lundi 22 décembre 2014

NaNoWriMo 2014 - Le feuilleton, épisode 4

Comme tous les ans, le mois de novembre a vu se dérouler le NaNoWriMo.
Mais quelle est donc cette étrange bête ? Dérouler le nom peut aider : National Novel Writing Month (http://nanowrimo.org/). Le but du challenge, donc, est d'écrire un roman de 50 000 mots en un mois. Et ce, aux côté de collègues auteur·e·s du monde entier (eh oui, le NaNo n'est plus national depuis bien longtemps).
Le NaNoWriMo, ce sont les participant·e·s qui en parlent le mieux. Tintama(r)re a donc réuni les témoignages de profils différents de NaNoteurs et de NaNoteuses, qui vous seront présentés tous les soirs.




Ce soir, un nouveau NaNoteur, Jeremie (http://www.destination-futur.fr), se colle aux questions de Vestrit.


Premier NaNo cette année : qu'est-ce qui t'a poussé à rejoindre l'aventure ?
Une lectrice de mon blog m'en avait parlé il y a un an et demi déjà, mais je ne me sentais pas prêt pour ça à l’époque et, surtout, je n'avais pas de projet assez consistant ni assez clair dans ma tête. Cet été, j'ai écrit une novella de 25000 mots (une enquête policière dans une cité spatiale), mais le scénario présentait trop d'incohérences et manquait de suspense. De plus, je sentais que l'histoire gagnerait à être développée.
Du coup, la situation était idéale pour le NaNo : réécrire entièrement ce projet pour lequel je disposais déjà d'une intrigue, d'un univers assez riche et d'un réseau de personnages. Il ne me restait qu'à corriger et étoffer le synopsis pour être prêt !

Tu es venu à bout de ton quota, quel effet ça fait de voir le logo Winner apparaître ?
C'est gratifiant pour un auteur débutant comme moi qui, au départ, doutait d'y arriver ! D'autant que le moral n'a pas toujours été au beau fixe et que j'ai commencé 2 nouvelles la dernière semaine parce que je saturais un peu de mon roman à cause de la complexité de l’enquête… (évènements simultanés, indices, etc.)
Réussir ce challenge a accru ma confiance en ma capacité à devenir écrivain à plein temps (c'est mon objectif !) et à pouvoir produire beaucoup tout en assurant une qualité acceptable aux premiers jets.

Qu'est-ce que tu aimes dans cet événement ?
J'ai bien apprécié l'aspect « challenge personnel » qui incite à repousser les limites de ce dont on se croit capable. C'était super de pouvoir avancer un grand coup sur un projet qui traînait en longueur (bon, il y a encore du travail, hein !) et j'ai beaucoup aimé rencontrer autant d'auteurs, que ce soit sur le forum du NaNo, sur celui de CoCy où il y avait un fil dédié, sur la page Facebook du NaNo France, sur Twitter que je découvrais pour l'occasion ou IRL à la Kick-Off Party (voir plus bas). C'était motivant de s'encourager les uns les autres et de sentir concrètement que je ne suis pas seul à autant aimer écrire !

Comment travailles-tu pour venir à bout de ton quota quotidien ? Quelle est ta routine ?
J'ai commencé par une journée à 6000 mots grâce à la Kick-Off, ce qui m'a donné une avance confortable. Chaque jour, je regardais le graphique de mes statistiques et mon objectif était de ne pas me faire rattraper par la droite moyenne du quota quotidien (1667 mots/jour). J'ai trouvé cela motivant et en même temps, ça m'a permis de ne rien écrire certains jours, pour souffler et sortir un peu…
Je n'ai pas vraiment de routine de travail : j'écris le soir en semaine après le travail quand je peux, un peu le mercredi car j'ai la journée de libre, et un peu le week-end. Pour le NaNo, j'ai surtout écrit le soir, mais en poussant beaucoup plus tard que d'habitude, avec de bonnes sessions d’écriture le week-end (3 000 à 5000 mots). J'ai aussi écrit avec beaucoup d'efficacité, seul, dans un café sans connexion à internet et avec des boules Quiès. Méthode « 0-distraction » car la procrastination me guettait parfois…

Tu as participé à la Kick-Off parisienne dans les locaux de Bragelonne ; raconte-nous un peu cette soirée.
Les « Municipal Liaison » de France ont contacté Bragelonne pour organiser chez eux la soirée de lancement du NaNo. L'idée de rencontrer d'autres NaNoteurs dans un évènement collectif me plaisait beaucoup et Bragelonne est un éditeur que j'apprécie, notamment pour avoir édité les manuels d'écriture d'O.S. Card et des titres tels que Le Chasseur et son Ombre (je suis plus SF que Fantasy).
Avec le recul, j'aurais bien aimé poser davantage de questions au personnel de Bragelonne (très sympathique soit dit en passant) sur leur politique d'édition vis-à-vis des jeunes auteurs… Il y a bien le Grimoire Galactique des Grenouilles, mais c'est pas pareil. Je réécrirai peut-être à l'attachée de presse, Leslie Palant, pour une interview sur mon blog à ce sujet, si elle est d'accord.
Bref, quand j’ai découvert cet évènement, je me suis tout de suite inscrit. Et j'ai bien fait : ça a été complet très vite… J'étais donc la seule grenouille de la Mare ;-)
L'ambiance était très conviviale, les gens s’étaient déguisés et avaient ramené des plats salés et sucrés, le stock de café/thé/chocolat avait été fait, des petits jeux pour faire connaissance ont été organisés, je me suis fait quelques copains ^^… Et à minuit tapante, la première session d’écriture, intitulée Words War (= guerre des mots), a démarré : écrire le plus possible en 1 heure, avec « Écrivez un roman en 30 jours » à gagner, un livre sur le NaNo par le fondateur du NaNo.
J'avais les premières pages de mon syno sous les yeux et je savais exactement où j'allais avec ma scène d'intro. J'ai donc pensé que mon score était assez honorable : 1114 mots en 1 heure ! Mais à l'annonce des résultats, j'ai réalisé que j'étais en réalité très loin derrière le peloton de tête qui tournait entre 2 000 et 3000 mots, et 3700 pour la gagnante…
J’ai compris que je ne pouvais pas rivaliser et que je préférais de toute façon écrire plus lentement quelque chose qui serait d’une qualité acceptable, que je corrigerais et enrichirais au fur et à mesure (oui, certains prônent de ne jamais revenir en arrière, mais je ne suis pas d’accord !). J'ai donc abandonné l'idée de gagner les autres livres mis en jeu pour les manches suivantes qui ont duré jusqu'à 6h du matin.
Bilan : 3370 mots en 3 heures de travail (+ de 12000 pour une participante, ça reste un mystère pour moi…). Avec 3000 de plus pendant mon retour en train, les premières 24h m'assuraient donc l'avance confortable dont j'ai parlé plus haut.

Pour finir, qu'est-ce que le NaNo t'a apporté ?
Très clairement, ce mois d'écriture intensive m'a permis de gagner en productivité et en rapidité (sans perdre en qualité) ! J’ai l’impression que ça m’a décoincé. Je le mesure vraiment ce mois-ci sur mes différents projets en cours. Notamment, j'ai écrit quasiment d'une traite une nouvelle de 9000 mots pour l'AT Toxic-World. Et je conserve la même énergie pour la novella commencée pendant le NaNo.
Avant, j'aurais peiné, je me serais arrêté à chaque scène écrite, j'aurais eu besoin d'une pause, d’un tour sur les réseaux sociaux avant de continuer, j'aurais peut-être remis la suite au lendemain, alors que là, j'ai enchaîné. Il est maintenant plus facile pour moi de m'attaquer à des actions, des dialogues ou des descriptions qui avant m'auraient rebuté.
« Le NaNoWriMo est un sprint d'un mois » a dit à juste titre Neil Jomunsi qui a accompli un marathon d'écriture avec 52 nouvelles en 52 semaines. Eh bien, j'ai l'impression que le second effet NaNo est une accélération de mon propre rythme d'écriture : j'estime qu'il a dû doubler (désormais autour de 800 mots par heure). Et je compte bien recommencer en novembre prochain et participer aux camps NaNo d'avril et de juillet où l'on est libre de choisir son objectif de mots. Histoire de me faire des petits sprints au milieu de mon marathon annuel :-)

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