lundi 22 octobre 2012

Le travail d’une œuvre


Amis de CoCyclics, Membres de la Mare ; mes salutations. Aujourd’hui, nous fêtons et nous encourageons ceux d’entre nous qui se sont engagés dans l'évolution d’une œuvre.

Mais tout d’abord : bravo à ceux qui ont toujours voulu tisser leurs rêves ; nos compliments à ceux qui s’en emparent pour confectionner de longs écheveaux, soyeux ou plus rêches par nature ; nos respects à ceux qui vont jusqu’à construire, fil à fil, la trame d’un ouvrage. Puissent-ils aller jusqu’au bout de leurs souhaits !

Hélas : sans expérience, sans conseil, beaucoup s’interrompent très tôt, faute de comprendre, de savoir comment aller plus loin. Face à une toile inachevée, incapable de dévoiler aux autres toute sa beauté, toutes ses saveurs, il n’est pas facile d’avancer seul.
Heureusement, il existe des lieux d’entraide, et parfois de véritables guildes, comme la nôtre.

Oh, le chemin n’est pas simple, et rien n’est acquis sans travail. Comme dans toutes les guildes, les arrivants commencent comme apprentis. Il leur faut s’exercer à déceler les erreurs de tissage, les manques d’harmonie dans les ouvrages des autres débutants. Ils doivent apprendre à recevoir des remarques, pour corriger leur propre travail. Personne ne dira que c’est simple, ou facile. Il est nécessaire de dépasser ses premiers mouvements de rejet, de colère parfois, pour comprendre. Etudier. Travailler. Et avancer.

Lorsque ceux qui ont assimilé l’ambiance et les pratiques se présentent pour devenir compagnons, nous les accueillons avec joie :
Bienvenue à Kärn, Amonis, Bergamote, Nankin et Takisys qui, ce dernier trimestre, ont accroché le vert foncé à leur épaule !

Pour certains compagnons, ce statut n’est qu’une étape. Le plus dur reste à faire.
Régulièrement, après mûre réflexion, un de ceux qui veulent aller plus loin se lance dans le travail d’une composition. Seul, il a trouvé la matière dont il a construit sa trame. Seul, il a fait jouer sa navette sur les fils tendus, jusqu’à obtenir un dessin et des couleurs soignées. Cependant, il devine qu'il pourrait aller plus loin, s'il comprenait comment faire encore mieux. Il propose alors son oeuvre à ses pairs.
S'ils l'estiment suffisante et améliorable, c’est un cycle de quatre phases qui commence, porteur d’espoir et de labeur.

En tout premier lieu, deux compagnons vont se pencher sur la composition, pour en déceler la moindre fragilité, la plus petite faiblesse de structure ou de coloris.
Bravo à Pandora, avec Ticket gagnant et à Isaiah, avec Or et Nuit, qui ont rejoint Desienne, avec Les Dividendes de l'Apocalypse dans la première phase de ce défi. Que tous trois puisent dans les retours de leurs accompagnants de quoi franchir cette étape avec brio !

Car, munis de ces remarques et de ces conseils, nos trois créateurs devront de nouveau travailler seuls, pour reprendre, raffiner leur ouvrage, jusqu’à satisfaction.
Tous nos encouragements à Ermina, avec Timraza qui a récemment rejoint Isa S, avec Thirion et le lait de dragon, dans cette deuxième phase.

Quand elles jugeront avoir terminé, elles présenteront la composition corrigée pour une revue de détail. Les ouvrages seront scrutés avec soin, afin que soit signalé tout défaut résiduel sur la matière, les formes ou les couleurs. C'est la troisième phase du cycle.
Applaudissez Macalys, avec Mary's Blues et Sycophante, avec Les Pirates de l'Escroc-Griffe qui ont rejoint Elfine noire, avec La nuit des Coeurs froids dans ce long travail.

Ensuite ? Ensuite, ils devront faire appel à toute leur habileté, toute leur concentration, pour reprendre les détails ainsi mis en lumière, afin de parfaire un ouvrage digne d’affronter tous les regards.
Tout notre soutien à Ayaquina, avec Les gens de l'eau, dans cette quatrième et dernière étape. Puisse-t-elle bientôt obtenir l’Estampille qui marque la fin de ce cycle !

Et justement, acclamons les estampillés de ce trimestre : Chapardeuse, avec Kisasi, Khellendros, avec Les Reflets d'Earanë, GabrielleTrompeLaMort, avec L'étrange cas du docteur Ravna et de Monsieur Gray, et Patastec, avec La brume des ténèbres !
Ils sont parvenus, à force d’efforts et de volonté, à obtenir une œuvre qu’ils seront fiers de présenter et sauront soutenir. Nous leur souhaitons toute la chance possible dans leurs futurs travaux et démarches !

Longue vie à eux ! Longue vie à notre Guilde ! Longue vie à tous les tisseurs de rêves !


Conteuse et l'équipe Tintamar(r)e

dimanche 7 octobre 2012

L'Après-dieux dans les librairies


Après avoir obtenu l’estampille en 2010, la novella L’Après-dieux de Maëlig Duval est parue chez griffe d’encre le 25 septembre 2012 pour le plus grand plaisir des lecteurs.


Albert Vaclau est fonctionnaire au bureau de la Reconstruction.
Il évalue de 1 à 5 les dégâts de la guerre civile dans les villages à reconstruire.
Il classe les organisations non gouvernementales de 1 à 9, selon leur niveau de sédition.

Mais quand il rencontre Eva et son fils, il doit se rendre à l’évidence : aucune échelle de valeurs ne peut s’appliquer à eux.

Mais laissons plutôt la parole aux ceux qui ont travaillé sur ce texte dans le cadre du cycle. Certains d’entre eux se sont retrouvés sur le nénuphar de Tintamar(r)e pour livrer leurs impressions de bêta-lecture. Sandrinoula qui l’a lu dans le cadre d’une phase un, consacré au fond, raconte :
« Lorsque j’ai découvert cette novella, elle s’intitulait encore La Dernière Plume. L’extrait que Maëlig avait mis en ligne m’avait séduite car on sentait que l’auteur jouait avec les codes de plusieurs genres, la poésie, le conte, le fantastique…
Je venais tout juste d’être acceptée comme bêta-lectrice sur le forum de CoCyclics, et j’ai eu l’honneur d’être en binôme avec une bêta-lectrice chevronnée, Blackwatch. Nous avons passé beaucoup de temps (et ce avec un grand plaisir !) à analyser les personnages, l’intrigue, le style, les lieux de la novella. J’ai énormément appris de cette alpha-lecture : Blackwatch m’a aidée à organiser ma réflexion et à formuler le plus précisément possible les forces et les points à améliorer de la novella.
Voir évoluer ce texte entre ses différentes versions m’a donné l’impression de voir grandir un enfant… En effet, dans sa version finale, le style m’a semblé bien plus mature : Maëlig a su développer les personnages et placer son récit dans une ambiance « d’après-guerre » que je trouve très forte. L’histoire que l’on découvre est la même qu’au départ, mais quel chemin parcouru dans la forme !
Je suis impatiente de tenir le livre entre mes mains pour relire l’histoire d’Albert, cette fois-ci en tant que lectrice ! »
De son côté, Blackwatch déclare : « Quand Maëlig a soumis sa novella pour le cycle, j’ai été très intriguée. Je connaissais Maëlig depuis un bout de temps, mais je n’avais pas encore découvert sa plume. L’extrait mettant en scène Albert, fonctionnaire à la fois déterminé et maladroit, un peu pataud même, m’a plu et j’ai donc sauté sur l’opportunité d’être alpha sur L’Après-dieux.
Je me suis retrouvée en binôme avec Sandrinoula, brillante bêta-lectrice pleine de vivacité, et nous avons suivi le parcours d’Albert, à mi-chemin entre le fantastique et le conte d’initiation, avec un grand plaisir. Je suis très fière d’avoir collaboré à ce texte et j’attends avec impatience l’occasion de le (re)découvrir ! »

Puis, c’est au tour de Tristeplume qui a travaillé en phase trois de prendre la parole : « La bêta-lecture de L’Après-Dieux a été un exercice très instructif et j’en retiendrai un aspect (je pourrai dire bien plus mais faisons bref). La difficulté principale a été de s’imprégner du style et des partis pris, même contestables, de l’auteur afin de pouvoir bêta-lire le texte sans dénaturer la « patte » de son auteur et de lui faciliter son appropriation des remarques faites. Il s’agissait donc de trouver le juste équilibre (que je ne prétends pas avoir trouvé d’ailleurs, peut-être ai-je été trop bienveillant ?) entre une certaine empathie et le regard critique du bêta-lecteur : respecter le texte pour mieux le bêta-lire. Après, intervenant un fin de cycle, où les questions de fond sont théoriquement déjà traitées, il a été plus aisé de se livrer à cet exercice. Une dernière remarque, j’avoue avoir beaucoup apprécié ce travail de peaufinage (soyons honnêtes, le plus gros du travail avait été fait) dans l’objectif de finaliser le texte avant que l’auteur franchisse le grand pas de le soumettre. C’est très excitant. »
Ensuite, Illuinar, qui a aussi travaillé sur la novella en phase trois, explique : « C’est d’abord le titre qui m’a interpellé. On a l’habitude d’imaginer des dieux créateurs de monde, mais un monde qui survivrait à ses dieux, l’idée était originale.
La lecture du texte a été un vrai plaisir, avec un style tout en douceur, agrémenté de descriptions poétiques, des personnages bien campés, crédibles et cohérents dans leurs comportements et leur évolution.
J’ai aussi bien aimé l’idée générale du texte et la société décrite. Faire de la vraie fantasy, c’est-à-dire se déroulant dans un monde totalement imaginaire mais avec un niveau technologique moderne, c’est rafraîchissant et ça change du sempiternel Moyen-Âge.
Pourtant, le texte tel qu’il m’est arrivé en bêta n’avait pas que du positif (sinon, je n’aurais rien eu à faire ^^). Sur la forme, je n’ai eu que des remarques mineures à formuler. Sur le fond, le principal problème restait un manque d’explications sur certains éléments de l’histoire qui en rendait la compréhension parfois un peu ardue. Le travail en cycle a été très bénéfique au texte sur ce point-là et j’attends avec impatience de découvrir la version publiée. »
Enfin, NB conclut : « Pour ma part, j’étais passée à côté de la première phase du cycle par manque de temps. Quand L’Après-Dieux est arrivé en phase III, là encore, ça ne collait pas avec mon planning et j’ai laissé l’une des places de bêta-lecteur à contre-cœur car j’avais eu l’occasion de bêta-lire plusieurs nouvelles de Maëlig dans le Port Incertain, et j’avais très envie de l’aider et partager son univers sur un texte plus long. Mais après sa phase III, Maëlig a estimé qu’elle avait encore beaucoup remanié le fond du texte, et souhaitait bénéficier de nouvelles bêta-lectures (une phase IIIbis) avant d’aller plus loin. Cette fois-ci, temps disponible ou pas, je me suis portée volontaire.
Je n’ai pas du tout regretté car cette histoire m’a entraîné dans un monde original à l’ambiance d’après-guerre qui me marque encore aujourd’hui. J’ai suivi le parcours des héros avec attention et j’espère que mes remarques ont pu rassurer Maëlig sur la cohérence globale de l’histoire et les choix effectués au cours de son cycle. Je me souviens n’avoir presque rien dit sur son style, très mature et abouti, dont je suis complètement fan !
J’ai hâte de lire la version finale pour re-découvrir ce texte, non plus en manuscrit, mais en vrai livre ! »

Nous souhaitons donc bonne lecture à tous ceux qui auront L’Après-dieux entre les mains et longue vie à cette novella.


Ermina et l'équipe Tintamar(r)e

mercredi 19 septembre 2012

Une convention dans le Beaujolais


À perte de vue, une campagne verdoyante, des collines couvertes de vignes, des villages çà et là. C’est au milieu de ce paysage, en plein cœur du Beaujolais que se trouvait le gîte où s’est déroulée la convention 2012 de CoCyclics. Tous les ans, grâce à l’équipe organisatrice menée par Alaric, les grenouilles se retrouvent pour discuter lecture et écriture et participer à des ateliers.
Célia, présente à la convention, raconte : « Outre les anecdotes communes à tout week-end en groupe - genre virer les gens de leur chambre pour y dormir et instaurer des ateliers cuisine/vaisselle -, la convention a été l’occasion pour moi de revoir des gens que j’adore et d’échanger avec des amis auteurs, des personnes qui traversent les mêmes joies et les mêmes doutes que moi. Je pense particulièrement à l’échange de synopsis à l’oral avec NB, qui a été un moment vraiment tip top ! »
Isa S explique pour sa part : « Quoi que vous vous sentiez de faire, écrire ou glander, cuisiner ou grignoter, parler sérieusement ou déconner, il y aura toujours des grenouilles pour vous tenir compagnie, pour vous écouter, pour vous confier ce qu’elle a de plus précieux (ses histoires). »


Vendredi :
Pour certains, la convention débute dès la gare de Lyon, dans un pub où des grenouilles se sont donné rendez-vous. Elles arrivent au compte-goutte jusqu’en début d’après-midi. Ensuite, un train les emmène à Villefranche-sur-Saône. Il y a une belle ambiance qui n’échappe pas aux autres voyageurs. Puis des taxis les conduisent au gîte grâce à Stef qui a tout organisé et elles retrouvent d’autres grenouilles déjà sur place. Les arrivées durent tout l’après-midi tandis les conversations animées continuent, les rires retentissent. Déjà, certains découvrent les transats du jardin.
Bientôt, commence un premier atelier : « Écrire
de la SFFF : rendre son univers crédible et toucher le public visé. » Il aboutit à des résultats parfois très drôles et des échanges riches. Et enfin, après la tombée de la nuit, arrivent Syven et NB.
Le soir, se déroulent des parties de Loups-garous. À ce sujet, Patastec nous dit : « alors c’est simple Beorn est toujours le loup (pourquoi ? Demandez à Silène...), Chocolaa une innocente victime, et Thomas John une petite fille qui n’a rien compris et se retrouve les yeux grand ouverts au milieu des loups. Cette dernière scène était surréaliste avec des loups qui se comptaient et ne comprenaient pas comment de trois ils étaient passés à quatre, Thomas tout sourire alors qu’il aurait dû les épier en faisant semblant de dormir et finalement une petite fille dévorée en moins de deux. »

Samedi :
C’est reparti pour des conversations joyeuses, du repos sur les transats, un atelier studieux sur les titres et les synopsis et la sortie Accrobranche à laquelle participent huit grenouilles sportives. Puis, il y a la visite de la cave à vin du gîte suivi d’une dégustation. La journée passe trop vite et déjà, c’est le soir. Une soirée marquée par plusieurs évènements incontournables : le discours de Syven, l’image d’Alaric en kilt qui restera longtemps dans les mémoires et la loterie de livres. C’est l’occasion de partager ses lectures et de donner une seconde vie aux romans. L’opération conduit à nombre d’échanges et de négociations pour obtenir LE roman tant convoité.

Dimanche :
Dès le matin, très tôt, il y a des départs et il faut se dire au revoir. Peu à peu le gîte se vide. On commence à ranger et on vide les frigidaires tandis que les discussions continuent. Les dernières grenouilles s’en vont et chacun repart chez soi, des étoiles plein les yeux.
LHomme au Chapeau confie : « Comme pour les autres rencontres, cette escapade dans le Beaujolais fut un régal pour l’esprit, une détente à l’égal de vacances ensoleillées, un moment fort d’amitié partagée, avec tout l’humour nécessaire pour que la mayonnaise soit une réussite.
Les discussions littéraires, humaines et parfois philosophiques, par petits groupes, offraient cette liberté de s’exprimer qui est le propre de la mare. Les ateliers d’écriture nous permettaient, d’apprendre, de travailler, tout en partageant des moments de franche rigolade.
J’en ressors gonflé à bloc, motivé, et sans doute empli d’une alchimie mystérieuses et créatrice qui stimulera mon imagination, comme à chaque fois que je croise des grenouilles. »
Isa S raconte pour sa part : « Et quand enfin il faut repartir, c’est le cœur léger, tout chaud d’avoir vécu une magnifique, une indispensable parenthèse de pur bonheur. Vous emmenez avec vous, outre quelques gâteaux en surplus (oui, il y a toujours trop à manger à la Convention, personnellement je trouve que tout ce chocolat contribue bien à l’atmosphère), une satisfaction profonde. Vous avez passé un week-end en famille, parmi les vôtres, vos frères et sœurs d’écriture. C’est juste génial. »


Ermina et l'équipe Tintamar(r)e
Merci à Patastec pour la photo