelques minutes, nous serons ravies de vous y accueillir et de vous en dire plus si vous le souhaitez.

Merci d’avoir accepté de répondre à nos questions et à bientôt !

Encore merci à l'équipe Tintamare pour son intérêt. C'est toujours un plaisir de dialoguer avec les grenouilles. Et donc, à très bientôt, pour quelques word wars !

Grande merci à Bergamote et Ermina pour la rédaction de cet article ! 

 * Pour voir ce que ça donne :  http://i83.servimg.com/u/f83/18/18/37/73/chatsc10.jpg

lundi 15 avril 2013

Un dialogue passionnant avec les éditions Walrus

Le 24 mars dernier, Cocyclics et les éditions Walrus annonçaient leur partenariat. À cette occasion, une semaine d'échange a été prévue entre les grenouilles et Julien Simon, le directeur éditorial de Walrus.

Le principe ? Du 1er au 7 avril, un sujet a été ouvert pour permettre aux membres du forum de poser toutes leurs questions sur la ligne éditoriale, la sélection des textes, la promotion, la place de l'édition numérique en France et bien d'autres encore.

L'heure est maintenant au bilan. Julien Simon revient sur cette expérience :

Pourquoi avoir accepté ce projet ?

J'ai pensé que ce serait une bonne expérience d'un côté comme de l'autre : on a rarement l'occasion de répondre en quasi temps réel aux questions des auteurs, et nous savons à quel point ils s'en posent. D'un autre côté, j'espère les avoir convaincus que le numérique n'était pas un grand Satan. Cocyclics est devenu une quasi marque déposée dans le milieu : nous y faisons très attention.

Qu'as-tu pensé des questions posées ?

Je les ai trouvées très pragmatiques, très pratiques. Je m'attendais à un débat de fond sur le numérique, mais pas du tout : il y a un côté très terre-à-terre chez les auteurs d'imaginaire, finalement, très posé. Nous n'avons pas abordé toutes les possibilités, narratives et techniques, qu'offre ce format. Peut-être dans une prochaine discussion. En tout cas, j'ai trouvé que la discussion était de haut vol. C'était très bien.

Qu’en as-tu retiré en tant qu’éditeur ?

C'est toujours positif de voir ce qui se passe dans la tête des auteurs. Pour ce que ça m'a apporté, on verra dans les prochains jours, les prochaines semaines... en fonction de la manière dont ma boîte aux lettres se remplit de textes !

***

De leur côté, les membres du forum ont aussi commenté l'initiative.
Le ton agréable et la transparence des réponses ont été très appréciés comme le souligne Kira : "Échange très courtois, totale transparence de la part de l'éditeur sur son travail, réponses approfondies et soulevant certains aspects auxquels nous n'aurions pas forcément pensé."

Eva renchérit sur l'intérêt pratique de ces réponses : "J'ai trouvé l'échange très intéressant parce qu'il m'a permis d'apprendre quantité de choses sur l'édition numérique en général et sur le fonctionnement d'un éditeur (Walrus) en particulier. Le ton était convivial, les réponses détaillées et pleines d'enthousiasme."

Et si certains étaient réticents face à l'édition 100% numérique, leur opinion a évolué grâce à cet échange. Vestrit l'explique dans son compte rendu : "Je les connaissais à peine avant cette semaine (notamment via Desienne et Toxic (1)), et je suis assez frileuse, de base, face aux pure players (2) (l'envie d'une publi papier, etc.), mais ils m'ont vraiment fait reconsidérer la question. Je leur soumettrai peut-être un texte un jour."

Nous remercions encore une fois les éditions Walrus et Julien Simon pour leur participation enthousiaste et enrichissante et nous concluons l'article sur le ressenti d'Arya :

"L'échange est même allé au-delà de l'attente que j'en avais. J'éprouvais une certaine curiosité pour les statistiques de téléchargement, mais grâce à leur investissement, à la passion qu'ils transmettaient, le jeu des questions / réponses s'est transformé en un échange passionnant sur l'édition en numérique en général, sur toutes ces voies, ces chemins qui s'ouvrent. Bref, c'était à la fois enrichissant et stimulant."


(1)Toxic série numérique de science-fiction par Stéphane Desienne aux éditions Walrus (lien).
(2)Les pure players désignent une entreprise ayant démarré et exerçant dans un secteur d'activité unique (dans ce cas présent, l'édition numérique)(Merci Wiki).

Note : Merci à Ioana Alexandru (Booz) pour la rédaction de l'article.