jeudi 13 juin 2013

[Espaces Comprises] - un site pour les apprentis écrivains


Espaces comprises est un site à destination des apprentis écrivains. Les responsables y partagent leurs expériences à propos de l'écriture. Ils ont choisi ce nom car il s'agit de l'unité de mesure de la longueur d’un ouvrage chez les francophones. Les anglophones comptent en nombre de mots, les francophones en nombre de caractères, incluant les espaces. En typographie, « espace » est un nom commun féminin.
Trouvant l'initiative excellente, l'équipe Tintama(r)re a voulu en savoir en peu plus. C'est Mandragore qui eu le plaisir de dialoguer avec les membres d'Espaces Comprises :

Bonjour,
Tout d'abord merci de votre accueil enthousiaste et d'accepter de répondre à nos questions. Je ne connaissais pas votre blog avant de préparer cette interview et je ne regrette vraiment pas de l’avoir exploré. C’est vraiment très instructif et bien fait.
Si vous commenciez par nous parler un peu de votre équipe en quelques mots ? Qui se cache derrière les espaces ?
 
[EC] : Pas très facile de se cacher derrière une espace. ;-)
Nous venons tous d'horizons différents, aussi bien sur le plan littéraire (littérature blanche, SFFF, adulte, Young Adult...) que géographique (Angola, Canada, France, Suisse). C'est ce mélange de styles, de méthodes et de cultures qui apporte sans doute la diversité des articles que ce soit sur leur fond ou leur forme.
Alice, nouvelliste refoulée, est l'ingénue du groupe. Elle pose les questions candides qui nous auraient autrement échappées.
Jo Ann, la Lucky Luke de l'écriture, est le ciment de l'équipe. Elle nous rappelle les délais, les plannings et sait nous donner le petit coup de fouet parfois nécessaire.
Vanessa, dans sa saga jusqu'au cou, nous ouvre les portes avec son carnet d'adresses bien rempli. On lui doit aussi le design du site.
Kanata, anticipateur de mauvais aloi, s'occupe de l'intendance. Il gère le ravitaillement en fraises Tagada et la tenue des stocks sous Excel.

Comment l'idée de ce beau projet vous est-elle venue ?

[EC] : Auparavant, nous partagions nos expériences, nos conseils de primo-romanciers et nos coups de gueule sur nos blogs respectifs. Un beau jour, nous avons eu une réaction commune sur un article destiné à donner des conseils aux jeunes auteurs. L'information y était pour le moins bancale, peu adaptée, et ce n'était pas faire un cadeau aux auteurs que de leur faire miroiter gloire et fortune. Nous avons constaté qu'il était difficile de trouver un site où les conseils sont adaptés à l'édition française, les articles étant surtout des adaptations du milieu anglo-saxon qui ne sont pas transposables chez nous. Quand on parcourt les forums, on navigue entre diabolisation du système éditorial et mépris envers les petits auteurs/éditeurs. Jo Ann (oui, parce que c'est sa faute, si nous en sommes là) a innocemment commenté « Créons notre propre site, tiens ». Nous avons alors eu envie de réunir nos forces et de créer un site à notre image, qui parle de la réalité du monde du livre français, sans prise de tête, mais avec sérieux. Un site où des auteurs en herbe comme nous pourraient partager leurs expériences, poser leurs questions et, peut-être aussi, trouver quelques réponses.


Vous avez chacun vos propres blogs, quelle est la différence entre ces blogs et Espaces Comprises ? Pourquoi avoir les deux ?
 
[EC] : Nos blogs personnels et [Espaces Comprises] sont deux univers à part, même s'ils sont compatibles. Sur [EC], nous essayons d'être objectifs, abordons des sujets plus larges, nous nous astreignons à prendre en compte tous les points de vue, même contraires aux nôtres. Chez nous, nous pouvons adopter un ton plus libre et des sujets plus triviaux... comme la promotion de nos livres ! C’est un peu comme un compte LinkedIn ou Facebook, ce n'est pas le même public visé.


D’où viennent vos idées d’articles ? D’expériences personnelles ? De demandes qui vous sont faites ?
 
[EC]: À nous quatre, nous avons des vécus éditoriaux très différents qui nous fournissent beaucoup de sujets à traiter. Ensuite, l’actualité peut nous apporter d’autres éléments à traiter. Quand nous ne nous sentons pas légitimes d'aborder tel ou tel thème, soit nous faisons appel à des invités, soit nous laissons pour plus tard. Enfin, les différents espaces de partages – forums de jeunes écrivains, réseaux sociaux, blogs, etc. – nous permettent de suivre les préoccupations de nos pairs et d’y trouver des idées d’articles. Nous encourageons évidemment nos lecteurs à nous soumettre des idées.


Comment obtenez-vous les renseignements que vous fournissez ?

[EC] : Les sources d’informations sont diverses et varient selon le type de sujets traités. Pour les sujets très généraux, nous essayons de contacter divers profils afin d’avoir un panel le plus large possible. En matière juridique, nous nous référons d’abord aux sites gouvernementaux qui nous fournissent les textes de loi. Pour les rendre plus clairs – car c’est souvent là que le bât blesse – nous faisons appel à nos propres connaissances et, parfois, à l’aide de juristes. Pour le reste, internet est un formidable outil mais il faut savoir l’utiliser. Une recherche poussée et soigneuse fournit, la plupart du temps, les réponses à toutes nos questions.




Recevez-vous des retours d’auteurs ayant profité de vos conseils ?
 
[EC] : Nous sommes encore très jeunes (à peine six mois), les quelques retours que nous avons eus sont positifs et nous font chaud au cœur. C’est toujours plaisant de savoir que nous pouvons aider des auteurs et même des éditeurs qui se lancent.

Si chacun de vous devait donner un conseil à un jeune auteur, lequel serait-il ?

Alice : Surtout, ne jamais se précipiter, que ce soit en écriture ou en édition.
En écriture, très rares sont les auteurs capables de produire un roman qui tient debout en un mois, ou même en un an, sans préparation. Et même ceux-là prennent leur temps pour relire soigneusement et corriger plusieurs fois leurs textes : ils sont toujours perfectibles. C’est vrai qu’on a envie d’avoir fini, de pouvoir imprimer un gros pavé et dire : « c’est mon roman ! ». Pourtant, se laisser le temps de construire une trame, un univers, des personnages, de relire et de se faire relire, est toujours profitable à l’œuvre.
En matière d’édition, c’est pareil : on est pressés de signer, on a des étoiles dans les yeux à l’idée d’entrer « dans la cour des grands » et d’avoir son livre, en vrai, dans les mains. Mais ce n’est pas une raison pour signer n’importe quoi ! Je suis toujours atterrée de lire sur les réseaux sociaux : « Connaissez vous les éditions *** ? J’ai signé chez eux ! » Malheureusement, c’était avant de signer qu’il fallait se renseigner, pour ne pas être spolié de ses droits mais aussi pour s’assurer du sérieux du travail éditorial.

Jo Ann : Ne signez pas chez n'importe qui parce que « cela ouvrira des portes ». Ne signez pas quand on vous demande de payer un centime. Ne signez pas quand on vous demande des souscriptions. Aujourd'hui, vous n'avez plus le droit de dire « je ne savais pas ». Renseignez-vous. Certaines maisons, au lieu de vous ouvrir les portes, ne feront que les refermer sur vous.

Kanata : Si je pouvais dessiner, je vous ferais un croquis, parce qu'une image vaut mille mots, n’est-ce pas ? Je vais donc faire ce qui s'en rapproche le plus sous forme écrite, je vais vous résumer mon conseil en un mot : Persévérance !

Vanessa : Faites-vous relire par d'autres, et surtout, tenez compte de leur(s) avis. Quand on est plongé dans son œuvre, surtout si on a passé des mois voire des années dessus, on n'a plus suffisamment d'objectivité. S'ils vous font des remarques qui ne vous plaisent pas, ne vous braquez pas, mais réfléchissez-y posément, quitte à attendre quelques jours et à revenir dessus. Il faut savoir se remettre en question, remettre en question son travail, si on veut s'améliorer. Votre œuvre n'en sera que meilleure.


Merci à l'équipe d'Espaces Comprises d'avoir répondu à nos questions et bravo pour cette belle initiative ! 

Chers lecteurs du blog,  n'hésitez plus et retrouvez-les sur leur site : espacescomprises.com, suivez-les sur facebook : https://www.facebook.com/EspacesComprises et sur twitter : https://twitter.com/EComprises

5 commentaires :

  1. Merci pour cette interview sympathique, "Espaces Comprises" est vraiment un excellent site, qui devrait être reconnu d'utilité publique !

    RépondreSupprimer
  2. Très intéressante interview ! Je suis déjà allée plusieurs fois sur [EC], c'est piégeux, car j'y passerais des heures à me balader !

    RépondreSupprimer
  3. Merci, ça compense avec le temps qu'on passe sur tintamarre et dans la marre :-P

    RépondreSupprimer
  4. On accueille tout le mode, même pour des heures! :D

    En tous cas, merci Tintamarre!

    RépondreSupprimer